31 déc. 2009

Mon TOP 10 des meilleurs films de 2009

En cette fin d'année voici mon TOP 10 des films sortis en 2009.
Sur le podium, tout en haut, L'étrange histoire de Benjamin Button le bouleversant drame de David Fincher qui à l'ampleur des grands classiques hollywoodiens, la belle histoire de Gran Torino de l'immense Mr Eastwood, Un prophète l'un des meilleurs films de genre français depuis... Melville signé Jacques Audiard. Puis plus bas dans mon classement signalons deux très bons films à la carrière française plus confidentielle, le palpitant thriller journalistique du brillant Kevin MacDonald Jeux de pouvoir et l'implacable polar sud-coréen The Chaser.

1.L'étrange histoire de Benjamin Button / David Fincher
2.Gran Torino / Clint Eastwood
3.Un prophète / Jacques Audiard
4.Inglorious bastards / Quentin Tarantino
5.Slumdog millionaire / Danny Boyle
6.Public enemies / Michael Mann
7.Jeux de pouvoir / Kevin MacDonald
8.The chaser / Na Hong-jin
9. The wrestler / Darren Aronowosky
10.Les noces rebelles / Sam Mendes

30 déc. 2009

De nouvelles images d'Inception

Un nouveau trailer d'Inception, le prochain film de Christopher Nolan après le carton mondial de The Dark Knight, vient d'être dévoilé.

Christopher Nolan décrit Inception comme "un film d’action et de science-fiction contemporain basé sur l’architecture de l’esprit". En détails : un patron d'une entreprise est pris pour cible suite à ses travaux sur l'architecture de l'esprit.

Interprété par Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Marion Cotillard, Michael Caine et Ken Watanabe entre autres, Inception sera sur les écrans français le 21 juillet 2010.


26 déc. 2009

Les étreintes brisées / Pedro Almodovar

Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.

L’un des plus grands auteurs du cinéma européen retrouve sa muse Penélope Cruz pour un mélodrame noir intitulée Les étreintes brisées.

Premier atout de ce nouveau film de Pedro Almodovar un scénario virtuose sur plusieurs strates temporelles, utilisant à la manière d’Hitchcock la figure du double avec une grande puissance dramatique. S’il y recycle nombre de ses thèmes de prédilection comme des situations familières pour le bonheur des habitués la puissance de ce mélodrame parlera au plus grand nombre.

Visuellement flamboyant, au service de son actrice principale, Les étreintes brisées contient selon son auteur «plusieurs histoires d'amour croisées, mais aussi une histoire d'amour sous-jacente, mon histoire d'amour avec le cinéma». Cette construction alambiquée a tendance à phagocyter l’émotion qui était plus manifeste dans le précédent film du maître espagnol, Volver porté par la belle et talentueuse Penélope toujours aussi amoureusement filmée. Elle irradie chacun de ses plans de cette belle et mélancolique histoire d’amour tragique.

Test blu-ray

Technique

Une belle palette colorimétrique dûe au chef op Rodrigo Pietro (Babel) et une bande sonore originale tout à fait honnête mettant en valeur la partition d’Alberto Iglesias.

Bonus

Penelope Cruz, la rencontre (20mn17) : une petite interview confidence face à Laurent Weil où la comédienne nous parle de son travail avec son réalisateur fétiche, de leur amitié et de l’approche des ses rôles écrits sur mesure par Almodovar.

Module le plus intéressant, Pedro Almodovar dirige ses actrices (5mn53) montre le réalisateur méticuleux au travail avec ses comédiennes, en symbiose avec Cruz dans le façonnement de son personnage.

Puis est proposé un court-métrage assez drôle La conseillère anthropophage signé Almodovar mettant en scène Carmen Machi avec un des personnages féminins du long-métrage de Mateo Blanco (Filles et Valises). Nous retrouvons ce personnage secondaire dans les scènes inédites sans véritable intérêt. Enfin une galerie de photos, des bandes annonces française et espagnole ainsi que 3 teasers complètent cette édition FPE.

23 déc. 2009

Cruise/Diaz, un duo explosif dans Knight and day

Après avoir travaillé ensemble sur Vanilla Sky en 2001, le duo ultra glamour Ton Cruise/Cameron Diaz se reforme devant la caméra de James Mangold (Walk the line, Copland, 3h10 pour Yuma) pour la comédie d'action Knight and day.

Le pitch de ce film sur les écrans le 14 juillet 2010 :
Un agent secret sous couverture rencontre une jeune femme très malchanceuse dans ses relations avec les hommes.


Le premier trailer est à voir ici





Honeymoons / Goran Paskaljevic

Dans l’espoir d’une vie meilleure, deux jeunes couples quittent leurs pays respectifs. Melinda et Nik quittent l’Albanie en bateau pour l’Italie, afin de vivre leur amour interdit. Vera et Marko, quant à eux, quittent la Serbie, en train, pour l’Autriche, via la Hongrie. Marko, violoncelliste talentueux, a la chance d’entrer dans le fameux orchestre philarmonique de Vienne. Mais, à leur arrivée à la frontière, bien qu’ils aient des visas en règle, pour eux, les problèmes commencent…


31ème CINEMED-Compétition long-métrage

Surtout connu pour Baril de Poudre (1998) qui a reçu le Prix du meilleur film toutes catégories par la Critique International à la Mostra de Venise et le Prix du meilleur film Européen de l’année par la Critique international (FIPRESCI), Goran Paskaljevic revient au CINEMED en compétition après avoir remporté en 2004 l'Antigone d'or pour Songe d’une nuit d’hiver qui explore la Serbie d’après-guerre.

Avec Honeymoons Goran Paskaljevic aborde le sujet polémique de l’immigration en se basant sur des faits réels comme à son habitude. Il y met en parallèle le destin contrarié de 2 jeunes couples candidats à l’immigration : un couple de paysans albanais qui fuient un environnement sinistré, une famille endeuillée par la disparition d’un des leurs et un couple de serbes dont elle attend le fils d’un violoncelliste détenteur d’une invitation pour une audition à Vienne. Mais malgré des visas en règle l’aventure va tourner au drame.

Une région meurtrie, des familles désunies par l’argent ou les rancunes tenaces…les deux couples désirent trouver un espace de bonheur en quittant leur terre natale.

Paskaljevic évoque les blessures à vif de l’Albanie et de la Serbie comme les douleurs profondes de ces familles dont les rêves d’Europe occidentale peuvent se transformer en cauchemar, un ton engagé qui ne se départit pas d’un soupçon d’humour (l’histoire tragi-comique de deux frères ennemis cohabitant tant bien que mal dans la demeure familiale) et in fine de lueur d’espoir (l’amour comme rempart contre le désespoir).

La précision de la mise en scène est au service d’une histoire forte, au plus près de ses personnages tellement attachants que l’on espère avec eux des lendemains plus lumineux.

19 déc. 2009

Petite sélection de coffrets pour Noël

Les festivités de Noël approchant à grands pas voici une petite sélection de coffrets blu-ray proposés par l'éditeur WildSide.

Tout d'abord je ne peux que vous conseiller d'acquérir le coffret James Gray regroupant ses deux meilleurs films La nuit nous appartient et Two lovers.
L'un des plus passionnant réalisateur américain contemporain y aborde soit sur le mode policier ou du drame amoureux ses thèmes de prédilection comme la difficulté de trouver sa place
dans la famille et dans le monde ou bien le combat entre raison et passion à l'oeuvre dans chaque individu.

Intitulé Terreurs d'Espagne le second coffret présente des titres phares de l'horreur ibérique, en plein essor grâce à des cinéastes comme Alejandro Amenabar, Paco Plaza, Jaume Balagueró (R.E.C) ou Juan Antonio Bayona (L'orphelinat). 4 disques pour frémir avec R.E.C, L'orphelinat, Les proies et le magnifique Le labyrinthe de Pan du mexicain, faut-il le préciser, Guillermo del Toro.
A noter que le coffret DVD du même nom compte ces 4 titres plus Abandonnée, Darkness, Les enfants d'Abraham et Nacho Cerda.

A cette petite sélection, j'ajouterai le coffret prestige qui fera l'objet plus tard d'une chronique détaillée Jeux de Lang avec 2 DVD + Livre comprenant 2 films noirs restaurés de Fritz Lang, La femme au portrait/La rue rouge .

Robin Hood par Ridley Scott, le trailer

Le premier trailer du très attendu (sortie le 19 mai 2010) Robin Hood de Ridley Scott avec Russell Crowe dans le rôle titre vient d'être dévoilé, en bonus 2 nouvelles photos.









