30 avr. 2010

Iron Man 2 / Jon Favreau

Le monde sait désormais que l'inventeur milliardaire Tony Stark et le super-héros Iron Man ne font qu'un. Malgré la pression du gouvernement, de la presse et du public pour qu'il partage sa technologie avec l'armée, Tony n'est pas disposé à divulguer les secrets de son armure, redoutant que l'information atterrisse dans de mauvaises mains. Avec Pepper Potts et James "Rhodey" Rhodes à ses côtés, Tony va forger de nouvelles alliances et affronter de nouvelles forces toutes-puissantes...

Très bonne surprise sortie il y a 2 ans, le premier
Iron Man imposait Robert Downey Jr. en star à la coolitude irrésistible. Revoilà Tony Stark/Iron Man fanfaronnant d'avoir privatisé la paix dans le monde. Qui dit sequel dit plus gros budget, plus de décors, plus de méchants.
Paradoxalement, si 3 nouveaux personnages ont été intégrés à la franchise, ce nouvel opus est centré sur le personnage de Tony Stark, ses problèmes de santé, de coeur, d'égo, au détriment parfois du rythme, toujours des personnages secondaires. Si Sam Rockwell, excellent acteur qu'on avait découvert dans la première réalisation de George Clooney Confessions d'un homme dangereux et que l'on verra bientôt dans le surprenant Moon, tire son épingle du jeu en dandy fourbe (adepte de costumes 3 pièces et d'auto-bronzant!), Mickey Rourke n'est réduit qu'à une mine patibulaire (en gros 2 lignes de dialogue et un personnage de physicien russe aux motivations obscures; fallait oser Rourke en scientifique tatoué passionné de perroquets) et Scarlett Johansson à un corps splendide moulé dans du lycra (son personnage fera prochainement l'objet d'un spin-off). Le film compense la faiblesse de ses enjeux dramatiques par un côté sexy et nonchalant qui peut faire illusion pendant 2h si le spectateur est fan du comics ou dans de bonnes dispositions mais devra être accompagné d'un scénario plus solide dans le prochain volet.
Mise en place laborieuse, deux scènes d'action certes spectaculaires avec les magiciens d'ILM aux manettes mais tournant vite court quant au mano à mano opposant Iron Man à sa nemesis Whiplash, personnages secondaires inaboutis, Iron Man 2 bénéficie heureusement du charisme et du bagout de Robert Downey Jr., aussi à l'aise dans la forfanterie que dans la mélancolie, la raison d'être, le coeur de cette franchise dont on se prend à attendre la suite.

p.s : les fans de Marvel seront contents d'avoir attendu la fin du dernier générique
!

Minority Report à voir en blu-ray

L'excellent film d'anticipation de Steven Spielberg, Minority Report, d'après une nouvelle de Philip K.Dick est désormais disponible en Blu-Ray chez FPE.

Troisième film du réalisateur de génie à sortir sur ce support après Rencontres du 3ème type et Indiana Jones et le crâne de cristal, Minority Report a bénéficié d'un soin tout particulier pour cette première édition HD. Supervisé par Spielberg lui même, le master a été entièrement remastérisé en résolution numérique 4K (4096x2160 pixels) à partir du négatif original puis a été retravaillé plan par plan sur les couleurs et le grain de l'image avant d'être encodé en MPEG4/AVC. La partie sonore n'est pas en reste avec une piste anglaise encodée en 5.1 DTS-HD master audio.

Rayon bonus le disque propose pas moins de 3h de suppléments dont 1h30 d'inédits. Enfin cette édition combo propose également le DVD du film à emporter partout.

26 avr. 2010

Les 3 Royaumes version longue / John Woo

En 208 après J.-C., l'empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux. L'ambitieux Premier ministre Cao Cao rêve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du sud-ouest dirigé par l'oncle de l'empereur, Liu Bei. Liu Bei dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir ses forces aux siennes. A Wu, Zhuge Liang rencontre le vice-roi Zhou Yu. Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent un pacte d'alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 soldats et 2 000 bateaux pour les écraser. L'armée campe dans la Forêt du Corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtze qui borde la Falaise Rouge où sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité logistique de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire... Dans un déluge de puissance et de génie tactique, la bataille de la Falaise Rouge va rester comme la plus célèbre de l'Histoire et changer le destin de la Chine pour toujours.

Classique de la littérature chinoise, Les 3 Royaumes est un poème épique se déployant sur 3000 pages dûes à Luo Ghuangzong, écrivain ayant vécu sous la dynastie Ming (XIVes). Il aura fallu tout le talent et le savoir-faire de John Woo qui revient après des années d'exil en demi-teinte à Hollywood sur ses terres pour porter à l'écran ce roman réputé inadaptable, équivalent chinois de L'Odyssée ou de L'Iliade.

Dans son film John Woo s'est focalisé sur un des évènements majeurs de cette oeuvre littéraire : la bataille de la falaise rouge (Red Cliff). Point d'orgue de ce projet épique démesuré, cette bataille sur terre et sur eau qui vit s'opposer l'armée impériale de Cao Cao (plus d'1M d'hommes) et les troupes associées de Liu Bei et Sun Quan (100000 hommes) occupe pas moins de la moitié de ce long métrage dans sa version longue : des préparatifs avec moults détails passionnants sur les stratégies militaires au clash brutal des deux armées s'affrontant à bords de navires ou à terre.
Sorti en Occident dans une version courte de 2h30, Les 3 Royaumes fut exploité en Chine en 2 parties de 2h20 chacune. Cette version intégrale permet d'approfondir les caractères des nombreux acteurs de ce récit guerrier, notamment de développer les 2 personnages féminins (un traitement faible en général chez Woo) qui sont en fait des pièces centrales de la partie qui se joue entre les hommes. Plus foisonnante, plus ample, cette version donne également la part belle au romanesque, avec quelques touches d'humour, pour contrebalancer le chaos et la violence des affrontements filmés avec la virtuosité habituelle de Woo qui orchestrent d'imposantes scènes d'action avec toujours un souci de fluidité et de lisibilité pour le spectateur. La mise en scène propose plans larges, plans serrés, travellings rapides, ralentis dans ces séquences épiques qui exaltent la force, la bravoure, la stratégie militaire des combattants qui savent aussi bien utiliser les éléments que le sabre.

Depuis Ran de Kurosawa on n'avait pas un tel mélange réussi de combats virtuoses, de poésie romantique, de beauté plastique. Les 3 royaumes tient à fois de l'art de la guerre, de la chanson de geste, du poème romantique. L'épopée flamboyante, royale de John Woo est à voir absolument dans sa version intégrale de 4h30.

Test DVD

Tiré d'un master haute définition la copie DVD propose une définition, des couleurs, une compression de haute tenue. Le support s'en tire très bien nonobstant un manque de détails dans les plans larges impliquant des milliers de figurants et les ambiances à problèmes (fumée, obscurité). Les limites techniques de l'image DVD, comparativement à une édition HD plus précise en terme de détails et de contours, apparaissent dans ce type de plan. Mais cette édition SD emporte l'adhésion avec ces contraste vifs et ses images somptueuses.

Les VO et VF en Dolby Digital 5.1 (448 Kbps) s'en donnent à coeur joie sur toutes les voies.

Dans les bonus constitués uniquement d'interviews nous retrouvons John Woo a 3 reprises pour parler en toute sincérité et décontraction de son admiration pour les grandes épopées comme Gladiator ou Ben-Hur, de son bonheur de retrouver la Chine et des équipes passionnées par ce projet monumental qu'il rêve de porter à l'écran depuis 20 ans, de son plaisir de faire découvrir sa culture aux Occidentaux à travers cet hommage à Kurosawa qui exalte des valeurs comme l'amitié, le courage et l'amour. Il évoque également les différents montages du film (3 monteurs, 1 Chinois, 1 Américain et 1 Hong-Kongais ont travaillé sur le film) dont la version raccourcie dont il est satisfait, où il a supprimé certains personnages et essayé de simplifier l'histoire et de la recentrer davantage. Mais il précise que "c'est la même histoire".
D'autres interviews de l'équipe sont proposées dans cette édition 3 disques (2 DVD consacrés uniquement au film, 1 DVD de bonus) Metropolitan HK Vidéo dotée d'un packaging luxueux avec fourreau cartonné, 2 livrets de 24 pages et disques à l'effigie des duellistes.

25 avr. 2010

Blindés / Nimrod Antal

Après la mort de ses parents, Ty rentre d'Irak où il était soldat pour s'occuper de son petit frère. Pour faire face aux factures, il accepte de travailler comme convoyeur de fonds pour la société qui employait son père.
Au dernier jour de sa période d'essai, Ty se voit proposer par Cochrane, son chef d'équipe, de voler les 42 millions de dollars qu'ils doivent bientôt transporter. Le plan est aussi simple que génial : pas d'armes, pas de victimes, pas de violence, et aucune preuve... Toute l'équipe est dans le coup. D'abord réticent, Ty finit par accepter.
Le jour J, le plan se déroule sans accrocs, jusqu'à ce qu'un imprévu fasse tout déraper...

L'univers des convoyeurs de fonds par le danger permanent qu'il implique est en soi cinématographiquement intéressant. En 2003, Nicolas Boukhrief en avait fait le cadre de son meilleur film, l'excellent Le convoyeur qui mélangeait habilement thriller nerveux et drame social.
Avec Blindés (Armored) le réalisateur Nimrod Antal (Motel) plonge sa groupe de personnages ordinaires, pas des sales types ni des voyous irrécupérables mais des travailleurs qui veulent s'offrir une vie meilleure, dans une arnaque à priori rodée mais qui dérape très vite. Le climat général est poisseux à souhait : un ancien d'Irak est menacé par les banques, des amis se déchirent par cupidité. Sur le principe de la loi de Murphy tout va aller de mal en pis pour l'équipe emmenée par Matt Dillon une fois fermées les portes de l'entrepôt désaffecté où ils comptent planquer l'argent dérobé. A mi-parcours un huis-clos tendu et anxiogène s'installe, précipitant les personnages dans une situation incontrôlable et dramatique. Au programme trahisons tragiques, empoignades viriles, poursuites musclées et
fusillades désespérées pour un suspense bien mené jusqu'à un final trop attendu, moral.
Sur le canevas usé du braquage qui tourne mal, Nimrod Antal propose une bonne série B d'action qui si elle ne renouvelle pas le genre est, grâce à un rythme sans faille et un solide casting masculin (Columbus Short, Laurence Fishburne, Jean Reno et co), bien armée pour divertir agréablement.

Blindés (Armored) est déjà disponible en BD aux USA (Région All) chez Sony Pictures et sera prochainement dans les bacs en France en DVD & Blu-ray le 20 mai prochain.

Le prequel d'Alien en 3d

Selon le site Collider avec qui Ridley Scott a parlé durant le press junket de Robin Hood le prequel de Alien sera bien en 3D.
Le film sera tourné en 3D plutôt que converti en post-production. Le gros obstacle pour ce genre de tournage est que les caméras 3D ne sont pas compatibles avec un tournage en basse lumière et des ambiances sombres et obscures dont la saga Alien se délecte. Scott a précisé que le problème sera contourné en post-production. Le réalisateur a ajouté qu'il comptait bien mettre en chantier 2 prequels peut-être tournés conjointement.

24 avr. 2010

Complément de sélection du 63ème festival de Cannes

© Brigitte Lacombe – graphic design Annick Durban

En complément des films annoncés lors de la conférence de presse du 15 avril dernier, le Festival de Cannes vient de dévoiler la sélection de :

RIZHAO CHONGQING du chinois Wang Xiaoshuaï et TENDER SON - THE FRANKENSTEIN PROJECT de Kornél Mundruczó (Hongrie) complètent la liste dévoilée il y a quelques jours. 18 films concourrent ainsi pour la Palme d'Or.
CARANCHO de l’argentin Pablo Trapero et I WISH I KNEW du chinois Jia Zhang Ke sont ajoutés à la section Un Certain Regard dont la cinéaste Claire Denis est la présidente.
AUTOBIOGRAPHIE DE NICOLAE CEAUSESCU du roumain Andrei Ujică sera présenté hors compétition.
CARLOS du cinéaste français Olivier ASSAYAS, fresque de cinq heures et demie sur le terroriste d'extrême gauche Ilich Ramirez Sanchez dit Carlos interprété par l'acteur vénézuélien Edgar Ramirez et COUNTDOWN TO ZERO de Lucy Walker seront projetés lors de séances spéciales.
Présenté également en séance spéciale, 5XFAVELA, dirigé par le réalisateur brésilien Carlos Diegues, est composé de cinq courts métrages de jeunes cinéastes issus des favelas (Manaira CARNEIRO, Wagner NOVAIS, Rodrigo FELHA, Cacau AMARAL, Luciano VIDIGAL, Cadu BARCELOS, Luciana BEZERRA).
Concernant les courts-métrages, 9 films d'une durée moyenne de 10 à 15 minutes dont CHIENNE D’HISTOIRE du français Serge Avédikian seront en compétition pour la Palme d’or du Court métrage qui sera décernée par le jury d'Atom Egoyan.
Enfin le compositeur français Alexandre Desplat rejoint le jury, désormais complet.

23 avr. 2010

Le casting du prochain Woody Allen en tournage à Paris

Le Hollywood Reporter vient de dévoiler le casting du prochain Woody Allen Midnight in Paris qui, comme son titre le laisse suggérer, se tournera à Paris. A l'affiche nous trouverons Owen Wilson, Marion Cotillard, Rachel McAdams, Kathy Bates, Michael Sheen, Nina Arianda, Tom Hiddleston, Corey Stoll, Mimi Kennedy, Kurt Fuller et Carla Bruni-Sarkozy.
Allen a révélé que sa comédie romantique sera centré sur une famille en voyage d'affaire dans la capitale française. Dans ce groupe figure un jeune couple fiancé, confronté à l'illusion qu'une vie loin de chez soi est forcément mieux. Midnight in Paris sera en tournage dans la capitale cet été.
Rappelons que le nouveau film du réalisateur new-yorkais, You Will Meet a Tall Dark Stranger, sera présenté hors compétition au prochain festival de Cannes avant une sortie française le 10 novembre 2010, avec comme toujours un casting prestigieux incluant Josh Brolin, Naomi Watts et Anthony Hopkins.

22 avr. 2010

Le tournage du prochain James Bond repoussé à une date inconnue

Le studio MGM, lourdement endetté, a suspendu le travail de pré-production du 23ème James Bond qui devait être réalisé par Sam Mendes avec toujours Daniel Craig dans le costume de 007.
Les producteurs du film Barbara Broccoli et Michael Wilson ont ainsi déclaré dans un communiqué :
"En raison de l'incertitude continuelle entourant l'avenir de la MGM et de l'échec à convenir d'une vente du studio, nous avons suspendu sine die la pré-production de James Bond 23". "Nous ne savons pas quand la production reprendra et nous n'avons pas de date pour la sortie de James Bond 23", ont-ils ajouté.
La franchise étant très lucrative, la MGM devrait faire tout son possible pour réactiver ce nouvel opus de James Bond.

18 avr. 2010

The Green Zone / Paul Greengrass

Pendant l'occupation américaine de Bagdad en 2003, l'adjudant-chef Roy Miller et ses hommes ont pour mission de trouver des armes de destruction massive censées être stockées dans le désert iraquien. Ballotés d'un site piégé à un autre, les militaires découvrent rapidement une importante machination qui modifie le but de leur mission. Pris en filature par des agents, Miller doit chercher des réponses qui pourront soit éradiquer un régime véreux soit intensifier une guerre dans une région instable. En peu de temps et dans cette zone explosive, il découvrira que la vérité est l'arme la plus insaisissable de toute.

Quelques mois après le palpitant Démineurs débarque sur les écrans un nouveau film spectaculaire sur l'Irak, Green zone de Paul Greengrass d'après le livre d'un ancien journaliste pour le Washington Post Rajiv Chandrasekaran intitulé Dans la zone verte : les américains à Bagdad.
Paul Greengrass reprend sa tête d'affiche Matt Damon et une bonne partie de son équipe technique (le chevronné réalisateur de seconde équipe Dan Bradley) des deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne pour un thriller d'action trépidant qui est aussi une lourde charge contre l'administration Bush. Comme dans les Bourne un individu est en lutte contre le système (une branche de la CIA, ici l'administration au pouvoir) pour faire éclater la vérité (sur son passé/le mensonge des ADM).
Ancien reporter de guerre, Grengrass se passionne pour les sujets politiques (le tristement célèbre Bloody Sunday en Irlande en 72 dans le film du même nom, le 11 septembre 2001 dans Vol 93) traités à chaque fois en appliquant une recette ou technique cinématographique qui a fait ses preuves : vitesse et précision. Précision de la reconstitution historique et des faits évoqués, nervosité de la mise en scène (caméra bondissante, zooms vifs) et montage sec pour une immersion totale du spectateur de l'action.
Le suspense lié à l'intrigue centrale étant éventé (le monde entier est au courant du mensonge irakien au moment où le personnage découvre la supercherie) Greengrass plaque rapidement à cette quête ubuesque où tout le monde ment et se tire dans les pattes une sous-intrigue palpitante (intercepter et protéger pour le faire témoigner un ancien général de Saddam Hussein) qui a pour décor un Bagdad instable et dangereux. Par sa mise en scène sous haute tension Greengrass parvient à ne jamais relâcher la pression tout en diffusant un message contestataire salutaire.
Entouré par une galerie de personnages archétypaux (le vieux briscard de la CIA, le félon agent de renseignement de la défense, le lieutenant brutal) comme on en trouve souvent dans tout bon film hollywoodien qui parvient à les dépasser par une intrigue solide et une mise en scène ad hoc, Matt Damon, en soldat idéaliste, est le vecteur idéal, par le capital sympathie qu'il suscite depuis le début de sa carrière, de cette dénonciation musclée à voir absolument.

15 avr. 2010

La sélection du 63ème festival de Cannes

La sélection du 63ème festival de Cannes qui aura lieu du 12 au 23 mai prochain vient d'être dévoilée.
Parmi les 16 films sélectionnés en compétition, liste qui devrait s'étoffer de quelques titres prochainement, nous retrouvons nombre de réalisateurs habitués comme Mike Leigh, Abbas Kiarostami (tous deux titulaires d'une palme d'or), Alejandro Gonzales Inarritu, Rachid Bouchareb, Takeshi Kitano ou bien encore Nikita Mikhalkov.
Bertrand Tavernier, Xavier Beauvois et Mathieu Amalric représenteront la France.
Seul américain en compétition : Doug Liman (réalisateur du premier Jason Bourne), en l'absence de Terrence Malick dont le prometteur Tree of life ne sera malheureusement pas prêt à temps (à moins d'un miracle).
Deux pays font leur entrée dans la compétition : le Tchad avec Mahamat-Saleh Haroun ( Un homme qui crie ) et l'Ukraine avec Sergei Losnitza ( You, my joy ).
Hors compétition seront présentés les derniers films de Woody Allen, Stephen Frears et Oliver Stone.
De plus Godard sera présent dans la sélection Un certain regard avec Socialismes aux côtés notamment de Lodge Kerrigan et Hideo Nakata.
Enfin le jury long métrage sera présidé par Tim Burton et composé de Kate Beckinsale (Actrice / Grande-Bretagne), Giovanna Mezzogiorno (Actrice / Italie), Alberto Barbera (Directeur du Musée National du Cinéma / Italie), Emmanuel Carrere (Ecrivain - Scénariste - Réalisateur / France), Benicio Del Toro (Acteur / Porto Rico), Victor Erice (Réalisateur / Espagne), Shekhar Kapur (Réalisateur - Acteur - Producteur / Inde).

Le dossier de presse du 63ème festival de Cannes est accessible ICI

14 avr. 2010

Rachel Weisz en Jackie Kennedy sous la direction de Darren Aronofsky

L'actrice britannique Rachel Weisz devrait interpréter le rôle titre de Jackie, film consacré à la first lady et aux jours immédiats après l'assassinat de son époux le President Kennedy.
Après The Fountain, Weisz refera équipe avec son fiancé le réalisateur Darren Aronofsky (The Wrestler, critique ICI) pour ce projet présenté actuellement aux différentes majors.
Le scénario écrit par Noah Oppenheim est centré sur les 4 jours entre entre l'assassinat de Kennedy et son enterrement, révélant une Mrs Kennedy à la fois vulnérable et digne.

12 avr. 2010

Vol 93 / Paul Greengrass

The Green Zone dans les salles dans 2 jours marque la troisième collaboration, après les deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne (critique de La vengeance dans la peau ICI), entre Paul Greengrass et Matt Damon mais aussi le retour du réalisateur de Bloody Sunday vers une page importante de l'Histoire après le poignant Vol 93 consacré au 11 Septembre. Voici la critique de Vol 93 disponible en DVD.

Le 11 septembre 2001 le vol United Airlines 93 s’envole vers San Francisco. Sur les 4 avions détournés ce jour-là il sera le seul à ne pas atteindre la cible des terroristes, la Maison-Blanche, grâce à l’initiative de quelques passagers.

Après l’excellent Bloody Sunday (02) où il relatait avec force réalisme les évènements tragiques survenues en 1972 en Irlande du Nord, Paul Greengrass s’attaque, cinq ans après les faits et juste avant Oliver Stone et son World Trade Center à la facture plus hollywoodienne, à un autre sujet politique, brûlant : le 11 septembre. Et comme pour ce film interprétés par des inconnus et filmé caméra à l’épaule il livre avec Vol 93 une expérience avec un effet de réel saisissant proche du documentaire.

Vol 93

S’appuyant sur une documentation exhaustive constituée de témoignages des proches des victimes, d’entretiens menés avec les contrôleurs aériens, de militaires et une réalisation très nerveuse, le réalisateur britannique reconstitue cette terrible journée où l’Amérique et le monde fut ébranlés. Sa caméra suit 3 groupes : les jeunes terroristes violents et fébriles, les contrôleurs aériens et l’armée désemparés, les passagers terrorisés. Après quelques plans sur les quatre terroristes priant dans un motel, le montage alterne entre embarquement des passagers et début de la journée des contrôleurs. Ainsi avant que le Vol 93 ne décolle peut-on assister, médusés, aux deux attentats contre les tours du World Trade Center. Le temps que les 4000 avions circulant ce jour-là soient contactés afin de fermer l’espace aérien, le Boeing 737 de United a décollé et la machine de mort de poursuivre son travail de sape.

C’est en prenant de la hauteur pour filmer au plus près les visages apeurés des passagers anonymes puis dans les dernières minutes leur révolte que Greengrass frappe le plus fort. En refusant psychologie et pathos, tout effet spectaculaire au profit d’un réalisme brut, le film présente une intensité incroyable : sous haute tension, le spectateur se lance lui aussi au cœur de la mêlée vers la cabine de pilotage pour reprendre le contrôle de l’appareil et tenter de maitriser le chaos de cette bloody journée.

Ce film viscéral et intense constitue un vibrant hommage au courage des passagers du Vol 93 qui ont détourné le 4ème avion de sa cible et aux victimes du 11 septembre.

8 avr. 2010

Le trailer du remake US du Diner de cons

Associant les hilarants Steve Carell et Paul Rudd sous la direction de Jay Roach (Meet the Fockers), Dinner for Schmucks est le remake du Diner de cons de Francis Veber.
Au vu des premières images à visionner ICI sur le site officiel du film, cette version US d'un des classiques de la comédie française parait avoir pris des libertés avec son modèle que les acteurs n'ont pas voulu voir avant leur tournage terminé pour ne influencer leur jeu. Autour du duo central qui promet de mettre à rude épreuve les zygomatiques gravitent Ron Livingston, Bruce Greenwood et Zach Galifianakis.
Produit par Paramount Pictures, Dinner for Schmucks sortira aux Etats-Unis le 23 juillet et le 18 août en France.

7 avr. 2010

Une affaire d'état / Eric Valette

Un avion chargé d'armes explose au dessus du Golfe de Guinée. Une escort girl est assassinée dans un parking parisien. Plusieurs milliers de kilomètres séparent ces deux événements et pourtant... Nora Chayd, inspectrice aux méthodes musclées, enquête sur le meurtre et bouscule sa hiérarchie. Victor Bornand, Monsieur Afrique officieux du gouvernement, tente d'étouffer la crise politique déclenchée par l'explosion. Quitte à avoir recours à son bras armé Michel Fernandez, un ancien des services de renseignements. Nora s'approche dangereusement des sphères du pouvoir. Les meurtres et trahisons s'accumulent. Au nom de la raison d'Etat ?

Après un premier long primé à Gérardmer en 2002 Maléfique avec Clovis Cornillac, le réalisateur Eric Valette est parti tenter sa chance aux Etats-Unis pour un remake du thriller horrifique La mort en ligne de Takashi Miike. Intitulé One miss called cette version US interprétée par Edward Burns et Shannyn Sossamon est inédite en salles chez nous. Eric Valette est de retour en France en 2009 avec Une affaire d'Etat de facture hollywoodienne.
Adaptation du roman Nos fantastiques années fric de Dominique Manotto, le récit aborde les affaires de la " Françafrique " au sein d'une intrigue policière menée tambour battant autour de multiples personnages d'horizons différents (hommes politiques, marchands d'armes, tueur à gage, prostituées...) liés par un évènement dramatique aux répercussions potentiellement explosives.
S'il délaisse quelque peu les arcanes du milieu politique pour se consacrer au développement d'une affaire policière retorse Valette livre un film d'espionnage passionnant en faisant la part belle aux personnages très bien écrits, avec mention au méchant d'une belle complexité et d'une vraie densité dramatique joué par l'intense Thierry Frémont et aux scènes d'action haletantes exploitant judicieusement les décors parisiens.
Avec Une affaire d'état Eric Valette mêle avec inspiration intrigue policière et monde politique dans un thriller particulièrement jubilatoire au casting parfait.

Test blu-ray
Technique
Précisions des contours, des noirs, richesse de la palette chromatique pour un transfert haute définition remarquable proposé par l'éditeur FPE.
La piste DTS-HD Master Audio 5.1 est également exemplaire : clarté de la voie centrale et énergie déployée sur les voies stéréo pour un rendu sonore dynamique sans verser toutefois dans le spectaculaire, le film étant axé sur le réalisme.

Bonus
Le making-of (29') découpé en plusieurs parties donne la parole à de nombreux membres de l'équipe (producteur, réalisateur, comédiens...) qui abordent leur travail, le sujet du film. Le réalisateur Eric Valette s'explique notamment sur ses influences, ses choix de mise en scène en toute décontraction et clarté.
Le passionnant documentaire « un couple inséparable » : la France et l’Afrique sous le Vème République (55') revient sur les rapports complexes entre les deux continents en multipliant les intervenants de qualité et les images d'archives percutantes.

3 avr. 2010

(500) jours ensemble / Marc Webb

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer. Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée. Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d'une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine – mais pas sans espoir. Alors que l'histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l'amour... Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.

Dans le genre ultra-codifié et souvent ronronnant de la comédie romantique US, (500) jours ensemble ((500) days of Summer) constitue une très bonne surprise avec son couple d'acteurs attachant, des idées visuelles à foison et un procédé narratif bien appliqué.
Le réalisateur de clip Marc Webb utilise pour sa premier long métrage flash-back et flash forward avec réussite pour sa tragicomédie romantique : loin du gadget artificiel ce choix narratif entre allers et retours dans l'histoire d'un couple permet de mettre en parallèle une même situation à deux moments clés de la vie de ce couple et ainsi montrer que tout est affaire de recommencement et que rien n'est acquis dans les histoires d'amour qui finissent mal en général. Tous ces fragments rassemblés dessine un portrait en demi-teinte de la vie du couple, entre complicité amoureuse et rancoeurs dévorantes, entre l'euphorie des débuts et les disputes inhérentes à la routine quotidienne; le récit expose la naissance et l'érosion des sentiments dans le couple, loin des clichés habituels.
Vous l'aurez compris (500) jours ensemble n'est pas une rom-com classique, le film débutant d'ailleurs par cette adresse peu commune au spectateur :"Ceci est l'histoire d'un gars qui rencontre une fille mais sachez-le d'emblée ce n'est pas une histoire d'amour". En effet cette histoire d'amour ou de sentiments précisément non partagés porte en elle même sa propre destruction : lui est un romantique patenté, elle ne veut qu'un ami et une situation légère. Avec ironie et mélancolie le récit déstructuré raconte, en se mettant clairement du côté du personnage de Joseph Gordon Lewitt, ces quelques jours dans la vie de Summer, objet charmant de son affection, marquée par une fâcheuse tendance à la dérobade et une volonté de ne pas s'impliquer dans une situation amoureuse.
Split-screen, numéro musical , bo énergisante, (500) jours ensemble fourmille de bonne idées visuelles et sonores pour dynamiser et amener de la fraicheur au genre. Ajoutez un duo d'acteurs, Joseph Gordon Lewitt et Zoe Deschanel, absolument charmant qui fait montre d'une complicité évidente et vous obtenez un très joli petit film indépendant qui sort allégrement des sentiers battus de la comédie romantique pour imposer sa douce mélancolie.

Test blu-ray
Le piqué de l'image est affuté sans rien d'extraordinaire néanmoins. La vo propose d'avantage d'ambiances que la vf au demeurant très acceptable.

Bonus
Les 9 scènes coupées sont bonnes et méritent le visionnage de cette édition HD proposée par FPE (à noter que l'édition DVD propose en bonus le CD de la musique).
La complicité des acteurs est mise en avant dans
un sympathique échange verbal "Discussion avec les acteurs" mais surtout dans un excellent clip musical "Bak Dance" réalisé par Marc Webb et un court-métrage "Sid et Nancy" où Joseph Gordon Lewitt et Zoe Deschanel font référence avec ironie, à travers l'histoire d'amour tragique entre 2 icônes du rock, à leurs personnages de l'attachant (500) jours ensemble.

1 avr. 2010

Tête de turc / Pascal Elbé

Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc.

Pour sa première réalisation l'acteur et scénariste Pascal Elbé (Père et fils) a vu grand : proposer un drame choral, à la manière de ses maitres revendiqués James Gray et Alejandro Gonzalez Inarritu, irrigué par des thématiques aussi diverses que le malaise des banlieues, la récupération médiatico-politique d'un fait divers pour alimenter une réflexion (très actuelle) sur l'identité nationale, la responsabilité individuelle ou les secrets de famille.

Sur un sujet casse-gueule Elbé livre un sympathique film humaniste, avec des personnages forts et solidement interprétés qu'ils détournent des clichés sur la banlieue pour aller vers un drame social disant la solidarité, l'aspiration à l'intégration dans la société comme la violence à l'oeuvre dans un milieu sensible. Cette recherche d'authenticité dans la description d'un territoire s'accompagne d'une dramaturgie copieuse puisant ses ingrédients comme ses effets dans la tragédie classique. Le récit enchaine en effet généreusement les situations dramatiques, emporte ses multiples personnages dans une spirale de souffrance et de mort juqu'à un final malheureusement raté où s'étale la trop grande bienveillance d'Elbé à l'encontre de son personnage principal filmé de bout en bout sans nuances comme une victime. De plus si on ne peut pas reprocher à Elbé de manquer d'ambition on pourra tiquer sur la faiblesse d'intrigues parallèles peu abouties (les secrets enfouis de la fratrie Elbé/Zem) ou inexploitées (le segment consacré au personnage du veuf inconsolable interprété par l'excellent Simon Abkarian).

La générosité du script et la solidité du casting où brille une nouvelle fois Roschdy Zem font de ce premier film un essai recommandable.