28 févr. 2010

Shutter Island / Martin Scorsese

En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L'une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ?

Shutter Island marque la quatrième collaboration entre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio autour d'une adaptation fidèle et brillante d'un roman de Denis Lehane.
Dans ce film noir, Scorsese a trouvé matière à développer des thèmes familiers comme la paranoïa galopante, la folie rampante, la culpabilité dévorante en explorant une psyché torturée où les traumatismes du passé, les démons intérieurs sont sources d'un délitement dramatique. Une impression de malaise permanent parcourt tout le récit qui à la forme d'un cauchemar : ambiance d'apocalypse avec cette île balayée par des vents et une pluie diluviennes, topographie menaçante avec ses falaises escarpées et ses bâtiments lugubres, visions traumatisantes, silhouettes décharnées et corps suppliciés... Scorsese traduit cette sensation de vertige, anxiogène par une mise en scène nerveuse, inspirée par les films de série B horrifique, ceux de Fuller, d' Hitchcock, convoquant visions d'horreur, hallucinations dangereuses, puissance de suggestion du hors-champ et de l'obscurité.
Bien plus qu'un thriller parano habile avec récit alambiqué, atmosphère crépusculaire, Shutter Island est un drame psychologique intense. La tempête fait rage sur l'île mais aussi sous un crâne. Selon un personnage du film"la violence est un don de Dieu". A la différence de bien des personnages scorsesiens comme Max Cady ou Bill le Boucher qui ont fait de cette violence un moyen d'affirmation de soi, Teddy la subit, en est une victime, un spectateur impuissant (les scènes du passé à Dachau et celles impliquant sa défunte épouse). Leonardo DiCaprio incarne avec intensité ce policier dont l'enquête criminelle va se doubler d'une affaire personnelle qui touche à son passé.
C'est tellement vertigineux, grisant de se perdre dans Shutter Island qu'une nouvelle vision s'impose tant Martin Scorsese a semé de détails à l'image pour voir à nouveau le film selon une nouvelle perspective, injecté de nombreuses références cinématographiques pour le bonheur des cinéphiles et conduit brillament sur un rythme soutenu (moults péripéties, révélations) cette descente aux enfers portée par un DiCaprio impressionnant dans un rôle particulièrement sombre.

Le palmarès de la 35ème cérémonie des Césars

Un prophète (critique ici) de Jacques Audiard est le grand gagnant des César 2010 avec 9 statuettes dont Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et 2 prix, fait inédit, Meilleur Acteur et Meilleur Espoir Masculin pour Tahar Rahim.
Déjà lauréat du Grand Prix du Festival de Cannes et du Prix Louis-Delluc en 2009 l'excellent drame carcéral de Jacques Audiard représentera la France dans la catégorie du meilleur film étranger à la cérémonie des Oscars le 7 mars à Los Angeles.

Isabelle Adjani s'est vue décernée un 5ème César de la Meilleure actrice pour sa prestation fièvreuse, remarquable dans La journée de la jupe.
Pour les récompenses également méritées d'acteurs de second plan, Emmanuelle Devos a obtenu le César de Meilleure actrice pour un second rôle pour le film A l'Origine quand Niels Arestrup a récolté celui de Meilleur acteur pour un second rôle pour Un Prophète.
Le César de Meilleur espoir féminin a été attribué à Mélanie Thierry pour son rôle dans Le Dernier pour la route.
Le César du Meilleur film étranger est allé au superbe Gran Torino de Clint Eastwood.
Enfin au cours de la soirée un César d'honneur a été remis à Harrison Ford par Sigourney Weaver, sa partenaire dans Working girl.

Les autres prix:

- Meilleur premier film: Les Beaux Gosses de Riad Sattouf et Anne-Dominique Toussaint

- Meilleur scénario original: Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit pour Un Prophète

- Meilleure adaptation: Florence Vignon et Stéphane Brizé pour Mademoiselle Chambon

- Meilleur documentaire: L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

- Meilleur court-métrage: C'est gratuit pour les filles de Claire Burger et Marie Amachoukeli

- Meilleurs costumes: Catherine Leterrier pour Coco avant Chanel

- Meilleurs décors: Michel Barthélémy pour Un Prophète

- Meilleur son: Pierre Excoffier, Bruno Tarrière et Sélim Azzazi pour Le Concert

- Meilleure musique écrite pour un film: Armand Amar pour Le Concert

- Meilleur montage: Juliette Welfling pour Un Prophète

- Meilleure photo: Stéphane Fontaine pour Un Prophète

26 févr. 2010

Le 49 ème parallèle / Michael Powell

Le cinéaste britannique Michael Powell, auteur entre autres chefs d'oeuvre de Le voyeur et Les chaussons rouges, est régulièrement cité par Martin Scorsese comme l'une de ses sources d'inspiration.
1940. Un sous-marin allemand qui vient de torpiller un navire marchand anglais arrive dans les eaux territoriales canadiennes. Six de ses hommes, commandés par l'officier nazi Hirt, réussissent à mettre pied sur la côte, quand la Canadian Royal Air Force repère le submersible et le coule...

Saluons pour commencer l'excellent travail éditorial de la Collection Institut Lumière dirigée par le cinéphile Bertrand Tavernier : image restaurée en haute définition, présentation par Martin Scorsese, éclairage de Bertrand Tarvernier ainsi que deux documentaires passionnants sur Michael Powell dont "Souvenirs de Michael" par sa veuve Thelma Schoonmaker, monteuse attitrée de Martin Scorsese qui est à l'origine du travail de restauration de la filmographie de Powell (Colonel Blimp, Les chaussons rouges souvent cité par Scorsese comme un de ses films préférés), livret de 50 pages...un bonheur.

