4 nov. 2009

Les herbes folles / Alain Resnais

Marguerite n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser...

62ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Adaptation du roman de Christian Gailly, L’incident, le dernier film d’Alain Resnais raconte l’obsession d’un homme énigmatique (Dussolier) pour une inconnue (Azéma) dont il a retrouvé le portefeuille mais aussi l’attachement d’un cinéaste pour l’artifice de la représentation et l’expérimentation narrative et visuelle.

Les herbes folles se révèle être une fantaisie étrange où l'esprit anti-naturaliste de la mise en scène associé à des couleurs sortis tout droit d'un comic, les décors théâtraux, l’interprétation décalée, l’absence de ligne narrative et d’enjeux dramatiques couplés à une voix-off omnisciente risquent d’en déconcerter plus d’uns.

Alain Resnais utilise volontiers l'ellipse, la rupture de ton, le refus de la psychologie (le personnage de Dussolier est à cet égard assez insaisissable) comme les couleurs abondantes pour déstabiliser le spectateur qui devra faire confiance à son imaginaire.

Les autres, peut-être familiers de l'univers de ce formaliste acharné qu'est Resnais (Hiroshima mon amour, L'année dernière à Marienbad), pourront s'abandonner devant cette rêverie qui constitue une expérience de cinéma singulière à la conclusion énigmatique.

Aucun commentaire: