29 nov. 2009

L'édition 15ème anniversaire blu-ray de Fight Club

Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain.

Premier roman de Chuck Palhaniuk, Fight Club suscita à sa sortie des réactions très fortes. Ainsi dans le Village Voice on pouvait lire que ce livre traitait de « l’émasculation de la civilisation occidentale » et « de l’obsolescence imminente du mâle sur le plan social et économique ». Pour le réalisateur de 7ven, David Fincher, son film entend montrer les dégâts que la société moderne inflige aux jeunes hommes.
Fight Club est en effet un coup de poing cinématographique, nihiliste dans son propos comme virtuose dans la forme, en direction du mâle occidental asservi par la société de consommation (« C’est seulement après avoir tout perdu que tu es libre de faire ce dont tu as envie »/Tyler Durden) en même temps que le portrait noir et désespéré d’une génération bourrée d’addictions en tous genres et coutumière de pratiques violentes pour se prouver qu’elle existe. A travers les membres de ce club très particulier le film présente une jeunesse disloquée qui cherche des réponses au bonheur et se sentir bien. Tyler Durden est en quelque sorte l’incarnation de l’idée nietzschéenne du nihilisme : le changement vers la liberté passe par la mise à bas des vieilles valeurs, des contraintes sociales. Le film, loin d’être une apologie de l’ultra-violence comme certains critiques ont pu l’écrire, présente les limites et ses ambivalences de cette idée attractive pour les jeunes désœuvrés.
La forme explosive va de pair avec un propos sulfureux faisant de l’autodestruction un moyen absolu pour arriver à une forme de renaissance et d’apaisement (la séquence finale d’affrontement entre Brad Pitt et Edward Norton). La radicalité de l’objet cinématographique lui a valu le statut de film culte.


Test blu-ray

Pour fêter son 10ème anniversaire, Fight Club s’offre une superbe édition Blu-Ray FPE dans un packaging remarquable avec jaquette au choix, photos d’exploitation, dossier de presse et un disque riche en bonus avec un nouveau master et une piste en VO DTS-HD Master Audio de tonnerre.

Le transfert approuvé par Fincher est exemplaire en terme de netteté, de contraste avec un très bon piqué de l’image. La tonalité sombre, désaturée de l’image est raccord avec l’univers mental délabré des protagonistes.
La bande-son, d’une incroyable richesse, prendra toute sa dimension avec la piste DTS-HD Master Audio en version originale : la scène du crash aérien est une expérience sonore explosive et énorme dans son genre !

Les bonus
Tout d’abord 4 commentaires audio sont proposés sur cette édition s’ouvrant par un bonus hilarant : Commentaire de David Fincher/Commentaire de David Fincher, Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonhan Carter/ Commentaire de Chuck Palahniuk et Jim Uhls/Commentaire d’Alex Mcdowell, Jeff Cronenweth, Michael Kaplan et Kevin Haug.

Ren Klyce et la conception sonore de Fight Club
Une interview de Ren Klyce auteur de l’incroyable bande son du film. De plus vous pourrez participer à un petit atelier de montage sonore de quelques scènes.

Fight Club Analysé (HD – 9.58 minutes)
Un module amusant sur la soirée des Spike Guys Choice Awards 2009 présenté par Mel Gibson en tenue de guerrier écossais, cheval compris. David Fincher, Brad Pitt et d’Edward Norton sont décontractés et contents de se retrouver sur scène pour évoquer avec humour ce film culte.

Les coulisses du tournage
En trois parties (Production, Effets Spéciaux et Sur le tournage) ce passionnant bonus permet de découvrir en mode multi-angle le tournage de séquences du film.

7 scènes inédites sont présentées en SD

Puis ajoutons une section de matériel publicitaire avec bandes annonces, spot tv, messages d’intérêt ainsi qu’une galerie d’arts composée de photos, storyboards et peintures de pré-production…

25 nov. 2009

La bluffante restauration de La mort aux trousses

L'un des films les plus connus et des plus efficaces du maître du suspense Alfred Hitchcock, La mort aux trousses (1959), est désormais disponible en blu-ray dans une édition du 50e anniversaire concoctée avec soin par Warner. Le studio a en effet mis les grands moyens pour une restauration en 4k de ce classique tourné en Vistavision, un nouveau master qui a bluffé tous les professionnels présents lors de sa récente diffusion sur écran géant à Hollywood.
La perfection du master alliée à de nombreux bonus, trois documentaires, un commentaire audio du scénariste, la partition isolée du géant Bernard Herrmann permet de revoir ce thriller indémodable avec Cary Grant et Eva Marie Saint dans des conditions optimales.