Début des années 40 : Churchill donne d'importants moyens logistiques, matériels et financiers au milieu du cinéma pour doper la fréquentation des salles. Le 49ème parallèle est le parfait exemple de ce que la mobilisation du monde du 7 ème art à l'effort de guerre peut produire de meilleur. Michael Powell et son collaborateur Emeric Pressburger ont en effet tourné ce film pour provoquer l'entrée en guerre des USA.
L'idée de ce 49ème parallèle qui géographiquement séparent USA et Canada s'impose pour Powell à la lecture d'un journal canadien exposant la difficulté du Canada à affronter Hitler. Ainsi Powell explique dans les bonus vouloir "faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux ricains et les faire rentrer en guerre le plus vite".
Ce film à vocation propagandiste adopte une construction narrative et un point de vue audacieux : on suit des nazis, les personnages principaux, dans leur traversée du Canada. Powell parvient à éviter caricature et manichéisme en nuancant le portrait des ennemis, non stigmatisés en bloc. Sont opposées au danger de l'idéologie nazie la fraternité et la générosité des habitants du Canada tels les personnages haut en couleur de Laurence Olivier en réjouissant trappeur français à l'accent impayable et de Leslie Howard en ethnologue amateur d'art indifférent aux bruissements du monde.

Après une entrée directe au coeur de l'action le récit à épisode avance au rythme de ce groupe singulier,
au fil de rencontres inattendues et savoureuses dans des paysages sublimes, entre suspense et pause contemplative, avec lyrisme et inspiration visuelle .

25 févr. 2010

Master class Martin Scorsese - 60 ème festival de Cannes

A l'occasion de la sortie en salles de Shutter Island voici mon compte rendu de la masterclass donnée par Martin Scorsese au 60ème festival de Cannes.

Jeudi 24 mai 2007. Salle Debussy.14h. Dans la salle comble au hasard : miss In the mood for cinema, Quentin Tarantino, l'auteur de ces lignes excité à l'idée de passer 1h30 en compagnie du maître...
Questionné par Michel Ciment, Martin Scorsese commente son oeuvre à partir de 6 extraits tirés de son imposante filmographie.

Diplômé en cinéma de la New York University, Scorsese fait ses premières armes auprès du pape de la série B, Roger Corman qui lui apprend à faire un film en 24 jours. Ses premiers courts (disponibles en dvd) sont influencés par un cinéma européen "pas forcément narratif", italien et français avec la Nouvelle Vague représentée par Truffaut, Godard et Chabrol.

Premier extrait : une scène issue de Mean Streets (1976) montrant Harvey Keitel dans une église, lieu sacré bien sûr rattaché à l'idée de rédemption vers laquelle courent bon nombre de personnages scorsésiens.
Concernant ses acteurs le réalisateur new-yorkais rappelle que le rôle principal a été écrit pour Keitel et que De Niro lui fut présenté par l'intermédiaire de Brian De Palma. Amateur de rupture de rythme et de narration déconstruite il visionne pour préparer son film Jules et Jim, Tirez sur le pianiste et Le mépris, autant de films qui ont réinventé le langage cinématographique. Selon sa volonté de casser le sens temps/espace il n'opte pas pour le traditionel champ/contrechamp et espère installer par sa mise en scène, essentiellement composée de plans moyens, un changement d'atmosphère au fur et à mesure que le dangers se précise autour de ses protagonistes. La voix-off permet ici, comme dans Taxi Driver (1976) notamment, de" rentrer dans l'esprit et le coeur du personnage". Basé sur un rythme musical ("la musique comme moteur pour le mouvement"), le storyboard du récit qui est une habitude depuis l'école du cinéma, est une sécurité pour un tel film à petit budget où il s'inspire de la liberté de la caméra de la Nouvelle Vague, des films de Fellini et des comédies musicales américaines qui révèlent un amour du mouvement bien partagé.

Le second extrait permet à Scorsese de souligner l'importance de De Niro dans sa carrière : alors qu'il souffre de graves problèmes de santé, le futur interprète oscarisé de Jake La Motta lui apporte le projet de Raging Bull (1981) pour le remettre en selle. Scorsese hésite, ne connaissant rien à la boxe. Toutefois subsiste le souvenir d'un combat au Madison Square Garden riche en émotions fortes : du sang sur la corde, le bruit des coups.
La préparation du film s'étale sur deux ans où De Niro collabore activement sur le script et le personnage difficile de La Motta :"comme dans un autre monde, enfermé dans son enfer, il ne mérite pas de vivre et d'être d'aimé". En raison d'une dégradation brutale de la pellicule couleur Scorsese opte pour le noir et blanc, somptueux.
Grandeur et décadence d'un boxeur paranoiaque et autodestructeur à la mise en scène virtuose éclatant lors des combats tournés du point de vue de la personne sur le ring, Raging Bull marque un tournant dans le film de boxe après des oeuvres fortes comme Body and Soul et The Set-up.
Concernant la représentation de la violence, physique comme émotionnelle, au coeur de son oeuvre, Scorsese dit l'envisager de manière sérieuse et personnelle, filmant ce qu'il a vu dans sa jeunesse et parfois à l'âge adulte. Par exemple Les infiltrés (2006), avec un Di Caprio toujours tendu, montre formidablement " la menace de la violence " qui, " omniprésente, peut exploser à tout moment".

