31 mai 2010

Tom Cruise et Cameron Diaz, duo glamour de Knight and Day

Nouveau trailer pour Knight & Day, la comédie d'action de James Mangold (Walk the line, 3h10 pour Yuma) avec le duo explosif Cruise/Diaz. Sortie prévue le 28 juillet prochain.

Un agent secret sous couverture rencontre une jeune femme très malchanceuse dans ses relations avec les hommes...


Happy birthday Mr Eastwood!

Pour fêter les 80 ans de Mr Clint Eastwood, un des derniers géants d'Hollywood, Warner Bros a édité un coffret DVD regroupant 35 films majeurs en 35 ans d'une carrière exceptionnelle en tant qu'acteur et surtout réalisateur.

Le Coffret Clint Eastwood : 35 Films - 35 ans comprend 35 titres de Quand les aigles attaquent (1969) de Brian G. Hutton à Gran Torino de et avec Clint Eastwood. En bonus un documentaire inédit de 90 minutes en VOST, The Eastwood Factor, par le biographe Richard Schickel, un livret inédit de 24 pages avec une introduction de Clint Eastwood et un jeu de reproductions de correspondances et de photos.

Signalons également la sortie concomitante du dernier film du maître en vidéo, Invictus (3M d'entrées France) dispo en DVD & BD.


Ma critique de Gran Torino est à lire ICI

30 mai 2010

Nouveau trailer d'Inception

Une nouvelle bande-annonce du thriller Inception de Christopher Nolan vient d'être dévoilée. Distribué par Warner Bros, Inception sera sur les écrans français le 21 juillet.

Le pitch
Dom Cobb est un voleur confirmé, le meilleur dans l'art périlleux de l'extraction ("inception" en anglais). L'extraction consiste à s'approprier les secrets précieux d'une personne, enfouis au plus profond de l'inconscient pendant qu'elle rêve et que l'esprit est le plus vulnérable. Le milieu de l'espionnage industriel convoite Cobb pour ses talents. Dom Cobb devient alors un fugitif recherché sur toute la planète. A cause de cela, il perd son plus grand amour. Une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie antérieure. Au lieu de subtiliser une idée, Cobb et son équipe vont devoir en implanter une dans l'esprit d'une personne. S'ils y parviennent, cela pourra constituer le crime parfait. Cependant aucune stratégie n'a pu préparer l'équipe à un ennemi dangereux, qui semble avoir toujours un coup d'avance. Un ennemi qui seul Cobb aurait pu voir venir. Cet été, votre esprit est la scène du crime.


INCEPTION - Nouvelle bande annonce VF
envoyé par WarnerBrosPicturesFrance

24 mai 2010

Stones in exile / Stephen Kijak

Les coulisses de l'enregistrement de l'album Exile on main street des Rolling Stones
(photo FB)
Présenté en séance spéciale, Stones in exile, le documentaire sur les Rolling Stones réalisé par Stephen Kijak aura attiré les foules à la Quinzaine des réalisateurs en raison de la présence de Mick Jagger venu sur la Croisette pour la présentation de ce making-of de l'enregistrement de l'album mythique Exile on main street.

"En ce temps-là, nous étions jeunes, beaux et stupides, maintenant nous ne sommes que stupides"(Mick Jagger lors de la présentation du documentaire au Palais Stéphanie de Cannes)

Ce documentaire sera diffusé le 10 juin sur France 5 et est disponible en DVD dans le coffret accompagnant la réedition de l'album proposé en version remastérisé et avec dix titres inédits.

Considéré comme un des meilleurs albums de l'histoire du rock mais descendu par la critique à sa sortie, ce double-album marqué par les bouleversements sociaux et politiques de la fin des années 60 est un melting-pot de musique américaine: rock, blues, gospel, soul.

Le doc, mêlant interviews récentes du groupe et images d'archives dûes à Robert Franck et Dominique Tarlé, raconte les coulisses très "sex, drugs and rock'n'roll" de l'enregistrement de l'album dans les studios Olympic à Londres et surtout à la villa Nellcote louée par Keith Richards à Villefranche-sur-Mer, sur la côte d'Azur avant les finitions à Los Angeles.

Hormis une petite séquence inédite en n&b concernant l'enregistrement du titre Loving Cup dans la cave de la villa louée par Richards, tombé amoureux de la France, les images issues de ce doc sont bien connues des fans des Stones car déjà présentes dans les films de la tournée 72 : Ladies and Gentlemen the Rolling Stones et Cocksucker Blues.
Le montage de ce doc centré sur l'histoire passionnante de l'enregistrement d'un des albums mythiques de l'histoire du rock'n'roll où les Stones se livrent avec honnêté est efficace et entrainant durant 1H. Un bon making-of pour accompagner la réédition évenementielle du disque Exile on main street.

Le palmarès du 63ème festival de Cannes

© Brigitte Lacombe – graphic design Annick Durban

-PALME D'OR :

Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures d'Apichatpong Weerasethakul

-Grand Prix du Jury :

Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois (critique ICI)

-Prix d'Interprétation Masculine (ex-aequo) :

Javier Bardem pour Biutiful (critique ICI)
Elio Germano pour La nostra vida

-Prix d'Interprétation Féminine :

Juliette Binoche pour Copie conforme (critique ICI)

-Prix du Scénario :

Poetry de Lee Chang-Dong (critique ICI)

-Prix de la mise en scène :

Mathieu Amalric pour Tournée

-Prix du Jury :

Un homme qui crie de Mahamat-Saleh Haroun

-Caméra d'Or :

Ano Bisiesto de Michael Rowe

-Palme d'Or du Court Métrage :

Chienne d'histoire de Serge Avedikian

Prix du jury :

Micky Bader
de Frida Kempff

23 mai 2010

Route Irish / Ken Loach

L'histoire de deux amis agents de sécurité en Irak risquant leur vie dans une ville ravagée par la violence.

Ce film est présenté en compétition officielle du 63ème festival de Cannes

Après avoir traité de la guerre d'Espagne dans Land of freedom ou de la guerre d'indépendance de l'Irlande en 1920 dans Le vent se lève, Palme d'or 2006, le britannique Ken Loach s'attelle au conflit irakien avec Route Irish, récit d'une guerre privée. Celle que mène un ancien agent de sécurité ou contractor pour découvrir les responsables de la mort de son meilleur en ami en mission à Bagdad et par extension la guerre privatisée menée par les sociétés d'agents privés qui engragent des fortunes en moyennant leurs services dans ce pays en crise.

Selon les estimations au plus fort de l'occupation 160 000 agents privés étrangers officiaient dans le pays. Ces agents bénéficiaent alors de l'immunité vis-à-vis de la loi irakienne, par le biais de l'ordonnance 17 imposée au nouveau parlement irakien de 2003 à 2009. Des massacres de civils ont été perprétés ainsi en toute impunité (17 civils en plein Bagdad par la société Blackwater). Tueries dont certains agents professionnels sont dégoûtés à vie. Pendant que les agents risquent leur peau sur le terrain comme la Route Irish les dirigeants de leur société comme Halliburton engrangent des fortunes.

Le film de Ken Loach raconte l'enquête menée à Liverpool par cet ancien contractor, marqué par l'horreur du conflit irakien, sur la mort de son meilleur ami dans des circonstances mystérieuses. Son obstination le mènera à s'opposer à ses anciens patrons.

Loach s'attache comme d'habitude au portrait de gens modestes évoluant dans un milieu social âpre et un quotidien grisâtre (les personnages principaux, le musicien irakien qui aide le personnage principal dans sa recherche de vérité) qu'il place dans une intrigue policière avec un sous-texte politique. L'angle d'approche du dossier irakien est particulièrement intéressant avec l'univers des contractors en s'attachant à dépeindre les répercussions psychologiques, morales de leurs actions; le sous-texte engagé avec critique du système et des politiques toujours salutaire.