Le détail des bonus :
- Bandes-annonce originale
- Visite guidée avec Alfred Hitchcock
- Spot télévisé
- Lecture
- Commentaires du scénariste Ernest Lehman
- Cary Grant : Une classe à part
- La touche du maître : le style unique de Hitchcock
- Destination Hitchcock : le making-of de La Mort Aux Trousses
- La Mort Aux Trousses : Un classique indémodable
- Galerie de photos
- La Piste musicale seule

24 nov. 2009

Public enemies en vidéo

Le dernier opus du maître du polar US Michael Mann, Public enemies, sort aujourdhui en blu-ray et dvd chez Universal. A noter que son chef d'oeuvre, Heat, sera disponible à partir du 2 décembre pour la première fois en blu-ray chez Warner dans une édition riche en bonus supervisée par le réalisateur.
Les bonus cette édition bd sont les suivants:
- Le commentaires audio du Réalisateur
- Les scènes inédites
- Les interviews de Johnny Depp et Christian Bale
- Le documentaire sur les gangsters de légende
- Le focus sur la reconstitution des décors
- Le module sur les armes
- Le module sur les voitures du film
Ma critique de Public enemies est à lire ICI

21 nov. 2009

Le trailer du nouveau film de Peter Jackson

Le prochain film de Peter Jackson Lovely bones sortira en France le 27 janvier 2010.

Interprété par Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon et Saoirse Ronan, Lovely bones raconte l'histoire d'une jeune fille assassinée qui, depuis l'au-delà, observe sa famille sous le choc de sa disparition et surveille son meurtrier, ainsi que la progression de l'enquête...






17 nov. 2009

Les beaux gosses en haute définition

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s'en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien. Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une autre affaire...


Le premier film de l'auteur de BD à succès (La vie secrète des jeunes, Pascal Brutal) Riad Sattouf s'inscrit dans le genre du teen movie, un sous genre de la comédie très prisé outre-atlantique de Breakfeast club à Supergrave en passant par American Pie et plus rare sur les écrans français nonobstant quelques incursions récentes comme Hellphone ou LOL.
Les ados des Beaux gosses se rapprochent par leur physique ingrat, leur langage cru et leurs préoccupations primaires des héros de l'hilarante production Appatow Supergrave, certes plus trash.

La réussite du film tient dans la justesse du trait de son auteur, cette observation précise du quotidien de l'ado restitué dans le moindre détail (habitudes vestimentaires, pratiques diverses de l'onanisme entre autres) comme de sa perception particulière de la réalité.

Le récit s'installe dans un contexte sociologique contemporain (les personnages principaux habitent un HLM et évoluent dans un collège à forte mixité sociale) dont Riad Sattouf gomme les signes trop visibles pour atteindre une zone temporelle indéfinie, flottante où pratiques du nouveau millénaire voisinent avec objets du passé : les héros visitent des sites pour adultes avec Valéria Golino en vedette comme explorent les pages dénudées de l'édition 1986 de la Redoute où pose Irène Jacob!

Dépassant le manque de séduction de ces personnages comme la maussaderie de leur quotidien par un point de vue frais entre réalisme et burlesque, Sattouf livre une chronique hilarante de l'adolescence avec humour potache, répliques cultes et personnages secondaires bien écrits comne la mère-complice un brin dépressive jouée avec brio par Noémie Lvosky.

Les beaux gosses adoptent le ton juste en plongeant sans retenue dans l'univers adolescent sans volonté d'enjoliver ni de ridiculiser cet âge difficile que chacun se remémorera forcément à l'issue de la projection dans ce qu'il avait de plus glorieux et de jubilatoire comme désespérant.

Test blu-ray

Au niveau technique on appréciera un piqué remarquable de l'image associé à un mixage sage privilégiant les dialogues.

