1 avr. 2010

Tête de turc / Pascal Elbé

Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc.

Pour sa première réalisation l'acteur et scénariste Pascal Elbé (Père et fils) a vu grand : proposer un drame choral, à la manière de ses maitres revendiqués James Gray et Alejandro Gonzalez Inarritu, irrigué par des thématiques aussi diverses que le malaise des banlieues, la récupération médiatico-politique d'un fait divers pour alimenter une réflexion (très actuelle) sur l'identité nationale, la responsabilité individuelle ou les secrets de famille.

Sur un sujet casse-gueule Elbé livre un sympathique film humaniste, avec des personnages forts et solidement interprétés qu'ils détournent des clichés sur la banlieue pour aller vers un drame social disant la solidarité, l'aspiration à l'intégration dans la société comme la violence à l'oeuvre dans un milieu sensible. Cette recherche d'authenticité dans la description d'un territoire s'accompagne d'une dramaturgie copieuse puisant ses ingrédients comme ses effets dans la tragédie classique. Le récit enchaine en effet généreusement les situations dramatiques, emporte ses multiples personnages dans une spirale de souffrance et de mort juqu'à un final malheureusement raté où s'étale la trop grande bienveillance d'Elbé à l'encontre de son personnage principal filmé de bout en bout sans nuances comme une victime. De plus si on ne peut pas reprocher à Elbé de manquer d'ambition on pourra tiquer sur la faiblesse d'intrigues parallèles peu abouties (les secrets enfouis de la fratrie Elbé/Zem) ou inexploitées (le segment consacré au personnage du veuf inconsolable interprété par l'excellent Simon Abkarian).

La générosité du script et la solidité du casting où brille une nouvelle fois Roschdy Zem font de ce premier film un essai recommandable.

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