18 janv. 2010

Little New-York / James de Monaco

Sully, vidangeur de fosses septiques et futur père, est prêt à tout pour assurer l'avenir de son fils. Jasper, modeste épicier, a une qualité primordiale aux yeux de la mafia pour qui il travaille contraint et forcé : il est sourd-muet. Parmie Tarzo, chef de la mafia locale, se verrait bien éliminer la concurrence. Tous trois vivent à Staten Island, sous l'ombre écrasante de Manhattan. Leurs chemins vont se croiser, a priori pour le pire...

Pour sa première réalisation le scénariste James de Monaco (Négociateur, Assaut sur le central 13) décrit l'univers de son enfance, Staten Island, 5ème district de New-York associé à la Mafia. En effet même si c'est moins vrai aujourd'hui Staten Island était considéré comme une cité dortoir de la Mafia : Scarface, Al Capone, Lucky Luciano et d'autres truands moins célèbres y sévissaient.
Little New-York (Staten Island) s'ouvre par un simili reportage d'actualités, au ton cynique, sur l'histoire de Staten Island décrit comme un parent pauvre de N-Y abritant la plus grosse communauté de mafieux des 5 arrondissements de New-York.
A la manière de Tarantino James de Monaco découpe son récit en chapitres au titre amusant comme "L'introspectif vidangeur de fosses sceptiques et son initiation à la science et au crime". James de Monaco n'aura de cesse de parsemer ce drame policier d'humour noir.
Il décale le film de gangster par la dérision et les idées saugrenues (le mafieux se met en tête de battre le record mondial d'apnée) sans oublier de raconter une histoire sombre qui voit 3 personnages d'horizons différents en proie à une crise existentielle ou plutôt une remise en question.
Tous 3 ont en commun de rêver d'une vie meilleure : le mafieux aspire à devenir le king de Staten Island, le jeune père de famille veut offrir les meilleures chances dans la vie à son enfant, le vieil épicier espère gagner aux courses pour commencer un nouveau chapitre de son existence. Tous 3, campés par des acteurs formidables dans leur registre avec mention à Seymour Cassel, sont de milieux différents mais vont être liés par le hasard, le destin et le sang. Sur le chemin de la rédemption ou du pardon moult cadavres et éclaboussures d'hémoglobine seront convoqués allégrement dans un récit certes assez prévisible mais bien ficelé.
Dans cet exercice au début surprenant de mélange des genres, très référencé (des Coen aux Sopranos en passant par Rashomon pour la structure narrative) James de Monaco n'oublie jamais ses personnages paumés, en quête de sens, attachants, au sein d'une intrigue tricotée avec jubilation dans un décor singulier très cinématographique.

Test blu-ray
Une copie de qualité pour cette édition FPE (dispo depuis le 06/01/2010) dont on regrettera l'absence de bonus pour accompagner ce sympathique premier film.

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