Parmi les bonus est proposé tout d'abord un commentaire audio de Riad Sattouff convenable en terme d'anecdotes de tournage, un peu délayé.

Puis en l'absence de making of le consommateur est invité à se diriger vers des séquences coupées réparties entre Scènes bien pourries (4min54) qui sont en fait des rallonges de dialogues existant et les Scènes coupées mais cultes cousin (11min40 env) plutôt hilarantes comme ce cours d'éducation sexuelle qui dérape.
Puis les Essais des jeunes chouchous (7min46), une galerie de photos, la bande annonce et les excellents teasers viennent compléter cette édition blu-ray FPE.

14 nov. 2009

Rencontre avec Jean-Paul Rappeneau

Le grand réalisateur césarisé de Cyrano de Bergerac Jean Paul Rappeneau était invité par le 31ème CINEMED pour présenter sa superbe adaptation d’Edmond Ronstand dans le cadre de la section Grands films en Languedoc-Roussillon. L’occasion de revenir sur sa carrière et notamment son dernier film en date Bon Voyage (2003).

(photo FB)

Après des débuts dans le cinéma en tant que scénariste pour Zazie dans le métro de Louis Malle dont il a été l’assistant et d’autres titres comme Vie privée avec Bardot ou L’homme de Rio, Jean-Paul Rappenau a réalisé son premier film La vie de château en 1965, un grand succès public et critique (prix Louis-Delluc).

Pour chaque projet il est à la recherche du sujet qui va « le rendre fou et l’enflammer » car « chaque film est un morceau de vie » qui prend 3 ou 4 années

Après le pari réussi de Cyrano Rappeneau était confiant pour adapter n’importe quel livre.

Le lendemain de la 1ère de Cyrano il a évoqué, lors d’un repas avec son agent, le Hussard sur le toit, le livre qui a bercé sa jeunesse. Mais les droits n’étant pas libres, Edouard Niermans travaillant à l’époque sur l’adaptation, il se focalisa alors sur l’adaptation de Belle de seigneur dont les droits étaient libres. Après une 1ère année de travail il a abandonné son script puis a repris le projet du Hussard que Niermans avait quitté pour un résultat une nouvelle fois remarquable.

A l’origine de son dernier film Bon voyage, il se remémore le plaisir pris sur Cyrano et le Hussard « a manier les foules », à faire des scènes avec « un tourbillon de gens et d’acteurs ».

A la suite d’une lecture sur les évènements de 40, l’exode, la fuite des élites vers Bordeaux il s’est focalisé sur l’anecdote du seul hôtel chic de Bordeaux, le Splendid où hommes politiques, financiers, acteurs, actrices se massaient et a décidé de trouver une histoire se déroulant dans ce cadre. Tout est parti de « l’idée d’un personnage privé perdu dans une foule en folie, en folie de panique comme de vanité ».

Le script de Bon voyage a été écrit avec Patrick Modiano, intarissable sur cette époque troublée , surtout sur ces 3 jours fous du 15 au 17 juin, avec la collaboration de son fils Julien Rappeneau (Pars vite et reviens tard, Largo Winch).

Lui, l’amoureux des stars de son enfance comme Rita Hayworth et Gary Cooper, adore le travail avec les acteurs comme Isabelle Adjani dont le rôle de la célèbre actrice était initialement prévu pour Sophie Marceau retenue par sa grossesse.

Déçu par l’accueil public (740000 entrées France) pour ce film qu’il aime beaucoup il avoue que c’était « peut-être un peu une folie de faire une chose virevoltante sur ce qui reste une blessure dans l’inconscient national ». Cette grande comédie d’aventures romanesques a reçu un très bon accueil à l’étranger où Rappeneau posera prochainement ses caméras.

En effet le tournage du nouveau film très attendu de Jean-Paul Rappeneau se déroulera en partie en Asie centrale sur un script coécrit avec Tonino Benacquista.

12 nov. 2009

Le dernier spot Nespresso réalisé par Robert Rodriguez

Parce que je suis un adepte de ces petites capsules colorées et que chaque publicité réalisée par des cinéastes de renom (Bennett Miller, Michel Gondry...) constitue un court-métrage plutôt savoureux voici la dernière pub en version longue de la marque Nespresso avec toujours George Clooney en VRP de luxe :

9 nov. 2009

A l'origine / Xavier Giannoli

Philippe Miller est un escroc solitaire qui vit sur les routes.
Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées.
L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région.
Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va lui échapper.