Le parcours du personnage principal en quête de vérité et de morale le verra emprunter la voie glissante de la justice expéditive avec notamment une scène de torture où on sent son auteur peu à l'aise. Le cheminement intérieur de cet homme de guerre en quête de rédemption prend le pas sur le déroulement de l'enquête policière expédiée.

Dommage que Ken Loach ne parvienne pas à trouver dans ce film le bon équilibre entre le drame social centré sur un personnage en crise et le thriller politique avec une enquête policière convenue et prévisible.

(Sortie : prochainement)

22 mai 2010

Blue Valentine / Derek Cianfrance

Naissance et mort d'une histoire d'amour, entre passé et présent... Submergés par les souvenirs romantiques des débuts de leur relation, Dean et Cindy se donnent une nuit pour sauver leur mariage.

Ce film est présenté dans le cadre de la sélection Un Certain Regard lors du 63ème Festival de Cannes

Premier film concourant pour la Caméra d'Or, Blue Valentine est la triste histoire de la fin d’un couple très attachant interprété par les excellents Ryan Gosling et Michelle Williams.

Filmé caméra légère à la manière d’un documentaire sur un vraie couple en crise, la vie de ce couple avance par flashs-back efficaces sur le plan dramatique : le début de cette liaison nous est conté à travers des situations joyeuses ou plus tristes mis justement en opposition avec leur situation actuelle. Si les motivations du personnage joué par Michelle Williams sont parfois trop obscures, Derek Cianfrance parvient sans peine, en serrant au plus près des émotions de ses personnages, à provoquer de l’empathie pour son jeune couple. Cru dans les étreintes passionnées comme dans la fureur des disputes conjugales, le délitement progressif de ce jeune couple marque par l' intensité de son interprétation et la mélancolie générée par sa conclusion.

(Sortie prochainement)

19 mai 2010

Copie conforme / Abbas Kiarostami

James, un écrivain quinquagénaire anglo-saxon, donne en Italie, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, une conférence ayant pour thème les relations étroites entre l'original et la copie dans l'art. Il rencontre une jeune femme d'origine française, galeriste. Ils partent ensemble pour quelques heures à San Gimignano, petit village près de Florence. Comment distinguer l'original de la copie, la réalité de la fiction ?

Ce film est sélectionné en compétition officielle pour le 63ème Festival de Cannes


Premier film de Abbas Kiarostami réalisé hors de son pays, Copie conforme raconte la journée de deux personnages en escapade amoureuse dans un petit village de Toscane. Mais sont-ils en reconquête l’un de l’autre ou joue-t-il à être un couple ?

Le cinéaste iranien récompensé par la Palme d'Or en 1996 pour Le goût de la cerise, joue constamment sur les faux-semblants et les apparences dans cette histoire au scénario ténu dont le point de départ est une conférence donné par l’homme autour de l’original et de la copie dans l’art. Au fil des déambulations du couple, ponctuées de rencontres qui sont autant de vecteurs d’interrogations existentielles, de questionnement sur l’amour, ses manifestations, sa permanence, un jeu de séduction, de reconquête s’exerce via des échanges verbaux parfois lassants, souvent savoureux. Juliette Binoche y est filmée amoureusement.

(Sortie le 19 mai 2010)

14 mai 2010

Minority report / Steven Spielberg

A Washington, en 2054, la société du futur a éradiqué le meurtre en se dotant du système de prévention / détection / répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulés au coeur du Ministère de la Justice, trois extra-lucides captent les signes précurseurs des violences homicides et en adressent les images à leur contrôleur, John Anderton, le chef de la "Précrime" devenu justicier après la disparition tragique de son fils. Celui-ci n'a alors plus qu'à lancer son escouade aux trousses du "coupable"... Mais un jour se produit l'impensable : l'ordinateur lui renvoie sa propre image. D'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger. Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite. Son seul espoir pour déjouer le complot : dénicher sa future victime ; sa seule arme : les visions parcellaires, énigmatiques, de la plus fragile des Pré-Cogs : Agatha.