10 déc. 2009

Vengeance en blu-ray

Vengeance de Johnnie To sort le 11 décembre en blu-ray. Au niveau des suppléments :
- Le film au festival de Cannes : conférence de presse, interviews, montée des marches
- Le making of
- Galerie photos
- Fonds d'écran à télécharger

Mon avis sur ce To mineur mais efficace est à lire ICI

Les vilains de Spider-man 4

D'après des sources proches de la production du film, Movieline vient de dévoiler le nom des deux acteurs qui interpréteront les méchants du quatrième volet en préparation de la franchise Spider-man.
John Malkovich et Anne Hathaway auraient été choisis pour incarner les adversaires de Spider-man sous la direction de Sam Raimi.
Malkovich interprétera donc selon toute vraisemblance the Vulture, nemesis ailée de Spider-man.
La jeune actrice Anne Hathaway a été choisi pour le rôle de Felicia Hardy qui à l'inverse du comic book ne se transformera pas en Black Cat mais sera pour Raimi un nouveau personnage doté de superpouvoirs nommé the Vulturess.

7 déc. 2009

Braveheart, le test blu-ray

Evocation de la vie tumultueuse de William Wallace, héros et symbole de l'indépendance écossaise, qui à la fin du XIIIe siècle affronta les troupes du roi d'Angleterre Edward I qui venaient d'envahir son pays.

Après un premier long-métrage intimiste L’homme sans visage, l’acteur Mel Gibson surnommé « Mad Mel » pour ses rôles de têtes brulées et de héros masochistes (L’arme fatale, Mad Max, Payback) s’est vu confier en 1995 par le producteur Allan Ladd Jr un budget de 72M$ pour porter à l’écran l’histoire épique du héros écossais William Wallace.

Bien entouré derrière (John Toll à la photo, Randall Wallace au scénario) comme devant la caméra (Patrick McGooan, Sophie Marceau), Gibson est allé tourné en Irlande sur des sites médiévaux, enrôlant des milliers d’acteurs et de figurants pour peupler les batailles de Stirling et de Falkirk qui constituent les deux morceaux de bravoure de ce récit guerrier. Ce sont précisément ces deux séquences d’action qui ont fait la renommée de Braveheart : jamais la violence et la fureur d’un champ de bataille n’ont paru aussi réaliste au cinéma comme détaillées et lisibles la préparation et l’exécution de stratégies militaires. Le montage remarquable utilise jump-cuts, ralentis et toute une échelle de plans associés à des sons bruts et percutants pour plonger le spectateur dans la bataille, la mêlée, aux côtés des rebelles écossais luttant pour leur liberté. Modèles jamais dépassées de mise en scène, de montage, ces deux grandioses batailles pleines de bruit et de fureur voisinent avec des scènes politiques passionnantes comme des scènes intimistes très touchantes dans un récit bien construit sur trois heures riches en situations dramatiques.
Si la violence est inhérente au contexte et à l'histoire (à ce sujet la représentation gibsonienne de la Passion vécue par Wallace à la fin de son combat est très soft au regard de la réalité historique), l’amour est au cœur du récit ; il guide le personnage de Wallace qui rentre en guerre pour venger sa jeune épouse tué par les anglais. Cette dernière interprétée par la délicieuse Catherine McCormack, hantera tout le récit : apparitions lors des rêves du héros et de son supplice aux portes de la mort, double représenté par la princesse française jouée par Sophie Marceau dont Wallace tombe amoureux (« Je vois sa force en vous »).

Couronné par 5 Oscars ce très grand film épique et lyrique est une ode exaltée et passionnée à la liberté appelée de ses vœux par Wallace jusque dans son dernier souffle, un cri puissant par sa charge émotionnelle qui résonne à jamais dans l’histoire du cinéma.

Test blu-ray

Supervisé par Mel Gibson lui-même le transfert est absolument remarquable tant au niveau de l’étalonnage des couleurs qu’à la clarté des images et la gestion des contrastes. C’est un vrai bonheur de redécouvrir ce chef d’œuvre !
La partie sonore n’est pas en reste avec une piste DTS-HD Master Audio 5.1 (Encodage 24-bit, Débit de 4072 Kbps) de très grande qualité : axée sur les voies frontales, fournie en musicalité, précise dans la restitution des dialogues, elle est clairement efficace et dynamique.

Les bonus
A l’image du master les suppléments sont de tout premier choix. Répartis sur 2 disques ils sont passionnants et permettent de prolonger agréablement l’expérience du film.
Sur le premier disque la fonction Bonus View (Picture In Picture) délivrent une cohorte d’informations historiques grâce à une interactivité virtuose.
Dans son commentaire audio Mel Gibson, posé, revient par intermittences sur l’aventure du tournage.
Le second disque propose tout d’abord un superbe making of d’une heure Alba Gu brath ! qui alterne interviews récentes et images d’archives nous plongeant dans les coulisses du tournage et du montage où nous voyons avec grand intérêt Gibson et son monteur travailler sur la construction des scènes de batailles.
Deux autres documentaires de qualité, l’un sur l’univers de Wallace, La légende de William Wallace (32’) et l’autre sur Le travail du scénariste (22’) s’ajoutent à cette édition exemplaire qui propose aussi un module PIP très sympathique avec cartes interactives Les champs de bataille en 3D.
Terminons cette interactivité copieuse par des interviews d’époque du cast (15 mn) et une galerie photos.

Fox Pathé Europa vient de frapper très fort avec cette blu-ray de Braveheart tant au niveau du transfert de toute beauté que des suppléments conséquents, informatifs et/ou ludiques. Tout simplement une des plus belles éditions collector du marché blu-ray.

6 déc. 2009

Casino Royale : bienvenue dans un Bond meilleur

Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.
Alors que Bond et Vesper s'efforcent d'échapper aux tentatives d'assassinat du Chiffre et de ses hommes, d'autres sentiments surgissent entre eux, ce qui ne fera que les rendre plus vulnérables...

La récente diffusion TV de Casino Royale est l'occasion de revenir sur l'un des meilleurs épisodes de la saga 007.

Voici mon avis à la sortie de ce Bond (11/2006), disponible en blu-ray SPHE dans une édition prestige 2 disques vraiment royale:


007 fait peau neuve.


Attendu au tournant par des millions de fans à travers le monde, l’acteur britannique Daniel Craig (un blond aux yeux bleus : so shocking !) aperçu dernièrement dans Layer Cake et Munich s’est glissé de manière très convaincante dans le smoking de James Bond.


Réalisée par Martin Campbell, déjà auteur du meilleur Brosnan Goldeneye, cette adaptation du premier livre de Ian Flemming écrit en 1953 présente les débuts d’agent secret de Bond, récent titulaire du permis de tuer.

Le prégénérique en n&b révèle un personnage dur et violent, casse-cou buté dont Craig, viril et intense, se révèle être le meilleur interprète, après of course l’éternel Sean Connery. En effet ce 21ème Bond, salutaire retour aux sources de l’œuvre de Flemming, est un des plus violents de la série : l’humour et les gadgets ont été remisés pour laisser place à l’expression d’une violence sèche et brutale. Les multiples combats rapprochés, fusillades, torture constituent une surenchère de violence dans l’air du temps.

Retour au source et modernité (menace d’attentat, terrorisme-chaos financier). Bond combat avec ses poings dans de grandes scènes d’action mettant en avant d’ébouriffantes cascades en live (oubliées les ridicules acrobaties digitalisées de Bosnan dans Meurs un autre jour) et avec ses neurones lors d’une haletante partie de poker où se dispute un passionnant duel psychologique avec son ennemi Le Chiffre, le banquier du terrorisme international.

Un Bond minéral et torturé mais également un Bond amoureux.

Dans le rôle de Vesper Lynd la sublime Eva Green (The Dreamers, Kingdom of heaven) campe un des personnages féminins les plus intéressants de toute la saga : vulnérable et forte, trouble, loin de la potiche habituelle, elle vampirise Bond, armée d’un cocktail irrésistible d’intelligence, d’esprit et de beauté. A son contact l’épaisse carapace de notre héros se fendille et révèle de vraies émotions. Cette touchante histoire d’amour déterminera, pour les missions suivantes, le rapport de Bond aux femmes. A la fin de l’aventure chargée en courses-poursuites pédestres et automobiles aux quatre coins du globe (Madagascar, Venise, Miami) 007 est couverts d’ecchymoses et de bleus au cœur.

Bonne nouvelle : Craig a signé pour 3 films.

3 déc. 2009

La route / John Hillcoat

Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.


Plusieurs fois adapté au cinéma (De si jolis chevaux, No country for old men) Cormac McCarthy a sorti en 2007 un nouveau roman, La Route.