31ème CINEMED-Avant-première

Ce nouveau film de Xavier Giannoli est présenté en avant-première dans une version raccourcie d'une vingtaine de minutes du montage cannois.

A l’origine du projet se trouve cette histoire incroyable d'un escroc qui s'est fait passer pour un chef de chantier et a construit une autoroute au milieu d'un champ en embarquant toute une région dans son aventure.

Pour ce projet qu’il porte depuis 13 ans Giannoli devait tourner sur un vrai chantier. Mais le groupe de BTP s’est désengagé du projet. Alors que la production allait s’arrêter pour des raisons budgétaires, Giannoli rencontra un ancien paysan devenu loueur indépendant de machines de chantier qui accepta de lui prêter ses engins pour construire un tronçon d'autoroute. Ainsi Giannoli se lança dans un tournage difficile où son équipe dût affronter sensiblement les mêmes contraintes climatiques, financières, techniques que le héros du film dont il a partagé le fol enthousiasme et l’énergie viscérale pour mener à terme ce chantier.

Le tournage se déroula dans le Pas de Calais à Cambrai pendant 3 mois et demi alors que l’intrigue se déroule dans la région du Mans. Giannoli explique avoir voulu « mettre à distance la réalité » pour s’emparer de cette histoire. Porté par « un désir de romanesque » le réalisateur de Quand j’étais chanteur voulait avant tout raconter « l'histoire d'un escroc, donc d'un insoumis, d'un rebelle ».


Mon avis sur le film

Si l’intrigue s’inscrit dans une localité durement touchée par le chômage et présente bon nombre de personnages en détresse sociale, A l’origine n’est pas un drame social mais un drame personnel, celui d’un homme qui voit dans le mensonge un moyen d’exister quel qu’en soient les conséquences.

Ce personnage va être pris dans la spirale de son mensonge : alors qu’il tente de fuir sa nouvelle vie inventée, lesté d’une jolie somme d’argent prise aux entrepreneurs du coin ,son destin va le placer sur la même route que celle d'un jeune du chantier en panne automobile. Et donc retour à la case départ.

Ce projet bâti uniquement sur des motivations pécunières va devenir une obsession personnelle comme un geste altruiste (donner de l’espoir aux gens du coin en leur donnant du travail) qui conduit à une libération, si on peut dire avec ironie. Ironie que le film manie à merveille : un arnaqueur devient source d’espoir, les policiers venus l’arrêter emprunte le morceau d’autoroute qu’il a construit illégalement…

A l’origine est donc un grand film sur le mensonge élevé au rang d’art pour exister, le récit captivant d’une arnaque sur le papier à priori peu romanesque que la mise en scène nerveuse de Giannoli transcende en thriller intimiste.

En effet on retrouve pas mal d’éléments du film noir (l’étranger débarque dans un lieu dont il va être aimanté, l’idée de fatum soit l’impossiblité d’échapper à son passé incarné par la menaçante présence de Gérard Depardieu…) dispersés dans cette histoire dramatique. Sa caméra en mouvement se cale sur Cluzet pour capter son instabilité, sa fébrilité nerveuse et ainsi accentuer la tension dramatique.

Cette recherche de proximité avec ses personnages coexiste avec un désir d’ampleur avec ces plans larges sur l’espace ouvert de l’autoroute en construction.

En outre l’histoire d’amour avec la maire incarnée par Emmanuelle Devos apporte un contrepoint touchant à la froideur et au mutisme du personnage de Cluzet que sa condition éloigne des autres, les gens normaux.


Après avoir distillé dans Quand j’étais chanteur une douce mélancolie, Xavier Giannoli réalise avec A l’origine un drame compact et tendu sur un incroyable mensonge incarné par un François Cluzet une nouvelle fois épatant.


