18 avr. 2010

The Green Zone / Paul Greengrass

Pendant l'occupation américaine de Bagdad en 2003, l'adjudant-chef Roy Miller et ses hommes ont pour mission de trouver des armes de destruction massive censées être stockées dans le désert iraquien. Ballotés d'un site piégé à un autre, les militaires découvrent rapidement une importante machination qui modifie le but de leur mission. Pris en filature par des agents, Miller doit chercher des réponses qui pourront soit éradiquer un régime véreux soit intensifier une guerre dans une région instable. En peu de temps et dans cette zone explosive, il découvrira que la vérité est l'arme la plus insaisissable de toute.

Quelques mois après le palpitant Démineurs débarque sur les écrans un nouveau film spectaculaire sur l'Irak, Green zone de Paul Greengrass d'après le livre d'un ancien journaliste pour le Washington Post Rajiv Chandrasekaran intitulé Dans la zone verte : les américains à Bagdad.
Paul Greengrass reprend sa tête d'affiche Matt Damon et une bonne partie de son équipe technique (le chevronné réalisateur de seconde équipe Dan Bradley) des deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne pour un thriller d'action trépidant qui est aussi une lourde charge contre l'administration Bush. Comme dans les Bourne un individu est en lutte contre le système (une branche de la CIA, ici l'administration au pouvoir) pour faire éclater la vérité (sur son passé/le mensonge des ADM).
Ancien reporter de guerre, Grengrass se passionne pour les sujets politiques (le tristement célèbre Bloody Sunday en Irlande en 72 dans le film du même nom, le 11 septembre 2001 dans Vol 93) traités à chaque fois en appliquant une recette ou technique cinématographique qui a fait ses preuves : vitesse et précision. Précision de la reconstitution historique et des faits évoqués, nervosité de la mise en scène (caméra bondissante, zooms vifs) et montage sec pour une immersion totale du spectateur de l'action.
Le suspense lié à l'intrigue centrale étant éventé (le monde entier est au courant du mensonge irakien au moment où le personnage découvre la supercherie) Greengrass plaque rapidement à cette quête ubuesque où tout le monde ment et se tire dans les pattes une sous-intrigue palpitante (intercepter et protéger pour le faire témoigner un ancien général de Saddam Hussein) qui a pour décor un Bagdad instable et dangereux. Par sa mise en scène sous haute tension Greengrass parvient à ne jamais relâcher la pression tout en diffusant un message contestataire salutaire.
Entouré par une galerie de personnages archétypaux (le vieux briscard de la CIA, le félon agent de renseignement de la défense, le lieutenant brutal) comme on en trouve souvent dans tout bon film hollywoodien qui parvient à les dépasser par une intrigue solide et une mise en scène ad hoc, Matt Damon, en soldat idéaliste, est le vecteur idéal, par le capital sympathie qu'il suscite depuis le début de sa carrière, de cette dénonciation musclée à voir absolument.

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