After Hours (1985) : après l'échec de La Valse des pantins (1983) Scorsese envisage comme nouveau projet La dernière tentation du Christ. Mais le film est annulé du fait de la préparation dévolue à un tel sujet. Scorsese envisage alors comme un défi de réaliser avec After Hours une " comédie sombre". Le tournage de cette nuit infernale d'un jeune informaticien dans le quartier bohême de Soho à New-York a été difficile mais il en affectionne chaque scène. Pour l'anecdote le personnage du taxi fou est basée sur sa longue expérience de client qui avoue étudier les taxis depuis 50 ans! Sur le plan musical tout style sert de référence : du flamenco au score de Howard Shore pour After Hours, du pop-rock pour Les Infiltrés, de la guitare pour un tango de mort pour les personnages de son grand film hollywoodien Le temps de l'innocence...

Le temps de l'innocence (1993) : Scorsese manie le narratif-objectif, emploie un discours sophistiqué opposé à une ironie cassante dans ce somptueux film en costumes filmé du point de vue de l'homme, un aristocrate partagé entre deux femmes, piégé dans sa propre prison.
Il révèle avoir été frappé par le détachement et l'ironie du personnage d'Archer, interprété par l'immense Daniel Day Lewis, dans le roman d'Edith Warton. Sur l'écran large la sophistication de la mise en scène fait merveille: fermetures au cache en hommage à Lola Montès, fondus exécutés tels des coups de pinceau...
Après avoir souligner le fait que la disgression fait partie de la narration, il évoque la difficulté que représentait Les Infiltrés dans la gestion de la profusion d'évènement et de personnages et l'équilibre entre la disgression et le narratif avant d'ajouter qu'Aviator (2005), un biopic étalé sur plusieurs décennies, n'affiche pas également une narration simple.

Avec Casino (1996) Sorsese a voulu comme dans Les Affranchis (1995) combiner documentaire et fiction. Le personnage de De Niro est basé sur l'homme qui a bâti le casino Stardust: Frank Rosenthal a transformé Las Vegas avant qu'elle explose. Pour Scorsese"le sujet du film est la perte de contrôle, la star un style de vie". Ainsi, faisant un parallèle avec Herman Melville consacrant dans Moby Dick 150 pages à la description de l'anatomie de la baleine, il a voulu accorder à ce nouveau film un aspect documentaire très important. De plus différents styles musicaux se succèdent pendant près de trois heures : formidable compilation comprenant des morceaux aussi hétéroclites que Satisfaction, La passion selon StMathieu en passant par Love is strange, rythme suave sur lequel avance lentement la caméra vers un DeNiro charmé par la vamp Sharon Stone.

Enfin un dernier extrait tiré de Kundun (1998) vient clore cette master class de luxe mais trop courte pour l'ensemble de l'assistance subjuguée. Pour ce film filmé du point de vue d'un enfant, le futur Dalaï Lama 14ème du nom, Scorsese a mis à mal la narration occidentale : " le primat n'a pas été donné au personnage en action mais aux costumes, aux couleurs". Il ajoute que "les scènes ne sont pas juxtaposées selon l'ordre du scénario mais selon les couleurs, les textures, les costumes".
A travers l'histoire de la 14ème réincarnation du Boudha de la compassion, de son plus jeune âge à l'invasion du Tibet par l'armée de Mao jusqu'à son exil en Inde en 1959, Scorsese a voulu traiter de la spiritualité des gens modernes, un grand sujet au coeur de sa filmographie, cohérente, insaisissable, passionnante.

24 févr. 2010

Cape Fear / J.L Thompson & Martin Scorsese


Max Cady vient de passer huit ans en prison pour agression sexuelle. Il retourne dans la ville où il compte retrouver le témoin de son forfait qu'il tient pour seul responsable de sa condamnation : l'avocat Sam Bowden. Tranquillement, Max Cady l'avertit qu'il est venu pour se venger, que son châtiment sera terrible et qu'il n'epargnera ni sa femme ni sa fille...

Petite analyse comparée entre Cape fear, l'original de J.L Thompson et son remake réalisé par Martin Scorsese


Tiré d'un roman de John D. MacDonald, The Executioners, paru en 1959 aux Etats-Unis et traduit en 1963 en France sous le titre Un monstre à abattre, Cape Fear réalisé par Jack Lee Thompson (Les canons de Navarone) en 1961 est un thriller tendu et haletant opposant dans un bras de fer psychologique redoutable un repris de justice et un brillant avocat qu'il tient pour responsable de son destin contrarié.
Afin de livrer un modèle du genre Thompson s'est entouré des collaborateurs d'Hitchcock, en premier lieu le compositeur Bernard Hermann. Dans un sublime N&B le montage joue sur la suggestion avec un excellent travail sur le son (menacants bruits de pas lors d'une poursuite) et l'image (beau travail sur les ombres) et confère au suspense un rythme excellent. Thompson a parfaitement retenu la leçon du maitre Hitckcok à savoir que le public doit en savoir plus que le personnage à l'écran. La tension dramatique autour du duel Peck/Mitchum va crescendo jusqu'à une explosion de violence que le réalisateur a eu du mal à imposer à l'écran, censure oblige.