Adapté d'une nouvelle de Philip K-Dick, Minority report fait partie des grandes réussites de la filmographie de Steven Spielberg.
Drame familial avec un père qui cherche la vérité sur l'enlèvement de son fils, réflexion éthique et morale sur la précognition (grâce aux prédictions de surdoués des meurtriers sont arrêtés avant de commettre leurs crimes), course-poursuite désespérée pour modifier son futur, Minority report est aussi riche au niveau des thèmes abordés que sur le plan visuel. Le récit aligne les scènes d'action tétanisantes et inventives (les cascades avec le jet-pack, le mano à mano opposant Cruise à Farrell dans l'usine, le scan forcé des spider) dans un univers au design très travaillé, où les effets visuels crées par ILM se fondent parfaitement dans l'image délavée et granuleuse du chef op Janusz Kaminski, sans oublier le drame et l'émotion liés au parcours du personnage joué avec conviction par Tom Cruise.
Spielberg retrouvera avec succès cette ambiance sombre et délétère où est développée une tragique histoire de famille (toujours cette thématique de la séparation ou de la perte) dans La guerre des mondes d'après un autre écrivain majeur de la SF, H-G Wells.

Test blu-ray

Technique

Minority Report a bénéficié d'un soin tout particulier pour cette première édition HD. Supervisé par Spielberg lui même, le master a été entièrement remastérisé en résolution numérique 4K (4096x2160 pixels) à partir du négatif original puis a été retravaillé plan par plan sur les couleurs et le grain de l'image avant d'être encodé en MPEG4/AVC.
La partie sonore n'est pas en reste avec une piste anglaise encodée en 5.1 DTS-HD master audio.

Bonus
Rayon bonus le disque propose pas moins de 3h de suppléments dont 1h30 d'inédits notamment le très réussi module interactif Le futur selon Steven Spielberg (35').

Enfin cette édition combo propose également le DVD du film à emporter partout.
Une édition haute définition FPE de référence qui comblera les consommateurs tant au niveau du master que des suppléments.

13 mai 2010

Robin des Bois / Ridley Scott

À l’aube du treizième siècle, Robin Longstride, humble archer au service de la Couronne d’Angleterre, assiste, en Normandie, à la mort de son monarque, Richard Coeur de Lion, tout juste rentré de la Troisième Croisade et venu défendre son royaume contre les Français.
De retour en Angleterre et alors que le prince Jean, frère cadet de Richard et aussi inepte à gouverner qu’obnubilé par son enrichissement personnel, prend possession du trône, Robin se rend à Nottingham où il découvre l’étendue de la corruption qui ronge son pays. Il se heurte au despotique shérif du comté, mais trouve une alliée et une amante en la personne de la belle et impétueuse Lady Marianne, qui avait quelques raisons de douter des motifs et de l’identité de ce croisé venu des bois.
Robin entre en résistance et rallie à sa cause une petite bande de maraudeurs dont les prouesses de combat n’ont d’égal que le goût pour les plaisirs de la vie. Ensemble, ils vont s'efforcer de soulager un peuple opprimé et pressuré sans merci, de ramener la justice en Angleterre et de restaurer la gloire d'un royaume menacé par la guerre civile. Brigand pour les uns, héros pour les autres, la légende de "Robin des bois" est née.

