13 janv. 2010

Une vie toute neuve / Ounie Lecomte

Séoul, 1975. Jinhee a 9 ans. Son père la place dans un orphelinat tenu par des Soeurs catholiques. Commence alors l'épreuve de la séparation et la longue attente d'une nouvelle famille. Au fil des saisons, les départs des enfants adoptées laissent entrevoir une part du rêve, mais brisent aussi les amitiés à peine nées. Jinhee résiste, car elle sait que la promesse d'une vie toute neuve la séparera à jamais de ceux qu'elle aime.

62ème Festival de Cannes - Hors compétition (en salles depuis le 06/01/2010)

Premier film, Une histoire toute neuve est une histoire autobiographique. Celle d'Ounie Lecomte qui a vécu dans les années 70 en Corée l'abandon d'un père aimé dont elle a attendu longtemps le retour désespérément en vain, avant d'être adopté par une famille protestante française. L'enfance tourmentée a été souvent traitée au cinéma : L'enfance nue (1970) de Pialat ou plus récemment Nobody knows de Kore-Eda Hirokazu (2003) ont par exemple représenté avec force l'état insoutenable d'orphelin.
Le film d'Ounie Lecomte touche par sa sincérité et le traitement sobre d'un évènement qui pourrait facilement dicter un ton mélodramatique; un refus de tout sentimentalisme et pathos pour un traitement brut (pas de musique ni d'effet appuyé de mise en scène), proche du documentaire mais qui distille une vraie émotion, d'une telle situation dramatique. Elle filme à hauteur d'enfant et révèle par petites touches l'intériorité de cet enfant en proie à un déluge de sentiments après cet abandon inexpliqué et intolérable : désarroi, tristesse, colère sont exprimés avec retenue, une justesse d'interprétation à mettre au crédit en premier lieu de la jeune Kim Saeron absolument remarquable.
Avec une économie de moyens mais avec une rigoureuse progression dramatique et de bonnes options de mise en scène au service de son épatante jeune comédienne, Ounie Lecomte livre un premier film très attachant.

Aucun commentaire: