30 déc. 2010

Robert De Niro veut deux suites à Mon beau-père et nous

Robert De Niro vient de révèler à Wigan Today qu'il jouerait volontiers dans deux autres volets de Meet the Parents (Mon beau-père et moi). "J'ai beaucoup aimé", a-t-il déclaré au sujet de son travail sur Little Fockers (Mon beau-père et nous). "Si nous en faisions un autre ou deux je serais d'accord, j'adorerais".
Il aime dans cette franchise, où un quatrième volet n'est pas au programme pour l'instant, que "l'histoire soit basée sur des situations réalistes" et qu'il puisse être proche de son personnage. "J'aime bien Jack car il est amusant à jouer, de plus les autres personnages sont sympathiques" ajoute De Niro. "Et c'est agréble d'incarner un personnage que tout le monde apprécie".
Réalisé par Paul Weitz (About a boy) avec un casting irrésistible composé de Robert De Niro, Ben Stiller, Owen Wilson, Dustin Hoffmann, Barbara Streisand, Jessica Alba et Laura Dern, Little Fockers (Mon beau-père et nous) est actuellement sur les écrans français.

Clint Eastwood intègre Judi Dench au casting de J.Edgar

Clint Eastwood dont le nouveau film Au-delà (Hereafter) sort le 19 janvier prochain vient d'annoncer que l'actrice britannique Judi Dench (Casino Royale) rejoignait le casting de son prochain film J. Edgar.

De plus selon lui Charlize Theron a de fortes chances d'intégrer le film.

Leonardo DiCaprio interprétera le rôle titre soit J. Edgar Hoover, le créateur et directeur du FBI de 1924 à sa mort en 1972. Hoover a été incarné récemment au cinéma par Billy Cudrup dans Public enemies de Michael Mann.

Cette future collaboration entre le réalisateur estimé de Gran Torino et l'acteur de 2010 (les excellents Shutter Island et Inception) est des plus attendues pour l'année cinéma 2012.

29 déc. 2010

Predators / Nimrod Antal

Royce, un mercenaire, se retrouve obligé de mener un groupe de combattants d’élite sur une planète étrangère. Ils vont vite comprendre qu’ils ont été rassemblés pour servir de gibier. A une exception près, tous sont des tueurs implacables – des mercenaires, des yakuzas, des condamnés, des membres d’escadrons de la mort ; des « prédateurs » humains qui sont à présent systématiquement traqués et éliminés par une nouvelle génération de Predators extraterrestres. Voici l’affrontement sans pitié de tueurs absolus…

Après deux épisodes de piètre qualité, Aliens vs Predators et sa suite, l'annonce d'un reboot de la franchise agonisante Predator qui plus est confiée à un fan de la première heure Robert Rodriguez (au final à la production) suscitait pas mal d'espoir dans les rangs des nombreux fans du premier épisode réalisé par John McTiernan.

Confiée à Nimrod Antal (Blindés), la mise en scène de Predators, passée une première demi-heure intriguante, fait dans l'efficace sans inspiration : comme handicapé face au défi de relancer la franchise tout en payant son tribu à l'excellent travail de McTiernan sur le premier volet, le réalisateur déroule quelques scènes d'action intéressantes à défaut d'être intenses, la faute à des personnages assez antipathiques (la palme au personnage ridicule de Laurence Fishburne) et des idées peu probantes (la scènes avec les chiens).

Toute la dimension de survie en milieu hostile qui faisait le sel du premier Predator (voir le combat final entre Scharwzy héros mythologique de retour à l'âge de pierre et son puissant ennemi) n'est jamais exploitée pour faire de cet épisode autre chose qu'une chasse à l'homme musclée certes divertissante mais prévisible et parfois poussive dans son exécution.
Le début laissait augurer de belles choses en terme d'ambiance et de mise en scène (intro percutante, décors naturels superbes, situation de départ mystérieuse), les deux tiers du film déçoivent sans que l'on puisse parler d'accident artistique, les clins d'oeil au premier volet et des plans bien composés étant garants d'un plaisir de spectateur passager.

Test blu-ray

Technique
La copie de Predators est excellente avec une définition offensive et un piqué d'une grande précision qui permet d'apprécier les nombreux décors extérieurs. Colorimétrie et contrastes sont très bien gérés.
Côté son la piste VO DTS HD Master Audio 5.1 se révèle supérieure dans sa gestion des graves pour décupler les effets des fusillades et autres explosions et mettre en valeur la musique. La piste française est en deçà en terme de création d'ambiance.
Bonus
L'interactivité débute par un commentaire audio de Nimrod Antal et de Robert Rodriguez où l'autosatisfaction des deux réalisateurs est trop récurrente pour ne pas être source d'agaçement et d'ennui, les intervenants se montrant néammoins sincères et passionnés dans leur démarche artistique.
Evolution des espèces : la renaissance des Predators est un making-of sur la conception du film avec images du tournage et interviews, le tout étant trop axé sur la promo pour être intéressant nonobstant un module sur le décor bien fait.
La conception d'une scène s'attache à détailler rapidement la séquence des chiens.
Robert Rodriguez présente les "Motion Comics" avec la voix des acteurs : de petites animations sur le passé des personnages avec les voix des principaux acteurs à réserver aux fans du film.
Toujours dans l'optique de détailler les caractéristiques des personnages le disque propose un petit montage d'infos, Les élus : présentation des personnages.
Enfin dans le lot de scènes inédites et intégrales proposées seules une poignée est vraiment inédite : le personnage de Danny Trejo y apparait plus étoffé et la mysoginie d'un personnage envers celui d'Alice Braga plus accentuée.
Le DVD du film est également inclus dans cette édition FPE.

27 déc. 2010

Largo Winch est de retour

Largo Winch est de retour sous la direction de Jérôme Salle (Anthony Zimmer) et toujours interprété par Tomer Sisley. Le premier opus, très sympathique film d'aventures, avait totalisé en janvier 2009 1,7 M entrées France.
Sharon Stone sera de la partie dans ce nouveau volet où le milliardaire risque-tout sera cette fois-ci accusé de crimes contre l'humanité.

Distribué par Wild Bunch, Largo Winch 2 sera dans les salles le 16 février prochainement, en voici la nouvelle affiche et la première bande-annonce.