63ème festival de Cannes-Hors compétition

Après Kingdom of heaven (2005), Ridley Scott se replonge dans le Moyen-Age, période pleine de bruit et de fureur, avec cette relecture du mythe de Robin des Bois.
Très éloigné des précédentes versions, de l'adaptation avec Errol Flyn (1938) en bondissant justicier en collant vert à la version Kevin Costner (1991) qui, des dires de Russel Crowe, ressemble à un clip de Bon Jovi, ce Robin des Bois begins s'attache à humaniser la légende en narrant son parcours picaresque (soldat en croisade pour le roi Richard Coeur de Lion, déserteur après la mort de son souverain, usurpateur de l'identité d'un baron pour rentrer en Angleterre, rebelle au grand coeur luttant pour la liberté) avant l'exil forcé dans la forêt de Sherwood.
Tout en faisant la part belle aux cavalcades échevelées et aux combats féroces, le scénario dû à Brian Helgeland navigue allégrement entre les intrigues de cour et ses complots politiques, la peinture sombre d'une Angleterre rurale et des scènes intimistes centrées sur la romance entre Robin et Marianne.
Face à Russell Crowe parfait en guerrier silencieux à la recherche de son passé et de quiétude après des années de guerre, Cate Blanchett compose une Marianne fougueuse et pleine de grâce. Armé d'une batterie de caméras, avec sous sa direction assurée des centaines de figurants en armures à cheval ou à bateau, Ridley Scott orchestre à nouveau des batailles à couper le souffle dans des décors somptueux.
Sur un scénario astucieux mis en image par ce vieux briscard de Ridley Scott qui semble être le seul director à Hollywood capable aujourd'hui de mener à bien un telle épopée, le modeste archer à la conscience politique aiguisée campé par Russell Crowe galope de bien belle manière vers le mythe du hors-la-loi défendant les plus faibles.

10 mai 2010

Le dernier roi d'Ecosse / Kevin McDonald

Jeune médecin écossais tout juste diplômé, Nicholas Garrigan débarque en Ouganda en quête d'aventure et décidé à venir en aide à la population. Peu après son arrivée, il est appelé sur les lieux d'un accident : le nouveau leader du pays, Idi Amin Dada, a percuté une vache avec sa Maserati. La façon dont Garrigan maîtrise la situation, son calme et sa franchise surprennent Amin Dada. Fasciné par l'Histoire et la culture écossaise, il trouve le jeune homme sympathique et lui propose de devenir son médecin personnel. Séduit par le charisme du chef de l'Etat, le jeune médecin rejoint le cercle présidentiel au sein duquel il mène grand train. Bombardé confident du dictateur, piégé au coeur de la mégalomanie meurtrière d'Amin Dada, Garrigan, témoin d'enlèvements et d'assassinats, devient malgré lui peu à peu complice d'un des plus terrifiants régimes africains du XXème siècle.

Produit par Film Four, la première fiction du documentariste Kevin McDonald est centré sur la relation ambigüe entre un jeune médecin écossais et le président dictateur Amin Dada. Désireux de fuir une situation familiale sclérosante et voir du pays, le jeune homme pose ses valises en Ouganda dans une mission humanitaire. Sa rencontre avec le nouveau président ougandais qui lui propose d'être son médecin personnel va bouleverser son existence.
Le véritable sujet du film est la vampirisation, celle d'une grosse partie d'un peuple versatile en terme de position politique qui l'acclame comme le messie et surtout celle de ce jeune blanc idéaliste et fougueux par cet homme de pouvoir charismatique et débonnaire. Tel Faust, Amin Dada propose au médecin en l'engageant une condition royale (voiture de luxe, fringues classieuses...) et une attention privilégiée (ses fonctions dépasse celle de médecin pour devenir également confident, conseiller politique). Mais si dans les premiers temps tout est luxe, calme et volupté, une situation politique instable va révéler la vraie personnalité du président : dissimulé derrière cette physionomie bonhomme et ses sourires amicaux se cache un ogre et un barbare. La confiance laisse place à la paranoïa et l'amitié à la haine. Le palais présidentiel devient un piège doré duquel le héros aura bien des difficultés à s'extraire.
Le récit d'une existence hédoniste dans un décor luxueux baigné de teintes chaudes prend alors le chemin du thriller intense et implacable où la mort est partout.
Le talent de McDonald est d'éviter tout manichéisme que ce soit dans le rôle des anglais qui ont contribué à placer Amin Dada sur le trône ou bien dans le caractère du médecin qui pêche par égoïsme et concupiscence en abandonnant la vétusté de la mission humanitaire pour les fastes du palais présidentiel et en entamant une liaison avec une des femmes du président. Il oppose le jeune et frêle James McAvoy en fougueux médecin à la stature imposante de Forest Withaker, parfait en Boucher de l'Afrique et justement récompensé par l'Oscar du meilleur acteur en 2007.

