6 oct. 2009

Thirst / Park Chan-wook

Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

L’iconoclaste réalisateur de Old boy revient, après la fantaisie surréaliste Je suis un cyborg (2007), avec une variation surprenante sur le thème du vampire (après une infection un prêtre succombe aux plaisirs charnels) couplée à une relecture personnelle du Thérèse Raquin de Zola.

Après une heure très maîtrisée, riche sur le plan dramatique, sensuel et visuellement stimulante, Park Chan-Wook adopte des choix narratifs curieux en jonglant dangereusement entre le fantastique poétique, le gore comique, la romance morbide. Ce parti pris narratif guidé par l’outrance et l’excentricité est à double tranchant : certains aimeront se perdre avec délectation dans ce tourbillon visuel et émotionnel de la deuxième partie quand d’autres seront déroutés par une accumulation de situations qui flirtent avec le grotesque quand d’autres peinent à trouver une justification dans la conduite du récit.

Ainsi ce mix très casse gueule a pour effet de déséquilibrer la structure du film qui aura du mal à s’en relever nonobstant un final splendide empli d’un romantisme noir tragique et bouleversant qui justifie à lui seul la vision de ce long métrage qui ne manque pas de mordant. L’extraordinaire vitalité qui parcourt tout le film comme le talent de ses deux comédiens principaux ont pour effet de maintenir l’intérêt parfois fluctuant devant quelques dispersions.

En l’état malgré des baisses de rythme à mi parcours et un statut hybride à la frontière de plusieurs genres qui peut dérouter ce Thirst est suffisamment original et audacieux pour justifier la visite de cet univers singulier récompensé par un Prix du jury au dernier festival de Cannes.

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