Dans son remake de 1992 Martin Scorsese est allé beaucoup plus loin dans la représentation de la tension sexuelle entre Cady et sa proie, la fille de Boxden ainsi que dans la violence physique incarné avec emphase par Robert De Niro. Ange de l'apocalypse tatoué citant les évangiles son Cady est un prédateur sexuel brutal et sauvage (amorce de cannibalisme) assez grand-guignolesque loin du jeu intense de Mitchum. Scorsese clôt son adaptation trop maniériste par un incroyable déluge diluvien dont Thompson se révèle jaloux dans le making-of du dvd!

23 févr. 2010

Taxi driver / Martin Scorsese

Avant de collaborer une quatrième fois avec Leonardo DiCaprio sur Shutter Island, Martin Scorsese avait trouvé en Robert De Niro un alter-égo de génie qui s'est exprimé dans 8 films remarquables dont Taxi Driver, sans doute l'un de leur meilleur film en commun récompensé par une Palme d'Or.

Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.


Palme d'or au festival de Cannes 1976, Taxi Driver, le chef d'oeuvre de Martin Scorsese, est disponible en dvd dans une édition collector présentant outre de nombreux suppléments une copie restaurée de belle facture.

D'après un script de Paul Schrader donné par son ami Brian De Palma, Taxi Driver est la seconde collaboration après Mean Streets entre les new-yorkais Martin Scorsese et Robert De Niro. Scorsese avait tourné auparavant un film indépendant avec Harvey Keitel, Who's knocking at my door (1967), un bide commercial, un film d'exploitation Boxar Bertha (1973) et surtout Mean Streets (1976) dont la vision d'un bout à bout a enthousiasmé le couple de producteur Philips au point de produire le prochain Scorsese.

Même si le projet s'inscrit dans une période de renouveau du paysage cinématographique américain avec l'éclosion de jeunes cinéastes comme Coppola, Lucas, Spielberg, Friedkin soucieux de rénover les genres, le sujet est délicat pour un studio et le potentiel commercial du film quasi nul. Le film assez noir, l'étude d'un homme malade, anonyme, est empreint d'une violence étouffante et explosive. Enfermé dans l'engrenage de la solitude, un moyen de défense contre un environnement hostile et dangereux, Travis déambule en noctambule au volant de son taxi dans les rues de N-Y à la recherche d'une rédemption (thème récurrent de la filmo scorsesienne) qu'il trouvera en sauvant une jeune prostituée (Jodie Foster) de sa condition.

De Niro, tendu comme un arc, est d'une intensité incroyable dans ce rôle d'écorché vif, un étranger déçu de la société. Sa performance est inoubliable, à l'image de ses futures collaborations avec Scorsese.

Le script de Schrader brille par sa précision dans le rendu des pensées, de la psychologie de Travis notamment par l'utilisation de la voix-off. Shrader décrit, dans les bonus du dvd, le personnage de Travis comme "un type dans un cercueil en métal, flottant sur les égoûts, une espèce de Nosferatu, dans les rues de N-Y. Quelqu'un qui semble entouré par les gens mais qui est totalement seul". Le scénariste a d'ailleurs relu L'étranger de Camus et La nausée de Jean-Paul Sartre pour se mettre dans la peau du personnage. Pickpocket de Robert Bresson, The Searchers de John Ford, le récit d'une poursuite obsessionnelle par un héros psychotique et monomaniaque, tout comme bon nombre de films noirs réalisés entre 1945 et 1955 (Double indemnity, Kiss me deadly) ont constitué des sources d'inspiration pour l'écriture de ce film qui fait le lien entre le film noir et le cinéma européen.

Pour Scorsese le défi visuel était de percevoir tout du point de vue de Travis pour mieux l'isoler et mettre le spectateur à sa place. Même si le personnage n'est pas particulièrement sympathique de prime abord on le suit tout au long de son calvaire et on s'y intéresse tant la plongée dans l'esprit de cet homme souffrant relève de la condition humaine.
Parmi ses influences le cinéphile Scorsese, auteur d'un passionnant Voyage à travers le cinéma américain sur support livre et dvd (édition Les cahiers du cinéma), cite Godard pour sa liberté de filmer, Fassbinder (The Merchant of 4 seasons) "à la mise en scène sincère", Francesco Rossi (Salvatore Giuliano) ainsi qu'Alfred Hitchcock (The Wrong man) loué pour l'efficacité de ses mouvements de caméra dans la traduction de sensations comme la culpabilité ou la paranoia justement au coeur de Taxi Driver.
En exergue de cet immense film à posséder dans toute dvdthèque qui se respecte, une citation de Thomas Wolfe issu de Le solitaire de Dieu :
"Je suis maintenant convaincu que la solitude, loin d'être un phénomène rare ou étrange, est le fait central et inévitable de l'existence humaine".

22 févr. 2010

The Departed (Les infiltrés) / Martin Scorsese

Histoires parallèles dans le monde du crime : un capitaine de police tente de mettre à jour l'identité d'un inspecteur ripoux travaillant pour un baron de la drogue au sein de son service, alors que le criminel essaye de découvrir qui est l'informateur dissimulé parmi ses hommes...

Alors que son dernier opus, Shutter Island, sera sur les écrans français mercredi prochain (critique à suivre), semaine spéciale Martin Scorsese sur Boulevard du cinéma avec pour débuter les festivités un retour sur sa précédente collaboration avec Leonardo DiCaprio dans le superbe Les infiltrés récompensé par 2 Oscars, Meilleur film et Meilleur Réalisateur pour Mr Scorsese.

Sorti en 2004 le polar hongkongais Infernal affairs, réalisé par Andrew Lau & Alan Mak, s’est vite imposé par son scénario retors (un flic infiltré dans la mafia et un malfrat intégré dans la police tentent de démasquer la taupe dans chacun de leur camp) et l’élégance de sa mise en scène comme un film culte dans la communauté des cinéphiles.

Avec un casting quatre étoiles (Nicholson, Di Caprio, Damon + Martin Sheen, Alec Baldwin, Mark Walhberg dans rôles de second plan) le talenteux Martin Scorsese (Taxi Driver, Raging Bull, Aviator) a-t-il réussi son remake voire surpassé l’original dans ce Departed très attendu?

La maestria de la mise en scène et l’interprétation haut de gamme impressionnent fortement dès les premières minutes. Un liminaire travelling avant s’enfonce dans un bar : sur Gimme Shelter des Stones est orchestrée avec virtuosité et jubilation la rencontre du personnage-enfant de Damon et du parrain de la pègre de Boston joué par un Nicholson méphistophélique. Puis un montage parallèle suit en de courtes scènes le parcours des élèves policiers Damon et Di Caprio jusqu’à leur affectation. Cette énergique intro de 20 mn présente avec clarté et efficacité les personnages et les enjeux du récit : un flic infiltré dans la mafia de Boston et son double maléfique, un malfrat infiltré chez les flics, vont s’affronter dans un violent jeu du chat et de la souris. Par la suite la mise en scène scorsesienne n’aura de cesse de transcender ce sujet sur un état undercover traité dans l’original avec moins d’urgence et de tension violente. La caméra est toujours en mouvement, le montage nerveux nous transporte subitement d’une scène à une autre. Infernal Affairs séduisait par son esthétique léchée mais souffrait d’un rythme indolent et d’une interprétation inégale (seul Tony Leung tirait comme d’habitude son épingle du jeu).

Force est de constater que Martin Scorsese, un des derniers géants du cinéma américain avec Spielberg et Eastwood, s’est complètement approprié cette formidable histoire policière pour en faire un magistral opéra de violence digne des Affranchis ou de Casino. Cinéaste de la violence urbaine et des tourments de l’âme, il développe ici de bien belle manière ses thèmes de prédilection : peinture du milieu mafieux, sacrifice, trahison, mensonge. La relation entre Di Caprio, excellent en flic torturé en proie à des pulsions violentes, Damon, perfide et roublard en taupe mafieuse et leur mentor Nicholson, parrain épicurien diaboliquement fêlé, est passionnante car tragique. Les scènes entre Nicholson et Di Caprio sont excellentes: une tension insoutenable, un danger permanent irriguent les face à face entre l'imprévisible parrain et sa jeune recrue qui doit maintenir l'illusion d'être un gangster. Le personnage torturé et tragique de DiCaprio dit toute la difficulté psychologique et physique de porter un masque dans un univers violent où le moindre erreur est fatale. Scorsese a inscrit dans le récit un autre triangle, amoureux, moins convaincant, entre les deux flics et une jeune psychologue. La psychologie des personnages, leurs conflits intérieurs et leurs ambitions de même que leurs relations familiales et amoureuses sont plus approfondis dans The Departed qui dure 1h de plus que l’original.

Outre le jeu intense et fiévreux du trio masculin la réalisation est donc un argument de choc pour témoigner de la supériorité de la version scorsesienne sur l’original. A ce titre le réalisateur new-yorkais tire la scène de la filature vers des sommets de mise en scène expressionniste digne de la poursuite de La dame de Shangaï, monstrueux film d’un génie de la mise en scène dont le cinéphile Scorsese s'est imposé, au gré d'une filmographie exemplaire, comme un digne héritier.

19 févr. 2010

James Cameron parle de la sortie vidéo d'Avatar, de sa suite et des Oscars

James Cameron vient de révéler au Wall Street Journal que Twentieth Century Fox Home Entertainment sortirait une version dvd collector d'Avatar ainsi qu'une version 3-D Blu-Ray probablement en Novembre.
Les versions standard DVD et BD sont prévues le 22 Avril aux USA et le 1er Juin en France.
Cameron a ajouté vouloir faire une suite à Avatar mais "moins chère et tournée plus rapidement". Cette suite sera axée sur'' le développement des mêmes personnages et l'élargissement de cet univers". En effet il a déclaré"avoir des idées sur la manière d'étendre l'histoire aux autres lunes de Polyphemus et du système solaire d'Alpha du Centaure A". Polyphemus, qui est la planète principale d'un système de lunes, est la planète vue dans le ciel de Pandora.
De plus dans une interview donnée à Charlie Rose, le réalisateur de Titanic explique qu'il souhaiterait pour récompenser le travail de son équipe un Oscar du Meilleur film pour Avatar mais qu'il n'est pas intéressé par celui du Meilleur Réalisateur qu'il voudrait pour son ex-épouse
Kathryn Bigelow pour The Hurt Locker (Démineurs). Déjà récompensé par 2 Oscars Cameron serait "très ravi"si les votants de l'Académie, institution qu'il respecte comme l'accomplissement pour sa profession, ne votaient pas pour lui.

18 févr. 2010

Tora!Tora!Tora! / Richard Fleischer

Matin du 7 décembre 1941. La base navale américaine de Pearl Habor, dans le Pacifique, s'éveille à peine. Les chasseurs de l'armée japonaise sont, eux, déjà en route pour ce qui restera dans l'Histoire comme l'une des attaques les plus meurtrières jamais commises contre les Etats-Unis.

Le 7 Décembre 1941, la fierté américaine en prit un coup terrible avec la destruction de la base de Pearl Harbor par l'armée japonaise.
Tora! Tora! Tora! de Richard Fleischer (Les vikings, Soleil vert) est la reconstitution saisissante de cet évènement dramatique : 2403 soldats périrent et les pertes navales furent plus nombreuses en un jour qu'au cours de la 1ère guerre.
Très documenté le film est constamment dans le respect des faits et des acteurs de ce jour d'infamie. Cette recherche documentaire va de pair avec un casting excluant les stars, à l'inverse du Jour le plus long, autre production Zanuck, et un récit faisant grande place à la tactique militaire, au jeu politique avant de se consacrer au spectaculaire de l'attaque en question dans les dernières 45 mn. L'accent est mis sur les différences culturelles et les comportements militaires des américains et des japonais . En effet la préparation de l'attaque comme la description d'une armée américaine trop sûre de sa toute puissance occupe les 2/3 d'un métrage se terminant par une tragédie nonobstant cette phrase terrible prononcé par un général japonais "J'ai peur que nous n'ayons réveillé un géant endormi et que sa réaction doit terrible".
Trente avant le Pearl Harbor de Michael Bay plombé par une surenchère dans l'émotion et les artifices visuels, Tora! Tora! Tora! propose un mélange convaincant de miniatures, décors naturels et effets pyrotechniques pour reconstituer le chaos généré par l'attaque surprise des japonais (inspirés pour leur offensive par l'attaque britannique sur la base navale italienne de Tarante en nov 40).
Un tiède accueil critique et public fut réservé au film aux USA qui connut un gros succès au Japon.
Récompensé par l'Oscar des meilleurs effets visuels, ce film de guerre réalisé par Richard Fleischer, secondé pour les scènes japonaises par Toshio Masuda et Kinji Fukusaku après l'abandon pour maladie d'Akira Kurosawa, est considéré comme un des premiers docudrames. Mélangant de manière convaincante exigence documentaire et drame guerrier, Tora! Tora! Tora! demeure un des meilleurs films sur la guerre du Pacifique.

Test Blu-ray

Technique
Un beau travail de restauration : piqué de l'image, éclat des couleurs, belle définition et un léger grain cinéma pour ce classique du film de guerre qui se voit offrir une belle édition HD FPE. La piste DTS-HD Master Audio 5.1 Anglaise / Japonaise, harmonieuse et dynamique, l'emporte sur le mixage DTS 5.1 mi débit français moins fin. Appréciable immersion du spectateur lors de l'attaque sur Pearl Harbor.

Bonus
Est proposée sur le disque la version japonaise plus longue d’une dizaine de minutes, pour la plupart des scènes de discussion.
Commentaire audio (VOST) de Richard Fleischer et de Stuart Galbraith IV : trop délayé et sporadique au regard de la durée du métrage.
Documentaire : Jour d'infamie (20mn02 - vost) : une leçon d'Histoire synthétique sur cet évènement et la réaction des américains par des historiens reconnus.
L'histoire et Hollywood : Tora ! Tora ! Tora ! Un géant s'éveille (1h30mn - vost) : un document fleuve, passionnant, sur la genèse du projet, le tournage, la réception par le public, etc, agrémenté d'images d'époques, de nombreuses interviews (historiens, producteurs, réalisateurs). Pour tout savoir sur cet évènement dramatique et l'adaptation cinématographique qui n'a pas été sans problèmes logistiques (réunir les avions nécessaires en particulier les " Zero " japonais) ou humains (remplacement d'Akira Kurosawa chargé des scènes japonaises) c'est ici.
AMC Backstory (22mn06 - vost) : un module plus promotionnel que les précédents reprenant bon nombre d'informations des documentaires précédents en se focalisant sur le spectaculaire de la reconstitution et les problèmes de budget.
Cette édition se termine avec deux galeries de photos (production et tournage) et la bande annonce du film.

8 févr. 2010

I love you Phillip Morris / Glen Ficcarra & John Requa

L'histoire vraie d'un ex-flic, ex-mari, ex-arnaqueur aux assurances, ex-prisonnier modèle et éternel amant du codétenu Philip Morris. Steven Russell est prêt à tout pour ne jamais être séparé de l'homme de sa vie. Ce qui implique notamment de ne pas moisir en prison...
Jusqu'où peut-on aller par amour ? Très loin si l'on en croit l'histoire incroyable de Steven Russell, un génie de l'évasion rattrapé par son romantisme.