Sortie le 11 novembre 2009

Trésor / Claude Berri, François Dupeyron

Jean-Pierre et Nathalie s'aiment depuis cinq ans. Pour fêter cet anniversaire, Jean-Pierre offre à sa compagne un cadeau inattendu, un adorable bulldog anglais de quatre mois. Nathalie est folle de joie. C'est décidé : il s'appellera "Trésor".
Entre elle et l'animal, la relation devient immédiatement fusionnelle. Trésor fait de la chambre à coucher son territoire et y règne en maître, ronfle, bave, investit le lit. Le couple tangue, chavire, au gré des humeurs de ce monstre autoritaire...

31ème CINEMED-Avant-première

Dernière réalisation de Claude Berri décédé une semaine après le début du tournage, Trésor fut achevé par François Dupeyron qui avait déjà assisté Berri sur son précédent film Ensemble c’est tout.

Berri dont la vie a toujours nourri ses films raconte une histoire de couple contrariée après l’arrivée d’un animal à quatre pattes dans le doux foyer familial. Ce dernier va être le révélateur des névroses et des faiblesses du couple.

Trésor est une tragi-comédie convenue piochant de nombreux ressorts comiques dans la comédie canine pour pallier le manque de substance de son intrigue et le manque d’alchimie de son couple d’acteurs.

Mathilde Seigner, éteinte, interprète une névrosée antipathique face à un Alain Chabat plus à son aise aux côtés de quelques seconds rôles excentriques qui sauvent le film de l’ennui : Isabelle Nanty en toiletteuse adepte des massages à l’huile essentielle, Stéphane Freiss en dandy cynophile et Fanny Ardant en psy pour chien.

Si l’intention des proches de Berri est plus que louable d’avoir achevé ce film, le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur de l’œuvre du réalisateur qui a superbement ausculté les rapports de couple dans L’un reste, l’autre part ou dit la difficulté de vivre avec l’autre dans Ensemble c’est tout.


Sortie le 11/11/2009

6 nov. 2009

24 heures chrono saison 7

Après une sixième saison assez décevante, la Fox propose de nouvelles péripéties passionnantes du héros de la meilleure fiction télévisuelle actuelle, 24 heures chrono, crée en 2001 par Joel Surnow et Robert Cochran sur la base d’un principe narratif imparable.

La pause suite à la grève des scénaristes aura permis aux créateurs du show de peaufiner leurs intrigues tout en proposant aux fans l’automne dernier un épisode de transition de luxe entre la saison 6 et cette nouvelle fournée : le téléfilm 24h Rédemption (également disponible chez FPE).

Si dans la saison 6 Jack Bauer devait composer avec de lourdes séquelles physiques comme psychologiques de sa détention dans les geôles chinoises, il est, au début de cette nouvelle aventure devant le Sénat pour répondre à des acteurs de tortures et de meurtres, déterminé et sans regrets sur le fait de sauver ses compatriotes en employant des moyens musclés que les circonstances malheureuses le poussent à utiliser. Très vite le FBI interrompt l’audience pour demander les services de l’agent qui doit les aider à stopper un groupe terroriste bien décidé à semer le chaos aux quatre coins des USA de la présidente Allison Taylor pour permettre à un général africain d’envahir tranquillement son pays, le Sangala, pendant cet acte terroriste.

Gérant bien leur trame les scénaristes orchestrent brillamment intrigues parallèles palpitantes dont le sommet est l’intrusion culottée dans la Maison Blanche, retour de vieilles connaissances pour une tension dramatique accrue, introduction de personnage secondaires bien écrits comme cette partenaire de choix pour Bauer, Renée Walker qui troublée au début par un questionnement moral sur la légitimité de leurs actes passe contrainte par les évènements à l’action.

Si la dimension spectaculaire du show est toujours divertissante, on ne peut qu’apprécier le recentrement à mi-parcours sur les choix éthiques et moraux avec lesquels se débattent les différents personnages (Jack, Renée et la présidente Taylor). Un recentrement convaincant sur l’humain au sein de cette spirale de violence.

24 propose donc une nouvelle saison bien tenue et trépidante avant de nouvelles aventures l’an prochain à New-York.


Test DVD

Aucun défaut pour l’image et un son percutant.

Au niveau bonus ce coffret 6 DVD propose de nombreux commentaires audio (réalisateurs, producteurs) sur 12 épisodes, 14 scènes inédites avec la possibilité de les intégrer dans les épisodes (25 min) ainsi des mini making of d’épisodes (50’) qui raviront les fans.