Récit d'initiation, relation complexe entre deux hommes que tout oppose, peinture d'un pays en crise, Le dernier roi d'Ecosse est un mélange passionnant entre biopic romancé et thriller.


Test Blu-ray
Technique

Une image superbe pour cette édition HD FPE avec une belle palette de couleurs chaudes et moults détails. Les quelques frémissements observés correspondent aux choix esthétiques du réalisateur.
La piste DTS-HD Master Audio 5.1 en anglais est bien équilibrée et puissante dans les scènes mouvementées.

Bonus

Le réalisateur Kevin McDonald s'exprime avec passion et précision tout d'abord dans un commentaire audio avec de nombreuses anecdotes égrenées avec passion puis dans le module des scènes coupées (12 au total plus une scène alternative).
Le très intéressant module
La capture d’Idi Amin (30') mêle images du tournage et informations historiques.
2 featurettes promotionnelles donnant la parole au casting notamment Forest Whitaker complètent l'interactivité.

9 mai 2010

Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin / John Carpenter

Les aventures du baroudeur Jack Burton à Chinatown, où règne le terrible sorcier Lo Pan. Celui-ci pense pouvoir retrouver son enveloppe charnelle grâce aux beaux yeux verts de Miao Yin, délicieuse Chinoise fiancée a un ami de Jack...

Gros échec à sa sortie en 1986, Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (en v.o Big Trouble in Little China) la première comédie d'action de John Carpenter, objet cinématographique labellisé culte du réalisateur d'Halloween, New-York 1997 et The Thing.
Carpenter refait équipe avec son comédien fétiche Kurt Russell en anti-héros confronté à des situations au delà de son imagination : il devra affronter pêle-mêle, afin de libérer la fiancée kidnappée de son meilleur ami par un mage maléfique, deux gangs rivaux de Chinatown, 3 guerriers aux pouvoirs surnaturels nommés Les 3Tempêtes, un monstre poilu et le fameux mandarin du titre, un sorcier immortel qui a besoin d'épouser une jeune femme aux yeux verts pour être libéré de la malédiction qui le frappe depuis 2 millénaires!
Personnages cartoonesques, burlesque débridé, combats survoltés, cette aventure baigne dans une esthétique 80's (décors fluos, look improbable de Kurt Russell...) avec musique synthé pour un résultat divertissant qui ravira les amateurs de série B et Z. Kurt Russell en anti-héros bagarreur et grande-gueule guide avec jubilation le spectateur dans les bas-fonds et les souterrains de Chinatown à la recherche de la jeune femme aux yeux verts perdue : les producteurs lorgnaient en effet vers le succès d'Indiana Jones avec ces aventures rocambolesques in Little China.
Un mélange complètement barré conduit à un rythme frénétique d'action, d'aventure, de comédie, de kung-fu et de fantastique pour un film à part dans la carrière de Carpenter passé maître dans le genre de l'anticipation (N-Y 1997) et du fantastique (The thing, Ghost of Mars).

Test Blu-ray
Technique
Passé le pré-générique qui laissait présager le pire (fourmillement, flou), l'image, même si le piqué n'est pas des plus pointus, s'avère très correcte au regard de l'âge du film : la colorimétrie, les contrastes de l'image HD permettent de découvrir ou de redécouvrir ce film dans les meilleures conditions techniques.

Côté son, le film bénéficie d'un mixage 5.1 DTS HD élaboré à partir d'une stéréo d'origine, dynamique dans la gestion des nombreux effets sonores (fracas des armes, explosions, coup de tonnerre...) comme clair dans la restitution des voix.

