12 avr. 2010

Vol 93 / Paul Greengrass

The Green Zone dans les salles dans 2 jours marque la troisième collaboration, après les deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne (critique de La vengeance dans la peau ICI), entre Paul Greengrass et Matt Damon mais aussi le retour du réalisateur de Bloody Sunday vers une page importante de l'Histoire après le poignant Vol 93 consacré au 11 Septembre. Voici la critique de Vol 93 disponible en DVD.

Le 11 septembre 2001 le vol United Airlines 93 s’envole vers San Francisco. Sur les 4 avions détournés ce jour-là il sera le seul à ne pas atteindre la cible des terroristes, la Maison-Blanche, grâce à l’initiative de quelques passagers.

Après l’excellent Bloody Sunday (02) où il relatait avec force réalisme les évènements tragiques survenues en 1972 en Irlande du Nord, Paul Greengrass s’attaque, cinq ans après les faits et juste avant Oliver Stone et son World Trade Center à la facture plus hollywoodienne, à un autre sujet politique, brûlant : le 11 septembre. Et comme pour ce film interprétés par des inconnus et filmé caméra à l’épaule il livre avec Vol 93 une expérience avec un effet de réel saisissant proche du documentaire.

Vol 93

S’appuyant sur une documentation exhaustive constituée de témoignages des proches des victimes, d’entretiens menés avec les contrôleurs aériens, de militaires et une réalisation très nerveuse, le réalisateur britannique reconstitue cette terrible journée où l’Amérique et le monde fut ébranlés. Sa caméra suit 3 groupes : les jeunes terroristes violents et fébriles, les contrôleurs aériens et l’armée désemparés, les passagers terrorisés. Après quelques plans sur les quatre terroristes priant dans un motel, le montage alterne entre embarquement des passagers et début de la journée des contrôleurs. Ainsi avant que le Vol 93 ne décolle peut-on assister, médusés, aux deux attentats contre les tours du World Trade Center. Le temps que les 4000 avions circulant ce jour-là soient contactés afin de fermer l’espace aérien, le Boeing 737 de United a décollé et la machine de mort de poursuivre son travail de sape.

C’est en prenant de la hauteur pour filmer au plus près les visages apeurés des passagers anonymes puis dans les dernières minutes leur révolte que Greengrass frappe le plus fort. En refusant psychologie et pathos, tout effet spectaculaire au profit d’un réalisme brut, le film présente une intensité incroyable : sous haute tension, le spectateur se lance lui aussi au cœur de la mêlée vers la cabine de pilotage pour reprendre le contrôle de l’appareil et tenter de maitriser le chaos de cette bloody journée.

Ce film viscéral et intense constitue un vibrant hommage au courage des passagers du Vol 93 qui ont détourné le 4ème avion de sa cible et aux victimes du 11 septembre.

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