En mai dernier, à la Quinzaine des réalisateurs, les 2 stars étaient Francis Ford Coppola et Jim Carrey pour lesquels les spectateurs cannois se pressaient dans les salles.
Jouant sur un argument marketing efficace, voir deux grands comédiens Jim Carrey et Ewan McGregor dans une histoire d'amour d'après une histoire vraie, I love you Phillip Morris fit à chaque projection salle comble et repartit de Cannes avec un distributeur américain grâce au producteur délégué Luc Besson. En effet effrayés par le contenu potentiellement sulfureux de ce film nombre de distributeurs américains refusèrent de sortir cette petite comédie qui loin d'être un objet subversif ou scandaleux se joue en fait avec malice du politiquement correct. Comme pour le scénario de Bad Santa produit par les Coen les réalisateurs de I love you détournent une figure iconique ou cinématographique célèbre (le père noël, le prisonnier endurci) du droit chemin.
La première demi-heure centrée sur le coming out de Steven (Carrey) et sa rencontre avec le Phillip Morris du titre (McGregor) dans une prison est franchement réussie; l'univers carcéral vu comme un lieu de rencontre très gai est source des meilleurs moments comiques du récit!Mais par la suite le film oscille entre comédie romantique et récit d'arnaque sans trouver ni le bon rythme ni des idées originales en terme de narration ou de mise en scène pour relever cette histoire d'amour fou qui laisse trop de côté le personnage de Phillip Morris. Dommage car les deux comédiens sont formidables : Ewan McGregor en faux naïf et Jim Carrey en néo-gay romantique forment un duo surprenant.

(Sortie le 10 février)

7 févr. 2010

Un nouveau trailer pour Robin Hood

Un nouveau trailer du Robin Hood de Ridley Scott vient d'être diffusé ce week-end lors du Super Bowl aux Etats-Unis.
Voici de nouvelles images épiques du nouveau film du réalisateur de Gladiator qui souhaiterait convertir son Robin Hood en 3D pour sa sortie en salles, en France le 19 mai prochain.

6 févr. 2010

M*A*S*H en blu-ray

De jeunes chirurgiens antimilitaristes aimant l'alcool et les femmes se retrouvent en pleine guerre de Corée à l'hôpital militaire mobile où ils sèment la pagaille.

La comédie satirique de Robert Altman M*A*S*H (1970) couronnée par une Palme d'or et un Oscar du scénario débarque en blu-ray chez FPE pour notre plus grand plaisir.
Jouant sur les clichés du film de guerre et du soap medical, M*A*S*H aligne les séquences de gags cultes (la parodie de la Cène, le match de football) avec une bonne dose de cynisme et de provocation. Altman prend le parti de ne montrer aucun plan du front mais le quotidien d'un hôpital de campagne où officient des chirurgiens obsédés par le sexe, le golf et dotés d'un certain " je m'en foutisme" provocateur. Cet état d'esprit se traduit par une réalisation qui malmène la hiérarchie des plans (d'un plan à l'autre on peut être brusquement transporté vers un autre lieu dont on ignore la topographie) ou s'affranchit de la continuité narrative en faisant se croiser des scènes et des dialogues ne raccordant pas ensemble.
Interprétés par des comédiens s'en donnant manifestement à coeur joie comme Donald Sutherland ou Eliott Gould ce joyeux bordel filmé par un Altman au style très libre est toujours, 40 ans après, aussi caustique et corrosif.

Test blu-ray

Technique

L'apport HD n'est pas vraiment notable : si les plans extérieurs ont un bon rendu les scènes d'intérieur affichent une définition moyenne avec de petits problèmes de netteté et de fourmillements. Au niveau sonore le rapport indique un calme et une frontalité avec une VO légèrement au dessus.
Mais compte tenu de l'âge du film et de son petit budget, la copie satisfera les fans du film désireux de s'offrir une nouvelle édition et tous ceux qui découvriront cette excellente comédie élue 56ème meilleur film américain de l'histoire du septième art selon l'American Film Institute.

Bonus
Concernant les bonus inédits cette édition HD propose "Le guide interactif complet de M*A*S*H" soit un guide amusant développant l'identité des personnages à l'écran durant le film. Les autres suppléments sont une reprise de l'édition collector 2 DVD à savoir des documentaires très intéressants sur l'histoire de cette production iconoclaste, des interviews des vrais militaires ayant appartenu à l'unité Mash ou bien encore les retrouvailles de l'équipe 30 ans après :
- Commentaire audio du réalisateur Robert Altman
- A propos de M*A*S*H
- L’histoire de M*A*S*H
- L’histoire à travers la caméra
- Réunion
- Bandes-annonces

3 févr. 2010

Les nominations pour les Oscars 2010

Découvrez les nominés dans les principales catégories un mois avant les prochains Oscars :
l'incontournable Avatar de James Cameron et le palpitant Démineurs (le 24/02 en dvd & blu-ray) de Kathryn Bigelow obtiennent 9 nominations chacun devant Inglorious Basterds de Quentin Tarantino cité 8 fois.
Pour la première fois la catégorie Meilleur film comporte 10 nominés où l'on trouve des films aussi différents que Precious, District 9 ou bien Là-haut.
Dans la catégorie Meilleur film étranger Un prophète représente la France.
La 82ème cérémonie des Oscars présentée par Steve Martin et Alec Baldwin aura lieu le 7 mars prochain.