Enfin 4 petits reportages sympathiques viennent compléter cette édition Fox/FPE :

La musique de 24H Chrono (13 min.)

24H Chrono dans 24H Chrono (24 min.)

L’Histoire jamais révélée (16 min.)

L’Heure 19 (13 min.)

4 nov. 2009

Les herbes folles / Alain Resnais

Marguerite n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser...

62ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Adaptation du roman de Christian Gailly, L’incident, le dernier film d’Alain Resnais raconte l’obsession d’un homme énigmatique (Dussolier) pour une inconnue (Azéma) dont il a retrouvé le portefeuille mais aussi l’attachement d’un cinéaste pour l’artifice de la représentation et l’expérimentation narrative et visuelle.

Les herbes folles se révèle être une fantaisie étrange où l'esprit anti-naturaliste de la mise en scène associé à des couleurs sortis tout droit d'un comic, les décors théâtraux, l’interprétation décalée, l’absence de ligne narrative et d’enjeux dramatiques couplés à une voix-off omnisciente risquent d’en déconcerter plus d’uns.

Alain Resnais utilise volontiers l'ellipse, la rupture de ton, le refus de la psychologie (le personnage de Dussolier est à cet égard assez insaisissable) comme les couleurs abondantes pour déstabiliser le spectateur qui devra faire confiance à son imaginaire.

Les autres, peut-être familiers de l'univers de ce formaliste acharné qu'est Resnais (Hiroshima mon amour, L'année dernière à Marienbad), pourront s'abandonner devant cette rêverie qui constitue une expérience de cinéma singulière à la conclusion énigmatique.

3 nov. 2009

Rencontre avec Emmanuel Mouret et ses comédiennes

Frédérique Bel, Emmanuel Mouret, Frédéric Niedermayer (producteur), Julie Gayet (photo FB)


L’œuvre d’Emmanuel Mouret (5 films en 9 ans) a l’aspect d’une délicieuse rêverie amoureuse peuplé de créatures de rêve où votre future colocataire forcément charmante puisque elle a les traits de Frédérique Bel vous accoste dans la rue, une jeune étudiante américaine ressemblant à Géraldine Chaplin vous propose une relation sensuelle dans une villa sublime sur les hauteurs de Marseille, votre meilleure amie (Virginie Ledoyen) accepte de vous soigner affectivement…

Cinéaste passionné par les femmes, Emmanuel Mouret était convié, aux côtés de Frédérique Bel et Julie Gayet, par le 31ème CINEMED à une table-ronde sur son cinéma.

Pour commencer il confie chercher « la mécanique du récit » avant l’écriture du scénario.

Son but n’est pas de trouver « un réalisme du comportement extérieur mais de la pensée et des sentiments » soit « un réalisme sentimental qui aurait une résonnance avec notre imaginaire ».

Dans son cinéma ses personnages disent tout haut ce qu’ils pensent ; ils parlent comme lui dans la vie puis c’est le travail des comédiens qui fait le reste. Le comique nait du décalage avec cette manière légère de prononcer de des choses sérieuses.

La comédienne Frédérique Bel, une habituée de l’univers de Mouret depuis Changement d’adresse (2006), souligne l’importance de la respiration et de l’intonation dans l’exercice des répliques, un texte écrit à la virgule près dont le sous-texte est très important pour Julie Gayet. Inspiré par Rohmer, Guitry ou Allen, Mouret aime placer ses personnages dans la contradiction.

Le « côté malléable du désir » est un carburant précieux pour ses intrigues où il dit « utiliser la candeur pour s’interroger sur la nature des usages du désir, de l’amour ».

Pour la tradition du gag ou du slapstick, il déclare avoir eu envie de réaliser son dernier film Fais-moi plaisir ! pour le gag du rideau.

Touché par la maladresse, il utilise dans ses films où le comique visuel hérité des Keaton, Edwards s’exprime toujours avec inspiration le « corps maladroit, encombrant qui se cogne ». C’est « la recherche de l’étrangeté plus que du rire » qui le fait avancer. Encore loin espérons-le !