Propulsé à la tête du groupe W après le décès de son père adoptif, Largo Winch décide, à la surprise générale, de le mettre en vente afin de créer une ambitieuse fondation humanitaire. Mais le jour de la signature, il se retrouve accusé de crimes contre l'humanité par un mystérieux témoin. Pour prouver son innocence, Largo devra retourner sur les traces de sa vie passée, au coeur de la jungle birmane.




22 déc. 2010

Matt Damon espère jouer dans le prochain film du réalisateur de District 9

Neill Blomkamp va refaire équipe avec son acteur de District 9, Sharlto Copley, pour son second film Elysium. Ce second film de science-fiction se déroulera dans un futur lointain sur une autre planète. Copley ne jouera pas le rôle principal, Blomkamp espérant qu'il échoiera à Matt Damon.

Le souhait de Blomkamp a toutes les chances de se réaliser car Damon se verrait bien jouer dans le film : "J'ai vraiment, vraiment, vraiment envie de le faire et travailler avec Neill," a récemment révélé l'acteur à MTV News lors du junket de True grit. "Je pense que c'est un génie. J'ai adoré District 9.' Il est l'un de mes films préférés de l'an dernier. J'espère donc que cela aboutira".

Sorti en décembre 2009, District 9 (critique à lire ICI) est unanimement considéré comme l'un des meilleurs films de sf de ces dernières années.

Another year / Mike Leigh

Printemps, été, automne et hiver. La famille et l'amitié. Amour et réconfort. Joie et peine. Espoir et découragement. La fraternité. La solitude. Une naissance. Une mort. Le temps passe...
Ce film est sélectionné en compétition officielle pour le 63ème Festival de Cannes.
Palme d’Or pour Secrets et Mensonges en 1996, le britannique Mike Leigh en portraitiste sensible des moeurs de ses contemporains revient sur la Croisette avec cette chronique douce-amère sur 4 saisons d’une famille unie et aimante, entourée de proches et amis plus ou moins cabossés par la vie.

Autour de ce couple de bourgeois heureux, altruistes, composé de Gerri, conseillère psychologique et Tom, géologue, gravitent plusieurs personnages en souffrance comme Mary la collègue de Gerri, débordante d’énergie, très collante et à la recherche d’écoute et d’amour. Mais revient régulièrement aussi Joe, le fils avocat célibataire sur lequel lorgne Mary, tentatives de séduction amusantes et désespérées à la fois. Une poignée d’êtres, seuls, tristes, au bord de la dépression après fait le bilan d’une triste vie viennent chercher refuge dans cette maison accueillante où la parole, les confidences, les regrets, les bons souvenirs aussi, circule en flux continu.

Another Year est composé de longues scènes dialoguées pour capturer la vérité des personnages. Si le sujet et son traitement n’ont rien d’original, ce nouveau film de Mike Leigh sonne toujours aussi juste en sondant l’humanité de ses personnages profondément attachants dans leurs moments de joie comme dans leurs coups de blues. Lesley Manville en blonde volcanique, un peu alcoolique, très bavarde, désespérément seule, en est la grande révélation par son jeu nuancé en équilibre instable entre agacement léger et empathie profonde.


(chronique cannoise; sortie le 22/12/2010)

20 déc. 2010

Top 5 2010 des films sortis en salles et en vidéo

La fin d'année approchant sonne le moment des traditionnels bilans. Voici donc mon top 5 des films sortis en salles en 2010 et mon top 5 des meilleurs blu-ray/DVD (n'hésitez pas à afficher dans les commentaires votre sélection, vos remarques) :

TOP 5 2010 (salles)

1.Inception
2.The Social Network
3.The Ghost Writer
4.Shutter Island
5.Green Zone

Il aura été difficile cette année de passer à côté de l'envoûtant thriller mental du prodige Christopher Nolan, Inception, qui aura séduit aussi bien la presse que le public (5M d'entrées France). Dans un rôle jumeau du Cobb d'Inception, Leonardo DiCaprio aura également impressionné avec sa composition fièvreuse dans le vertigineux Shutter Island réalisée d'après le best-seller de Harlan Coben par el maestro Martin Scorsese.
The social network avant d'être l'histoire passionnante du phénomène Facebook est le portrait saisissant d'un nerd tourmenté devenu roi du monde.
Avec The Ghost Writer Roman Polanski livre l'un de ses meilleurs films, élégant, anxiogène avec un excellent duo d'acteurs.
Enfin Paul Greengrass impressionne à nouveau dans Green Zone avec sa mise en scène trépidante au service d'une histoire forte.

TOP 5 2010 (vidéo)

1.Alien Anthologie (blu-ray/Fox Pathe Europa)
2.Avatar édition collector version longue (blu-ray/FPE)
3.Le nouveau monde version longue (blu-ray/Metropolitan)
4.La chevauchée des bannis (DVD/Wild Side)
5.Minority report (blu-ray/FPE)

L'éditeur Fox Pathe Europa a frappé très fort cette année avec les coffrets Alien Anthologie et Avatar version longue se distinguant par la qualité des masters (mention spéciale pour la copie remasterisée d'Alien de Ridley Scott) et la profusion de suppléments de grand intérêt. Toujours chez FPE, le master entièrement remastérisé en résolution numérique 4K et supervisé par Spielberg lui même permet de revoir et savourer Minority report dans des conditions optimales.
La version longue du sublime Le nouveau monde est enfin disponible dans une édition technique irréprochable, comme souvent chez Metropolitan (voir également le blu-ray de Kick-Ass ou celui de L'élite de Brooklyn). Enfin signalons l'excellent travail éditorial effectué par Wild Side sur La chevauchée des bannis d'André de Toth avec master restauré, documentaire inédit sur le réalisateur présenté par Bertrand Tavernier, livre exclusif de 80 pages, du très boulot similaire à celui réalisé pour l'édition DVD de Menaces dans la nuit sorti tout récemment.

16 déc. 2010

Première bande-annonce du nouveau Terrence Malick

La première bande-annonce du très attendu Tree of life de Terrence Malick vient d'être dévoilée. Au générique de ce film attendu pour mai 2011 Brad Pitt, Sean Penn se partagent les premiers rôles.