Meilleur film

- Avatar de James Cameron
- The Blind Side de John Lee Hancock
- District 9 de Neill Blompkamp
- Une éducation de Lone Scherfig
- Démineurs de Kathryn Bigelow
- Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
- Precious Lee Daniels
- Là-haut de Pete Docter
- In the Air de Jason Reitman

Meilleur réalisateur

- James Cameron (Avatar)
- Kathryn Bigelow (Démineurs)
- Quentin Tarantino (Inglourious Basterds)
- Jason Reitman (In the Air)
- Lee Daniels (Precious)

Meilleure actrice

- Sandra Bullock (The Blind Side)
- Meryl Streep (Julie et Julia)
- Helen Mirren (The Last Station)
- Carey Mulligan (Une éducation)
- Gabourey Sidibe (Precious)

Meilleur acteur

- Jeff Bridges (Crazy Heart)
- George Clooney (In the Air)
- Colin Firth (A Single Man)
- Morgan Freeman (Invictus)
- Jeremy Renner (Démineurs)

Meilleure actrice dans un second rôle

- Penelope Cruz (Nine)
- Mo'Nique (Precious)
- Anna Kendrick (In the Air)
- Vera Farmiga (In the Air)
- Maggie Gyllenhaal (Crazy Heart)

Meilleur acteur dans un second rôle

- Matt Damon (Invictus)
- Christoph Waltz (Inglourious Basterds)
- Woody Harrelson (The Messenger)
- Christopher Plummer (The Last Station)
- Stanley Tucci (Lovely Bones)

Meilleur film en langue étrangère

- Un prophète de Jacques Audiard (France)
- Le Ruban blanc de Michael Haneke (Allemagne)
- El secreto de sus ojos de Juan José Campanella (Argentine)
- Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani (Israël)
- Fausta de Claudia Llosa

Meilleur film d'animation

- Coraline de Henry Selick
- Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
- La princesse et la grenouille de John Musker et Ron Clements
- Le secret de Kells de Tomm Moore
- Là-haut de Pete Docter

Meilleur scénario original

- Démineurs
- Inglourious Basterds
- The Messenger
- A Serious Man
- Là-haut

Meilleure adaptation

- District 9
- Une education
- In the Loop
- Precious
- In the Air

Meilleure direction artistique

- Avatar
- L'Imaginarium du docteur Parnassus
- Nine
- Sherlock Holmes
- The Young Victoria

Meilleur photo

- Avatar
- Harry Potter et le prince de sang-mêlé
- Démineurs
- Inglourious Basterds
- Le Ruban blanc

Meilleurs costumes

- Bright Star
- Coco avant Chanel
- L'Imaginarium du docteur Parnassus
- Nine
- Victori, les jeunes années d'une reine

Meilleur documentaire

- Burma VJ
- The Cove
- Food, Inc.
-The Most Dangerous Man in America: Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers
- Which Way Home

Meilleur montage

-Avatar
- District 9
- Démineurs
- Inglourious Basterds
- Precious

Meilleur maquillage

- Il Divo
- Star Trek
- Victoria, les jeunes années d'une reine

Meilleure musique composée pour un film

- Avatar par James Horner
- Fantastic Mr. Fox par Alexandre Desplat
- Démineurs par Marco Beltrami and Buck Sanders
- Sherlock Holmes par Hans Zimmer
- Là-haut par Michael Giacchino

Meilleure chanson composée pour un film

- Almost There (La princesse et la grenouille)
- Down in New Orleans (La princesse et la grenouille)
- Loin de Paname (Paris 36)
- Take It All (Nine)
- The Weary Kind (Theme from Crazy Heart) (Crazy Heart)

Meilleur son

- Avatar
- Démineurs
- Inglourious Basterds
- Star Trek
- Là-haut

Meilleur mixage

- Avatar
- Démineurs
-Inglourious Basterds
- Star Trek
- Transformers 2


Meilleurs effets spéciaux
- Avatar
- District 9
- Star Trek

1 févr. 2010

Encore plus de Tarantino en HD

Quentin Tarantino est à l'honneur chez Metropolitan qui vient d'éditer pour la première fois en blu-ray son premier film de réalisateur Reservoir Dogs (1992) et True Romance (1993) qu'il a scénarisé pour Tony Scott.

Ces éditions HD reprennent les suppléments des éditions DVD collectors à savoir pour le polar viril de Tarantino avec Harvey Keitel, Tim Roth et Michael Madsen :
Commentaire audio de Quentin Tarantino, Lawrence Bender, des acteurs et de l'équipe de production (VOST)
Commentaires audio de 3 critiques de cinéma (VOST)
Scènes coupées - dont celle de l'oreille (12'30", VOST)
L'envers du décor
Autour du film
Le Festival de Sundance 1992
Une introduction au "film noir"

Les bonus de True Romance, une version MTV très rock'n roll de Bonnie et Clyde peuplée de personnages secondaires hallucinants comme Tarantino sait si bien les croquer :
3 commentaires audio (VOST) : - Tony Scott - Quentin Tarantino - Christian Slater et Patricia Arquette
Du scénario au tournage : avec les interviews de Roger Avary, Samuel Hadida et Tony Scott (38' - VOST)
Les scènes coupées (35' - VOST)
La fin alternative (VOST)
Les coulisses du tournage (24' - VOST)
Interviews des acteurs (20' - VOST)
Les influences de Quentin Tarantino (9' - VOST)

District 9 en blu-ray

L'excellent film de SF de Neill Blomkamp District 9 produit par Peter Jackson est disponible depuis le 20 janvier en DVD & Blu-ray chez Metropolitan.
Les suppléments de l'édition HD sont les suivants :
Commentaire audio du réalisateur Neill Blomkamp
"The Alien Agenda" : journal d'un réalisateur (33' - VOST)
Scènes coupées (26' - VOST)
Reportage sur le design et la conception des aliens (HD - 24' - VOST)

Ma critique du film est à lire ICI