Crépusculaire, dépouillé, La Route est le récit implacable et bouleversant de la lutte pour la survie de deux êtres, un homme et son enfant, errant dans un univers post-apocalyptique envahi par les ténèbres et les cendres. De l'origine de cette apocalypse on ne saura rien. Ne reste plus qu'à accompagner ces deux anonymes, pauvres hères en guenilles et décharnés, dans leur périple désespéré sur ces routes dévastées où ils poussent un caddie chargé de couvertures et d'objets divers leur assurant une subsistance précaire vers un ailleurs où l'humanité bienveillante les accueillerait pour construire un avenir plus supportable.

Une tension permanente parcourt tout le récit, le danger sous de multiples formes (la faim, le mauvais temps, des hommes cannibales) menace la progession de nos deux personnages liés par un amour indéfectible que même la mort ne peut défaire. Filet de lumière et d'espoir dans ce monde crépusculaire abandonné de Dieu, des vivres en abondance trouvés dans une remise comme un sursis, une mer couleur d'huile où l'on se baigne et joue avant que le froid glacial meurtrisse les corps décharnés, les promesses d'un père à trouver des gens quelque part et à qui le petit apportera le feu car, comme il le dit dans les dernières pages, la bonté l'a toujours trouvé et le trouvera toujours.
Oeuvre puissante traitant du Mal et de la violence des hommes avec pessimisme et amertume liée à une nostalgie teintée de mélancolie pour un monde antérieur où la Beauté, le Calme avaient encore droit de cité, La Route a reçu le Prix Pulitzer en 2007.


Réalisateur de nombreux clips musicaux notamment pour Nick Cave (compositeur de la bo de La route) et auteur d'un film carcéral en 1990 Ghosts...of the Civil Dead, d'un western The proposition avec Guy Pearce, Ray Winstone et John Hurt, l'australien John Hillcoat relève avec les honneurs le défi de l'adaptation cinéma de ce texte magistral.

Tournée dans des décors naturels dévastés, paysages ravagés par l'industrie minière ou par le passage de l'ouragan Katrina, cette sombre odyssée repose sur l'alchimie entre le jeune Kodi Smit-McPhee et Viggo Mortensen dont la prestation est une nouvelle fois remarquable. Leur partition inspirée balaie les réserves que l'on peut avoir quand à la récurrence de flashs backs sur le passé familial qui ont pour unique intérêt d'offrir à Charlize Theron la possibilité d'affirmer son talent, concessions sentimentales hollywoodiennes pour un récit plus sec et sombre sous la plume de McCarthy qui ne s'éclaire qu'à toute la fin.

Plus qu'une aventure post-apocalyptique sombre et pleine de dangers, Hillcoat fait de cette Route fidèle à McCarthy un poignant drame intimiste sur la peur d'un père de perdre son fils, ses inquiétudes quand à la transmission et la permanence de valeurs comme la confiance, la foi dans un univers où l'horreur prend la forme d'un individualisme barbare et où l'humanité a baissé les bras.

2 déc. 2009

Bienvenue à Zombieland / Ruben Fleisher

Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l'idée d'être dévoré. C'est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie... Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d'un fusil d'assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s'entendre...

Pour son premier long métrage Ruben Fleisher s'est emparé avec réussite du script de Bienvenue à Zombieland qui était destiné à la base à être une série TV.
Réponse US à l'irrésistible comédie british Shaun of the dead, Bienvenue à Zombieland est une comédie d'horreur totalement jubilatoire bourré de références cinématographiques y compris un caméo d'anthologie d'un grand acteur dont je vous laisse découvrir le show. Elle compense la faiblesse de son intrigue par une narration maline sous forme de guide de survie, des situations surréalistes et des dialogues qui font mouche dans la bouche de personnages bien déjantés. Naviguant allègrement entre road movie, teen comedy, gore burlesque, le film présente des personnages attachants en route vers un parc d'attractions à L.A, une sorte de terre promise censée être vierge de zombies, mais surtout en quête d'une famille à intégrer ou construire en ces temps déshumanisés. Bien sûr le voyage sera mouvementé et le final homérique, les manèges étant utilisés comme des armes ou des boucliers pour dégommer le maximum de zombies!
Les belles recettes du film (mi-novembre 75M$) appellent une suite à cette farce gore très divertissante.