Le pitch
Texas, fin des années 60, Jack l'aîné d'une fratrie de trois, vient de perdre son frère cadet, RL. Devant cette fatalité de la vie, Jack se souvient de son enfance, des doux moments où il était encore le seul fils, grandissant dans la félicité procurée par l'amour inconditionnel de sa mère. La travée de la mémoire s'ouvre... et tout lui revient... les petits frères qui mobilisent l'attention de la mère, la discipline d'un père absent et autoritaire. Jack se laisse envahir par les souvenirs du passé et c'est ainsi qu'au gré de ses expériences, de son parcours initiatique, et au rythme de la perte progressive de ses illusions et de son innocence, nous explorons le cycle de la vie qui n'en finit plus de tourner autour de nous et qui nous précipite tantôt vers le bonheur tantôt vers le drame. The Tree of Life nous propose une profonde réflexion sur le sens de l'aventure humaine.



13 déc. 2010

Dario Argento en DVD restaurés

Une jeune femme qui vient d'aménager dans un luxueux immeuble new-yorkais apprend que l'architecte l'a conçu pour les trois divinités maléfiques qui gouvernent le monde.

Deuxième opus de sa trilogie des Mères après Suspiria, Inferno a la forme d'un opéra psychédélique où les fulgurances visuelles et sonores s'inscrivent dans des tableaux cauchemardesques où la Mort est omniprésente. Visuellement Argento s'est inspiré de la peinture préraphaélite pour ces tons bleus et roses dominants. La maison a comme dans Suspiria un rôle narratif primordial, dotée comme un être humain d'une conscience.
Après la sorcellerie dans
Suspiria, le réalisateur s'empare ici du thème de l'alchimie pour un résultat final certes inférieur en terme de scénario mais à l'esthétique aussi travaillé grâce aux expérimentations du directeur de la photo Romano Albi.

Test DVD
Inédit en DVD et blu-ray en France, Inferno présente un master restauré (image et son) à partir des négatifs originaux transférés en HD.

Technique
Un soin a visiblement été apporté à la restitution de la photographie de Romano Albani mais quelques plans flous et mal définis ajoutés à une granularité certaine dans les scènes en basse lumière procurent une déception. Les pistes mono sont correctes.

Bonus
Un module de 13', L'alchimie du mystère, est proposé comme uniquement supplément des deux éditions : des interviews de Dario Argento, Romano Albani (directeur photo) et Luigi Cozzi (collaborateur d'Argento) permettent d'analyser rapidement les parti-pris esthétiques et thématiques du film.


Dans un collège suisse, une jeune fille capable de communiquer avec les insectes retrouve la trace d'un assassin monstrueux.

Réalisé en 1984,
Phenomena peut être considéré comme un film charnière dans la carrière de Dario Argento : le fantastique, au coeur de ce conte de fée horrifique, prend nettement l'ascendant sur le giallo. De plus les débordements sanglants de Inferno ou Ténèbres laissent la place à des images poétiques et des instants magiques via le lien spécial qu'entretient l'héroïne avec les animaux et le rôle des éléments naturels.
Argento s'inspire de l'expressionnisme allemand et de la peinture romantique allemande (Caspar David Friedrich) pour une photographie plus contrastée qu'
Inferno, dans des tons plus N&B que ceux de ses précédents films. On retrouve dans Phenomena la prédilection d'Argento pour les parcours semés d'embûches de jeunes héroïnes, il est à nouveau question comme dans le superbe Suspiria de récit d'initiation : elle découvre une personnalité émergente, une faculté extra-sensorielle lui permettant de communiquer avec les animaux qui sont des adjuvants bienvenus face à des hommes monstrueux. Malgré les excès d'une bande-son heavy metal et le recours facile car bien à la mode à l'époque et à la limite du ridicule d'un singe bienveillant, Phenomena séduit par son univers onirique traversé par une Alice somnambule interprétée par une jeune Jennifer Connelly déjà talentueuse.

Test DVD
Phenomena présente un master restauré (image et son) à partir des négatifs originaux transférés en HD, sous la supervision et avec l'approbation de Dario Argento et du chef -opérateur Romano Albani.


Technique
L'édition de Phenomena est bien au dessus techniquement de celle de Inferno (testée ici) avec une compression très solide, une définition solide se rapprochant d'une image HD pour révéler des détails inespérés. Les pistes sonores sont dynamiques notamment la vo anglaise en 2.0 par sa bonne restitution des dialogues comme du déchainement des éléments.

Bonus

On retrouve comme supplément conséquent un documentaire récent de 26 minutes commandé par l'éditeur Wild Side, Rupture et controverse, intéressants entretiens avec le réalisateur, le scénariste, le responsable des effets spéciaux et le compositeur.


11 déc. 2010

Night and day / James Mangold

Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin et qu’elle a trouvé l’homme de ses rêves. Pourtant, très vite, elle le suspecte d’être un espion et le cauchemar commence.
Elle se retrouve traquée avec lui dans une coursepoursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit. Leur vie ne tient qu’à un fil et le danger est partout. Pour avoir une chance de s’en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies. Mais est-ce bien raisonnable ?

Après un biopic sur la légende de la country Johnny Cash et le remake d'un western 3h10 to Yuma, le touche à tout James Mangold s'essaie avec Night & Day (Knight and day) à la comédie d'action portée par un couple glamour Tom Cruise/Cameron Diaz.

A la manière d'un James Bond, le récit nous ballade à travers la planète dans des lieux très cinématographiques (Autriche, Açores, Espagne) au gré des péripéties spectaculaires émaillant le parcours de cet espion un peu dérangé et de cette belle jeune femme légèrement naïve traqués par la CIA et des mercenaires hispaniques à la recherche d'un objet précieux dérobé par l'agent secret.

Les séquences d'action s'enchaînent de manière mécanique tous les quart d'heure avec une prédilection pour les cascades plus folles les unes que les autres avec tous les moyens de locomotion disponibles. Tom Cruise a l'air de s'être amusé à réaliser ses propres cascades, complétées quand même par des CGI un peu trop visibles en HD, accompagné de sa partenaire de Vanilla Sky, une Cameron Diaz sexy en diable et visiblement ravie de donner la réplique à la star de Mission impossible qui semble rejouer sur le mode de la dérision (la scène en moto à Séville) son personnage d'espion de la franchise mythique. Au coeur de l'action le marivaudage entre Cruise et Diaz est assez irrésistible, la jeune femme larguée du début s'affirmant au fil du récit comme une alliée précieuse.

Le récit peu original tourne autour de la recherche d'un MacGuffin (un objet d'une grande puissance énergétique) qui va donner lieu à une course-poursuite effrénée à travers le monde soit une divertissante aventure où, en un soupir, notre couple s'évanouit dans des paysages idylliques, une fuite permanente avant d'atteindre la liberté ensoleillée d'une plage mexicaine.