Bonus
Via une navigation amusante avec des gâteaux de fortune ouvrant vers les différentes sections, le disque propose quelques bonus intéressants avec, en premier lieu, un commentaire audio réalisé en 2001 de John Carpenter et Kurt Russell, plein de bonne humeur et d'anecdotes de tournage.
La section Scènes coupées d'une durée de 30' propose essentiellement des scènes allongées, versions intégrales à voir en version copie de travail ou vidéo avec notes explicatives quant aux choix opérés durant le processus de montage. Une fin alternative est également à visionner.
L'interview du concepteur des effets spéciaux Richard Edlund (13') est centrée sur l'analyse du bestiaire du film.
Enfin un court making-of (7') promo (images du tournage, interviews de l'équipe), des bandes-annonces, des spots TV et un clip complètent l'interactivité de cette édition combo (BD+DVD) FPE.

Babel / Alejandro Gonzales Inarritu

En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Diffusé ce soir sur France 2, Babel est l'avant-dernier film, sublime, de Alejandro Gonzalez Inarritu qui présentera son nouveau film Biutiful en compétition au prochain Festival de Cannes.


Après Amours chiennes et 21 grammes Alejandro Gonzalez Inarritu livre avec Babel, prix de la mise en scène au 59ème festival de Cannes, un nouveau film choral éblouissant qui dit à travers le parcours de différents personnages sur trois continents (Amérique, Asie, Afrique) l’universalité de la souffrance.

Un coup de fusil, seulement tiré par deux enfants marocains pour vérifier la portée de l’arme, bouleverse en peu de temps la vie d’un couple de touristes américains en crise (Brad Pitt et Cate blanchett), de leur gouvernante mexicaine contraint d’emmener les enfants au mariage de son fils au Mexique et d’un homme d’affaires japonais qui, malgré lui, a provoqué le drame dans un geste d’amitié quelques mois auparavant lors d’une partie de chasse dans le désert marocain et tente de gérer au quotidien le spleen de sa fille sourde-muette depuis le décès de son épouse.

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Babel reprend avec une ambition décuplée le procédé narratif (fragmentation du récit, multiples personnages unis par un événement dramatique) mis au point par Inarritu et son scénariste Guillermo Arriega depuis Amours Chiennes et 21 grammes : des personnages de nationalités différentes sont touchés sur trois continents par les conséquences inattendues d’un micro événement.

L'auteur est moraliste et son propos universel : le moindre de nos actes peut avoir une incidence dramatique sur l’ordre du monde et rappeler que la souffrance est le lot de chacun. Ce nouveau film est à nouveau l’imbrication parfaite de plusieurs histoires, un puzzle émotionnel dont chaque partie est liée subtilement à l’autre par la profonde humanité de son créateur.

La mise en scène ample relie avec intensité dans différents lieux de la planète les douleurs, les angoisses, les humiliations mais aussi les désirs, les lueurs d’espoir.

L’excellence du casting hétéroclite rassemblant stars (jeu profond de Brad Pitt, vieilli par le chagrin) comme non professionnels (les jeunes marocains) rappelle quel grand directeur d’acteurs est Inarritu.


Ce magnifique chant polyphonique de la douleur invite à la tolérance, au respect des cultures et de la différence et à davantage de communication entre les êtres qui n’ont jamais eu, en ce début de 21ème siécle, autant de moyen de communiquer et paradoxalement si peu échangé.

Une virtuose séquence japonaise où un savant travail sur l’image et le son rend palpable l’isolement d’une jeune sourde-muette dans un club bondé à Tokyo illustre parfaitement cette solitude de l’homme moderne chantée par Richard Ashcroft : Alone with everybody.

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4 mai 2010

George Clooney en tueur à gages pour Anton Corbijn

Focus Features vient de révéler le premier trailer de The american du réalisateur Anton Anton Corbijn (Control) avec George Clooney, Violante Placido, Thekla Reuten, Paolo Bonacelli et Bruce Altman.
Distribué par Mars distribution le film n'a pas encore de date de sortie française prévue mais devrait être sur les écrans américains en Septembre.

Un assassin se cache dans une petite ville italienne juste avant une dernière mission. Mais il baisse sa garde et noue des relations qui pourraient compromettre ses projets...

Les plus curieux, anglophones de surcroît, pourront se rendre sur le blog du réalisateur Anton Corbijn dédié au film : The american blog