Fais-moi plaisir! / Emmanuel Mouret

Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d'avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu'il s'agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme qu'il connaît à peine, il ne sait pas encore qu'il s'agit de la fille du Président de la République...

31ème CINEMED-Hommage à Emmanuel Mouret

Depuis Laissons Lucie faire (2000), Emmanuel Mouret en véritable auteur, trop méconnu malheureusement, trace son sillon dans le paysage trop formaté de la comédie française avec ce qu’il appelle le divertissement sentimental, quelque part entre Rohmer pour cette propension à faire dire tout haut leurs sentiments à ses personnages dans des marivaudages élégants et autres complications amoureuses et Keaton pour le comique visuel et burlesque qui font le sel de nombreuses situations vraiment drolatiques.

Son art de la réplique, la manière dont elle est dite comme le comédien choisit pour l’énoncer, fait régulièrement mouche pour transformer des situations banales du quotidien où peuvent s’exprimer des sentiments désuets en purs moments de comédie décalée.

De plus la sensualité s’y exprime souvent de jolie manière qui tient à la fois de la courtoisie et de la poésie : dans Un baiser s’il vous plaît une main remontant doucement le long d’une jambe, ici des pieds s’enlaçant au petit matin.

Sur le papier Fais-moi plaisir ! a tout d’un Eyes Wide Shut galant soit une nuit pour assouvir un fantasme d’adultère avec consentement du conjoint qui y voit l’occasion de cimenter leur couple. Mais un Eyes Wide Shut galant mâtiné de burlesque, la Mouret’s touch si délectable !

On retrouve dans son dernier film un questionnement comico-mélancolique sur la permanence du désir et de la fidélité dans le couple dans un emballage festif qui fait plus que jamais part au comique visuel de situation. En effet la séquence centrale est une fête mémorable où Mouret convoque avec réussite le burlesque de The party de Blake Edwards lors de gags bien exécutés. Après ce grand moment de fantaisie le soufflet comique a un peu tendance à retomber nonobstant un after assez cocasse dans l’appartement de la bonne peuplé de colocataires surprenants.

Au niveau casting des gens venus d’univers différents comme Frédérique Bel, Danny Brillant ou Déborah François entoure l’acteur Mouret toujours désopilant dans son rôle de séducteur timide.

Fais-moi plaisir ! est un vrai régal de comédie dans un style original à découvrir d’urgence pour ceux qui ne seraient pas familier avec l’univers attachant d’Emmanuel Mouret.

De nouvelles images d'Avatar

La nouvelle bande-annonce d'Avatar dont 15' montrées cet été en exclu révèlent un visuel impressionnant est à visionner ci-dessous.

Ce film de James Cameron est attendu pour le 16 décembre prochain.

Pour plus d'infos sur Avatar voir ICI mes anciens articles.

2 nov. 2009

Sur le champ de bataille avec Mel Gibson

Braveheart, le chef d'oeuvre épique réalisé par Mel Gibson lauréat de cinq Oscars (meilleur film, réalisateur, photographie, maquillage et montage d'effets sonores), sera enfin disponible en blu-ray le 4 novembre prochain chez FPE..
L'édition 2 disques avec un master supervisé par Mel Gibson lui même à l'occasion du 15ème anniversaire de ce film indispensable est riche en suppléments:
Commentaire audio de Mel Gibson
"Le monde de William Wallace" : documentaire en PIP (30')
"La légende de William Wallace" (32')
"Alba Gu brath !" : making of (58')
Les champs de bataille en 3D
Interviews d'archive (15')
Making of : "Braveheart de Mel Gibson: la passion d'un cinéaste" (28')
Galerie de photos

Jeux de pouvoir en vidéo

Le palpitant Jeux de pouvoir (State of play) de Kevin McDonald avec Russell Crowe et Ben Affleck débarque en dvd et blu-ray le 3 novembre chez StudioCanal.
Les bonus de l'édition blu-ray sont les suivants :
Making of
Scènes coupées
Bande-annonce
Lecture interactive : localisation des décors dans Washington DC avec Google Maps "Enquête et jeux de pouvoir" : entretien avec Kevin MacDonald (réalisé par Véronique Martin)

Ma critique du film est à lire ICI