Le cocktail sexy, humour, action conçu par l'équipe de Night & day est très agréable.

Test blu-ray

Technique

La copie est propre avec un piqué de haute volée. La HD fait merveille dans les contrastes, les plans extérieurs jours des lieux paradisiaques traversés par les héros et a même pour effet de faire ressortir le rendu parfois limite de CGI dans certaines scènes d'action. On remarquera des teintes de peaux virant à quelques reprises vers l'orange et des couleurs peu naturelles dans certains intérieurs sans que cela soit dramatique.

La version DTS HD Master Audio 5.1 s'avère être bien musclée et dynamique dans les scènes d'action comme dans la restitution des dialogues.

Bonus

La version longue propose 8' supplémentaires avec une poignée de scène mettant en avantage Cameron Diaz avec dès l'ouverture la présentation de son environnement professionnel et une scène d'action amusante mais invraisemblable avec un duel moto/taureau où Tom Cruise s'éclate à nouveau à réaliser des cascades improbables. La version longue proposée s'avère dispensable, le rythme étant quelque peu mis à mal par ces scènes d'un intérêt limité une fois intégrées au récit.

Au niveau des suppléments quelques courts modules promo sont proposés comme Les Cascades : folles journées et nuits sauvages (12'30, HD), Les extérieurs : De Boston à l'Espagne (8'10 - HD), L'Ecriture du film (3'50 - HD, Cascades et lieux de tournage : panorama (3'05 - HD). L'équipe du film, producteur, réalisateur, responsable des scènes d'actions et comédiens se félicitent d'un tournage dans des décors réels avec un maximum de cascade en live, déclarations enthousiastes qui après visionnage du film peuvent laisser dubitatif en raison de CGI assez voyants.

Les acteurs jouent au foot (1'10 - HD) et Les cascades : répétitions (1'23 - HD) sont deux petites vidéos virales réalisées pour accompagner la sortie du film.

Enfin Someday : Tom Cruise rencontre les Black Eyed Peas (9'09, HD) permettra aux fans de l'acteur et du groupe de passer un moment sympathique avec les coulisses du concert des Black Eyed Peas à Londres en mai 2010 puis celles d' un concert privé où ils jouent pour la première fois le morceau Someday qui servira au générique de fin du film.
Si cette édition FPE est techniquement de haute volée la partie suppléments est très légère avec ces courts modules exclusivement promotionnels.

7 déc. 2010

De vrais mensonges / Pierre Salvadori

Un beau matin de printemps, Emilie reçoit une lettre d'amour, belle, inspirée mais anonyme. Elle la jette d'abord à la poubelle, avant d'y voir le moyen de sauver sa mère, isolée et triste depuis le départ de son mari. Sans réfléchir, elle l'a lui adresse aussitôt. Mais Emilie ne sait pas encore que c'est Jean son employé timide qui en est l'auteur, et que Maddy tombera amoureuse de ses mots. Elle n'imagine pas non plus que son geste les projettera dans une suite de quiproquos et de malentendus... Et encore moins qu'elle tombera follement amoureuse de celui qu'elle a mis dans les bras de sa mère...

32ème CINEMED Avant-première

Après les palaces dorés de la Côte d'Azur de Hors de prix, Pierre Salvadori a choisi, pour cadre de sa nouvelle comédie, un salon de coiffure de la ville ensoleillée de Sète. Ce décor, à la théatralité revendiquée (panneaux et carreaux pour observer, rideau dissimulant une déclaration amoureuse) par la mise en scène de Salvadori, va être le lieu d'un triangle amoureux piquant et savoureux.

Comme dans les précédents films du réalisateur de De vrais mensonges, sont mis en scène des personnages peu sûrs d'eux, fragiles émotionnellement ou en plein désarroi amoureux, précipités dans des situations tragi-comiques irriguées de répliques imparables. Le quiproquo, le mensonge, la méprise sont à nouveau convoqués comme carburant narratif : en effet une lettre détournée de sa destination initiale va provoquer un enchainement de situations désopilantes, parfois teintées de cruauté.

On connait l'importance donnée, dans le cinéma de Salvadori, aux objets du quotidien employés comme révélateurs de la psychologie des personnages, des objets avec une fonction narrative, comique ou dramatique (un bijou dans Les marchands de sable, une pièce de monnaie dans Hors de prix...) : ici une lettre lance l'histoire des personnages comme celle du film provoquant de nombreux rebondissements dans la vie des trois personnages principaux.

La relation complexe mère-fille au coeur du récit, faite d'amour et de trahison, trouve en Audrey Tautou et Nathalie Baye de parfaites interprètes, à l'alchimie évidente. Nathalie Baye trouve un beau rôle à multiples facettes : tour à tour fantasque, amoureuse, revancharde, généreuse, elle est vraiment formidable, alternant parfois dans la même scène expressions comiques et signes de détresse émotionnelle, face à Audrey Tautou et Sami Bouajila en amoureux qui n'osent pas se l'avouer.

La mise en scène élégante de Salvadori (formidable scène de déclaration d'amour en ombres chinoises) associée à une mécanique comique savamment agencée autour d'un excellent trio d'acteurs procurent un vrai plaisir de spectateur.


(photo FB prise lors du 32ème CINEMED; sortie le 08/12/2010)

4 déc. 2010

The Ghost Writer, grand vainqueur des European Film Awards

Le brillant The Ghost Writer de Roman Polanski repart gagnant de la 23ème cérémonie des European Film Awards organisée en Estonie à Talin.

The ghost writer remporte 6 récompenses amplement méritées : Meilleur film européen 2010, Meilleur réalisateur européen 2010 pour Roman Polanski, Meilleur acteur européen 2010 pour Ewan McGregor, Meilleur scénariste européen pour Robert Harris & Roman Polanski, Meilleur compositeur européen pour Alexandre Desplat et Meilleur designer production européenne pour Albrecht Konrad.

Ma critique est à lire ICI

2 déc. 2010

Inception en vidéo

Le film évènement de Christopher Nolan, Inception, débarque en vidéo le 3 décembre prochain.
Gros succès critique et public (4,5M de spectateurs France, 285M$ au box-office US) pour ce palpitant thriller qui devrait connaître en vidéo une seconde carrière flamboyante.
A cette occasion pas moins de 3 éditions seront proposées : une édition simple DVD, une Ultimate Edition comprenant 2 Blu-ray + 1 DVD + Copie Digitale ainsi qu'une édition limitée et numérotée disponible exclusivement dans les magasins FNAC, la mallette Dream Machine Inception.
Cet objet collector comprend l' édition ultimate 2 blu-Ray, le DVD de bonus exclusif, le guide d’utilisation de la Dream Machine, le dossier de presse, les 7 photos et 2 affiches et last but not least la toupie Inception.

Ma critique de Inception est à lire ICI

1 déc. 2010

Le nouveau monde deTerrence Malick en version longue

Le magnifique Le nouveau monde de Terrence Malick sort pour la 1ère fois en blu-ray et en l'occurrence dans sa version director's cut.

Le discret Terrence Malick (4 films en 40 ans, autant de chefs d’œuvre) poursuit dans ce film, avec élégance et poésie, sa rêverie métaphysique sur la Nature entamée depuis Badlands (1973). Il y raconte à travers l’histoire d’amour, au début du 17ème siècle, entre le capitaine anglais John Smith et l’indienne Pocahontas, la rencontre de deux civilisations et la naissance de l'Amérique. Œuvre méditative à la sensibilité panthéiste affirmée, Le nouveau monde est d’une beauté visuelle sidérante. Le lyrisme de la mise en scène transporte ce poème élégiaque sur un Paradis perdu vers les rives de la Grâce.

Cette édition HD Metropolitan comprend la version longue avec 30 minutes inédites et en bonus La création du nouveau monde, le making-of du film en vost (60mn).

30 nov. 2010

A bout portant / Fred Cavayé

Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l'oeil impuissant de Samuel. A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l'hôpital dans lequel il travaille un homme sous surveillance policière. Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S'il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite...

Après son très bon premier film, le polar Pour elle avec Vincent Lindon et Diane Kruger, le réalisateur Fred Cavayé plonge à nouveau dans A bout portant une personne ordinaire, un aide soignant joué par l'acteur qui monte Gilles Lelouche, dans une situation périlleuse, sous extrême tension.

On retrouve dans ce second film mais à la puissance 10 la prédilection pour cet amoureux du cinéma américain de l'action trépidante, de l'urgence grisante dans une réalisation précise aux plans soigneusement composés. La psychologie des personnages est réduite au stricte minimum pour laisser la place à une fuite haletante qui vire à la chasse à l'homme implacable entre Meurtre en suspens et Le Fugitif : contraint en un temps limité de faire évader un malfrat en échange de la liberté de sa femme le héros de A bout portant va très vite devoir également prouver son innocence dans une affaire de meurtre impliquant le dit malfrat.

La mise en scène nerveuse est un shoot d'adrénaline dont les effets s'étendent sur 1h25, où les séquences d'anthologie se succèdent, la poursuite dans le métro et l'affrontement dans un commissariat en ébullition étant à ce titre de grands blocs de tension comme on n'en avait pas vu depuis La vengeance dans la peau dont le style documentaire avec caméra portée et le score dynamique de John Powell ont visiblement inspiré Fred Cavayé et le compositeur Klaus Badelt. Mais au coeur de cette agitation permanente mais toujours lisible à l'image Cavayé n'oublie pas de raconter l'histoire de personnages en quête de liberté et de vérité (retrouver sa femme kidnappée, prouver son innocence, laver son honneur), glissant, après la rapide exposition centrée sur le quotidien radieux du héros et de sa femme avant le drame, de manière sporadique au détour d'un plan un peu d'émotion pour éviter le pur effet de style.

Ainsi le réalisateur a choisi des acteurs charismatiques assez talentueux pour asseoir en quelques plans, par un travail subtil de suggestion, la crédibilité de leur personnage et leur parcours. Roschdy Zem et Gilles Lelouche dont l'intensité de la relation kidnappeur/otage n'est pas sans rappeler celle de Tom Cruise et Jamie Fox dans cet autre grand polar urbain qu'est Collateral sont formidables comme Gérard Lanvin en flic ambigu.

Les bons polars français sont suffisamment rares pour ne pas être soutenus. A bout portant qui devrait, à n'en pas douter, faire comme le précédent l'objet d'un remake us (The Next Three Days de Paul Haggis avec Russell Crowe), en est un remarquable représentant.

(Sortie le 1er/12/2010)

Pour elle en DVD / Fred Cavayé

Lisa et Julien sont mariés et mènent une vie heureuse et sans histoire avec leur fils Oscar. Mais leur vie bascule, quand un matin la police vient arrêter Lisa pour meurtre.
Elle est condamnée à 20 ans de prison.

Persuadé de l'innocence de sa femme, Julien décide de la faire évader.

Jusqu'où sera-t-il prêt à aller "pour elle" ?

Pour son premier film, Fred Cavayé a placé son intrigue, selon ses propos à la presse pour schématiser ce projet, entre Claude Sautet et Jason Bourne. Pour elle réussit brillamment la balance entre l’étude de caractères centrée sur un couple aimant, ordinaire placé dans une situation extraordinaire et la course contre la montre haletante.

Le sentiment d’urgence face à une situation principale dramatique est bien rendu par un montage nerveux (on reste loin toutefois en terme d’enchaînement de plans de celui trépidant de Greengrass dans la trilogie Bourne) et le jeu solide et intense des deux comédiens principaux.

Diane Kruger est juste; Vincent Lindon qui est de quasiment tous les plans est remarquable, bloc de détermination et de douleur rentrée qui explose dans l’action violente au bord de l’illégalité. Via le personnage de Julien qui est résolu à faire évader sa femme à n’importe quel prix le film soulève la question suivante : qu’est-on capable de faire par amour ?

Si la résolution de la situation dramatique principale n’est pas exempt d’invraisemblances, l’histoire humaine de ce couple uni, charmant, dont les interprètes sont crédibles dans leurs moments de complicité comme dans des échanges dramatiques, est suffisamment forte pour accrocher le spectateur pendant 90 mn.

Le récit est bien tenu : après une exposition rapide, le développement des conséquences de cette situation dramatique est assuré grâce au talent des comédiens et la maîtrise d’une tension constante et d’émotions véritables à travers des scènes intimistes, familiales, alternant avec les préparatifs du plan d’évasion conçu par ce Monsieur Tout le monde que l’amour indéfectible pour sa femme pousse à envisager l’impossible et à s’engager dans un futur dangereux.

Pour elle est donc une très bonne surprise à voir avant tout pour lui, Vincent Lindon dont le charisme viril et la sensibilité rentrée font merveille dans ce drame policier français de belle facture dont le réalisateur Fred Cavayé est à surveiller de près.

Test DVD

Pour ce premier film très maîtrisé, Wild Side a sorti le grand jeu avec un transfert superbe soutenu par une piste DTS mi-débit 5.1 impressionnante.

Au niveau des suppléments, cette édition propose tout d'abord un commentaire audio du réalisateur et co-scénariste Fred Cavayé et du scénariste Guillaume Lemans qui reviennent sur le travail avec l'ensemble des comédiens, leurs choix scénaristiques, les décors, la fin du métrage.

Puis un intéressant making-of d'une trentaine de minutes donne la parole à l'équipe du film, producteur, réalisateu, acteurs et membres de l'équipe technique qui ont tous participé avec énergie et sérieux à ce projet comme en témoigne l'investissement total de Vincent Lindon, remarquable dans ce rôle de Monsieur tout le monde qui se lance vers l'impossible par amour.

Enfin un court-métrage mélancolique de Fred Cavayé, "J", (23') vient clore cette édition qui rend justice à ce film romanesque et haletant à voir ou revoir.

28 nov. 2010

Vampires / John Carpenter

Jack Crow est un chasseur de vampires. Apràs avoir vu ses parents succomber aux dents acérées de l'un d'entre eux, Crow a consacre sa vie a les chasser dans une traque impitoyable qu'il mène depuis des années en compagnie d'une poignée de mercenaires connus sous le nom de Team Crow. A la demande du cardinal Alba, émissaire du Vatican, Crow et ses hommes partent au Nouveau-Mexique avec pour mission de detecter les nids de vampires et de les detruire. Après un nettoyage dans une ferme infestée, la Team Crow se fait attaquer par le grand maitre des vampires, Valek.

En plein revival du film de vampires (Bram Stoker's Dracula en 1993, Entretien avec un vampire en 1994, Un vampire à Brooklyn en 1995...), John Carpenter s'empare à son tour du mythe vampirique dans ce John Carpenter's Vampires (1997) qui, comme son titre le suggère, est une vision personnelle de cette créature fantastique par le réalisateur de The thing.

Carpenter s'éloigne en effet des attributs gothiques et du drame romantique de films comme le Dracula de Coppola d'après Bram Stoker ou Entretien avec un vampire de Neil Jordan d'après Anne Rice pour proposer un film d'action entre fantastique et western avec un anti-héros proche de son mythique Snake Plissken.

De la scène d'ouverture, classique scène d'épouvante où une bande de mercenaires nettoie un nid de goules à l'affrontement final dans un village fantôme Carpenter se fait visiblement plaisir à filmer la traque, par un groupe de mercenaires emmené par le charismatique John Crow (James Woods), d'un maître vampire particulièrement coriace.
Les références au western (les mercenaires bruts de décoffrage comme dans La Horde sauvage, la bataille finale circonscrite à une bourgade comme dans Rio Bravo) comme à son propre cinéma (le chasseur endurci et rebelle Jack Crow est un cousin éloigné du Snake Plissken de New-York 1997) sont intégrées avec jubilation dans cette histoire originale où l'Eglise catholique emploie une équipe de mercenaires pour exterminer à travers le monde des vampires qu'elle a elle même créés accidentellement au XIIIème siècle
.

Avec ces nombreux filtres colorés posés sur le décor désertique du Nouveau-Mexique, sa musique rock composée comme à son habitude par le réalisateur lui-même, ses personnages au look cool et son traitement amusant d'éradication des goules (les suceurs de sangs sont trainés dehors, par un système ingénieux que je vous laisse découvrir, pour inflammation fatale) le Vampires de Carpenter est une manière divertissante de renouveler le genre vampirique, une sorte de western fantastique avec une touche sexy (Sheryl Lee traverse le film très dénudée) comme le veut la passionnante mythologie du vampire.

Test blu-ray

Technique
Le master retranscrit fidèlement les teintes vives, rouges dominants, voulues par Carpenter. On notera parfois des visages à la teinte trop rose et une image trop lissée. Mais une définition solide, des contrastes bien marqués et une enveloppe sonore convaincante via
les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise et française assurent à cette édition blu-ray distribuée par M6 un plus technique non négligeable par rapport à l'édition SD.

Bonus
Le disque reprend les suppléments déjà présents sur l'édition 2 DVD Collector, à savoir tout d'abord un commentaire audio de John Carpenter où il distille avec précision, comme à son habitude dans ce genre d'exercice, un nombre conséquent d'informations sur le tournage. Vient ensuite un portrait du réalisateur issu de la célèbre série américaine intitulée The Directors (50') : la plupart de ses films jusqu'au milieu des années 90 sont traités via extraits des oeuvres, interview de Carpenter et interventions d'artistes ayant collaboré avec lui (Kurt Russell, Jamie Lee Curtis). Des interviews sur le set de Vampires agrémentées de quelques images du tournage (6') ainsi que des bandes-annonces complètent l'interactivité.


Chronique faite en partenariat avec Cinetrafic.fr disponible également sur cette page dédiée au film : http://www.cinetrafic.fr/film/15520/vampires. De plus vous pourrez retrouver sur le site une liste de films de vampires : http://www.cinetrafic.fr/liste-film/3736/1/les-films-de-vampires

24 nov. 2010

Le nom des gens / Michel Leclerc

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

32ème CINEMED- Avant-première

Après une remarquée ouverture de la Semaine de la Critique 2010, Le nom des gens, écrits par Michel Leclerc et sa compagne Baya Kasmi, continue de séduire lors de son circuit d'avant-premières avant sa sortie prochaine.

Avec son couple atypique, Arthur Martin, quadra rigoureux et réservé, Bahia Benmahmoud, jeune femme délurée se servant de ses charmes pour convertir ses ennemis politiques au socialisme, Michel Leclerc trousse une comédie irrésistible carburant à l'humour caustique pour parler de choses graves (la Collaboration, la Shoah, le port du voile intégral...) à la manière d'un Woody Allen dont il reprend des idées de mise en scène comme le double enfant ou l'adresse à la caméra, au comique de situation ciselé (un dîner familial surréaliste), aux répliques percutantes.
Via son duo iconoclaste campé formidablement par Jacques Gamblin et Sara Forestier, Leclerc aborde des questions sociétales et politiques intéressantes, toujours avec une légèreté et une désinvolture étudiées, comme celle de l'identité (le nom des gens a-t-il une influence déterminante sur leur vie?) ou du vivre ensemble (lui d'origine juive et elle d'origine maghrébine forment un couple possible). L'émotion n'étant jamais bien loin en évoquant le passé familial, personnel de ces deux personnages, à accepter, à exorciser, pour aller de l'avant.

Le film de Michel Leclerc aligne, sur un bon rythme, de savoureux moments comiques, à l'image de l'apparition déjà anthologique de Lionel Jospin balançant avec décontraction et naturel une des répliques les plus hilarantes du film : "Un jospiniste aujourd'hui, c'est aussi rare qu'un canard mandarin sur l'île de Ré".

Le nom des gens
est l'une des propositions comiques les plus originales et efficaces à retenir de cette fin d'année.

23 nov. 2010

Outrage / Takeshi Kitano

Plusieurs caïds de second rang se réunissent lors d'un festin avec «Monsieur le Président», chef de l'organisation mafieuse Sanno-kai qui règne sur Tokyo et son agglomération. Kato, numéro 2 de Sanno-kai, déconseille à Ikemoto de trafiquer au grand jour avec Murase, un ancien avec qui il a scellé un pacte en prison. Afin d'atténuer les soupçons de M. le Président, Ikemoto confie à son acolyte Otomo une sale besogne : s'attaquer, en douceur, à Murase. Les agissements d'Otomo marquent le début d'une longue série de divisions et de trahisons. Très vite, les clans de yakuza noient dans le sang leur quête impérieuse de pouvoir et d'argent. Les caïds se défient pour monter dans les rangs de l'organisation à coups de complots et d'accords mort-nés. Dans ce monde corrompu dépourvu de héros, seuls s'affrontent les méchants dans une guerre ultraviolente.

63ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Après une parenthèse introspective qui flirtait parfois avec l’expérimentation (Takeshis’) et où il était souvent question de la création (Glory to the filmaker! et Achille et la tortue), le plus célèbre réalisateur japonais contemporain revient, 10 ans après Brother, aux films de yakusas qui ont fait sa gloire au début de sa carrière de réalisateur (entre autres casquettes Kitano est aussi animateur TV, peintre…).

N’ayant pas la rigueur dramatique de Violent Cop ni la mélancolie noire de Sonatine, deux grandes réussites inscrites dans cet univers violent, ce nouveau polar, Outrage, produit par la branche nippone de Warner, joue la surenchère dans la violence en multipliant les meurtres et les tortures gore (à base d’instrument de dentiste ou de corde) comme dans les coups-bas auxquels se livrent les mafieux pour qui la parole donnée ne signifie plus rien. Peu diserts dans ses précédents films, les yakusas montrés ici par Kitano parlent sans arrêt, se coupent la parole, un égocentrisme auquel s’ajoute un infantilisme marqué.

Délitement de la morale (si tant que cela existe dans ce milieu), perte des traditions (se couper un doigt en signe d’allégeance ne signifie plus rien), diversification des trafics (la drogue, les casinos, la Bourse) sont constatés avec amertume par Otomo, le yakusa à l’ancienne interprété par Kitano. C’est dans ce traitement plein de cynisme de l’univers des yakusas que réside l’intérêt principal de ce polar ultra-violent parsemé de giclées d’humour noir traversé par un Kitano mutique, brute mélancolique qui attend en guerrier zen sa mort prochaine.

(chronique cannoise; sortie le 24/11/2010)

16 nov. 2010

Dernier étage gauche gauche / Angelo Cianci

32ème CINEMED - Avant-première

Pour son premier film, Angelio Cianci a choisi la forme du huis-clos policier (une prise d’otage dans un appartement avec trois personnages) situé en banlieue pour parler de la famille, de la société grâce à la dynamique de la comédie, associant avec efficacité comédie et arrière-plan social à l'image des comédies italiennes Miracle à Milan ou Le pigeon.

Un malentendu va provoquer un enchainement de faits tragi-comiques : la prise d’otage de l’huissier conduit à une mise sous tension du récit et de son trio de personnages ordinaires plongés dans une aventure potentiellement explosive. Cette tension déployée sur plusieurs heures (arrivée des forces de police, conflits d’intérêts des kidnappeurs, tentative d’intervention du GIGN, liste des revendications …) se traduit par une caméra agitée et une parole incessante monopolisée par le fils, d’autant plus que le personnage d’Hippolyte Girardot est bâillonné. Puis au fil des heures la parole se distribue au sein du trio, la mise en scène laisse les personnages prendre plus d’épaisseur et se révéler différents de ce qu’ils laissaient penser et du coup plutôt attachants (le fils rebelle est en fait le plus conformiste, le père largué un chef de famille aux idées engagées et l’huissier un révolutionnaire en puissance). La parole, au début réservée aux insultes, aux disputes va libérer peu à peu les confidences comme les vérités enfouies.

S’il part de gros clichés sur la banlieue et ses habitants, le réalisateur parvient petit à petit à rendre ses personnages intéressants en dévoilant leurs secrets, leurs aspirations comme montrer un cadre où la solidarité permet d’oublier les dures conditions de vie. Hippolyte Girardot en huissier de justice sous tension et non conformiste, Fellag en père de famille en conflit face au jeune Aymen Saidi en petite frappe découvrant que les mots peuvent faire plus de dégâts qu’un gun assurent la partie comique, sans oublier l’excellent Michel Vuillermoz en préfet légèrement nerveux, comme celle plus posée de cette comédie bien écrite.

Dernier étage gauche, gauche est un sympathique premier essai nonobstant une fin trop brutale, laissant ses personnages en pleine action.

(sortie le 17/11/2010)

Rencontré après l’avant-première du film au 32ème CINEMED pour Cinealliance.fr, le jeune réalisateur Angelo Cianci s’exprime sur ses intentions.

Tout d’abord le réalisateur de cette comédie primée au 15ème Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz révèle que son premier long-métrage a été tourné au mois de juillet dernier en 36 jours en région Rhône-Alpes dans une cité investie 2 mois avant le tournage pour travailler avec gens du quartier et les impliquer.

Le défi de départ «était de ne pas trouver trois acteur qui allait jouer les uns aux côtes des autres de mais fonder un peu une famille, faire une triangulation qui marcherait ».

Fellag fut impliqué bien en amont pour travailler sur les faits de langue, expressions kabyles. Puis le réalisateur avait besoin d’ « un huissier de justice un petit peu hors norme, très en tension » : Hippolyte Girardot pour qui le realisateur avait écrit un long métrage s’est vite imposer. Enfin le jeune acteur, Aymen Saidi, découvert par Angelo Cianci en arrière-plan dans Eden à l’ouest puis dans St Jacques la Mecque et au théâtre, fut engagé pour compléter le trio.

Concernant son approche sur le film de banlieue Angelo Cianci précise qu’il existe une« voie du milieu » où il est possible faire un mélange des genres « entre les films rigoristes de Rabah Ameur-Zaimeche (Wesh Wesh, Bled number one) et à l’extrême les productions Besson qui sont des films pop-corn ». Il précise : « Faire un film sur la banlieue c’est jouer avec les clichés, c’était compliqué de ne pas les utiliser. Plutôt que d’en être la victime j’ai préféré en jouer. Je suis parti en fait des 3 personnages principaux qui étaient les pires clichés que l’on puisse imaginer : le jeune incarné par est la caricature absolu de la jeune racaille de banlieue, le personnage joué par Fellag est la caricature du père qui a baissé les bras, se tait et est victime de la loi du silence, l’huissier incarné par Hippolyte est la caricature de l’huissier, bougon, froid dans son petit costume gris. Je suis parti de ces clichés pour mieux les démonter. Je demande au spectateur d’accepter pendant 10 mn de regarder un film où on est dans le cliché de me faire un peu confiance et assez vite finalement on voit qu’on les demande, que les personnages sont plus en demi-teinte qu’ils ne l’étaient au début ».

Avec Dernier étage, gauche il n’a « pas voulu faire un film pro-banlieue où on est dit que tout est génial, où toutes les valeurs sont super, où il faut y vivre parce qu’on peut y vit bien ; à l’inverse je n’avais pas envie de stigmatiser ça et ne parler que de ça, j’avais envie de dire que la promiscuité ne crée pas que des problèmes, elle crée aussi de la solidarité ».

En fait « une grande partie du film parle des malentendus et des mal entendus. La question de la parole est centrale, tout le film a été construit sur des échanges ». Pour illustrer ce pouvoir des mots le réalisateur cite une réplique de François (Hippolyte) : « la langue est l’organe est le plus mou mais elle peut couper des têtes ».

15 nov. 2010

Roméo + Juliette / Baz Luhrmann

Adaptation de la plus célèbre pièce de Shakespeare, évoquant la passion d'un jeune couple appartenant à deux familles ancestralement ennemies, replacée à notre époque de bruit et de fureur mais avec le texte intégral de l'auteur.

En 1996 le nouveau film d'un australien un peu fou débarqua sur les écrans, Roméo + Juliette, adaptation moderne du classique de Shakespeare.

Le premier quart d'heure est assez déroutant : dans une station service de Miami de jeunes punks affrontent des latinos gominés en clamant du Shakespeare dans une mise en scène speedée à la sauce MTV avec hommages appuyés à Sergio Leone et John Woo! Puis quand rentre en scène Roméo/Leonardo Di Caprio sur une musique de Radiohead le charme opère et ne quittera plus l'écran : la rencontre entre le texte de Shakespeare et des musiques modernes provoque des étincelles que la mise en scène flamboyante de Baz Luhrmann attise sans jamais perdre de vue l'émotion dégagée par son couple d'acteurs DiCaprio/Claire Danes.
L'incroyable musique, mélange d'adagios, du Tristan et Isolde de Wagner et de tubes pop rock dûs à des artistes comme Des'ree, Garbage ou The Cardigans, n'a pas seulement fonction d'illustrer les images mais bien de commenter le drame se jouant à l'écran entre les deux amants maudits.
DiCaprio/Claire Danes illuminent de leur jeune beauté et de leur jeu intense cette tragique histoire que l'on a un grand plaisir à redécouvrir sous cette patine moderne.

Le projet était risqué de proposer une relecture rock'n roll du classique de William Shakespeare, Luhrmann a gagné en mettant une audace visuelle et un choix musical détonnant au service d'un romantisme noir incarné par deux excellents acteurs interprétant avec conviction la fièvre adolescente et la passion inconsumable au coeur de cette histoire intemporelle.

Test blu-ray

Technique

Supervisée par Baz Luhrmann, la restauration de Roméo + Juliette est une réussite incontestable avec en premier lieu des couleurs éblouissantes. Les contours sont bien marqués; les contrastes bien gérés. La définition est très solide nonobstant une poignée de plans avec une netteté perfectible. On retrouve à l'image, selon la volonté du réalisateur, ce petit grain argentique cinéma pour ne pas aboutir à un rendu trop lisse. En résumé un master très propre pour une re-découverte du film.
Que dire sinon que la piste VO DTS-HD Master Audio 5.1, plus dynamique, musicale, ample (voir l'énergie sonore de la scène d'ouverture ou celle du bal chez les Capulets) que la VF, néanmoins dotée d'un bon doublage, s'impose pour le texte original.

Bonus

Premier supplément de qualité : l'incroyable fonction PIP couplée au commentaire audio délivre une impressionnante quantité d'infos sur le film de manière ludique et en HD: tracklist, informations en Pop-Up, galeries photos, modules de making-of...
Ensuite est proposé un énorme documentaire sur la musique du film : sa création, son enregistrement, son succès abordés dans de nombreuses interviews. Trois courts modules accompagnent ce passionnant documentaire consacré à cette bo devenue culte.
Les Archives inédites sont constituées de quatre petits documents de la collection personnelle du réalisateur où les coulisses du tournage nous sont dévoilées via des répétitions avec les acteurs et des instantanés de tournage.
La Galerie du réalisateur regroupe des interventions du réalisateur où il s'explique sur ses choix artistiques, détaillant même avec humour la présentation de son projet aux patrons de la Fox.
5 extraits du tournage vu par le chef opérateur et des interviews d'époque complètent l'interactivité de cette superbe édition combo (BD+DVD) proposée par FPE.

A noter que l'éditeur propose Moulin rouge du même réalisateur dans une édition de qualité identique avec master restauré et spectaculaire interactivité.