15 juin 2010

Les sentiers de la perdition / Sam Mendes

En 1930, deux pères : Michael Sullivan, un tueur professionnel au service de la mafia irlandaise dans le Chicago de la Dépression, et Mr. John Rooney, son patron et mentor, qui l'a élevé comme son fils. Deux fils : Michael Sullivan junior et Connor Rooney, qui font chacun des efforts désespérés pour s'attirer l'estime et l'amour de leurs géniteurs. La jalousie et l'esprit de compétition les plongent dans une spirale de violence aveugle dont les premières victimes sont la femme de Sullivan et son fils cadet Peter. Un long voyage commence alors pour Michael Sullivan et son fils survivant. Au bout de cette route, la promesse d'une vengeance et l'espoir de conjurer l'enfer. Et peut-être l'aube d'un sentiment nouveau entre un père et son fils.

Adaptation du roman graphique de Max Allan Collins, Les sentiers de la perdition est le second long-métrage de Sam Mendes et un nouveau récit centré sur la famille.

Situé dans le Chigago de la Grande dépression, ce film de l'auteur oscarisé d'American Beauty navigue brillamment entre le film de gangsters et le récit initiatique grâce à une mise en scène de grande classe s'appuyant sur la sublime photographie du vétéran Conrad Hall et au jeu solide d'acteurs comme Tom Hanks, convaincant dans son premier rôle sombre face à son mentor joué par Paul Newman. La photo très contrastée, proche du n&b, de Conrad L.Hall est en effet pour beaucoup dans la réussite de ce film noir implacable et à la tension dramatique jamais prise en défaut par la beauté plastique de l'objet cinématographique.

Très bon directeur d'acteurs, Sam Mendes met au centre de ce film de gangsters une double histoire de père et de fils. Newman et Hanks d'un côté, Hanks et le jeune Tyler Hoechlin de l'autre : 2 histoires de paternité et de filiation opposées où un père et son fils de substitution se déchirent (Newman/Hanks en pleine tragédie grecque) et où un père, mutique, souvent absent et son fils, plein d'admiration pour cet homme énigmatique, apprennent à se connaitre lors de leur cavale. Visuellement le film accompagnera ce cheminement vers plus d'apaisement par une palette de couleurs allant d'un ton froid monochromatique (une maison sans vie en hiver) à la lumière estivale d'un bord de plage où se déroulera l'épilogue très réussi. Mendes laisse l'émotion affleurer par petites touches au gré d'une histoire romanesque et funèbre aux accents de tragédie classique où les ombres menacent constamment de se refermer sur ses personnages.

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Test Blu-ray

Technique
Image

Le transfert HD approuvé par le réalisateur respecte les choix artistiques de Conrad L.Hall à savoir une image avec couleurs désaturées et ambiance crépusculaire. Si on aurait évidemment préféré une remasterisation de l'image pour un rendu optimal dans les nombreuses scènes nocturnes ou sombres, l'apport HD est vraiment notable avec une belle tenue globale dans la gestion des contrastes et la profondeur de champ.

Son
Très bon rendu et dynamisme de la bande-son pour la musique et les bruits d'ambiance. La piste DD 5.1 anglaise est une nouvelle fois au-dessus pour la restitution des dialogues.

Bonus
*Commentaire audio de Sam Mendes
Commentaire instructif où le réalisateur décortique la narration en montrant l'intérêt de chaque scène.

*Introduction du réalisateur
Sam Mendes loue les bienfaits du blu-ray notamment lors de la scène de fusillade sous la pluie.
*Documentaire : "L'oeuvre de Conrad L. Hall" (HD - 27')
Bel hommage au chef op Conrad L. Hall 4 fois oscarisé notamment pour Les sentiers de la perdition par ses pairs : les directeurs de la photo Roger Deakins, Vilmos Zigmond, Philippe Rousselot y louent notamment sa prédilection pour les images surexposées tirant vers le n&b comme pour la sublime photo de ce Road to perdition.

*Module interactif : "La bibliothèque" : plongez dans le monde des Sentiers de la perdition (HD - 45')
Le contexte économique (l'Amérique de la Grande Dépression), l'univers des gangsters, l'aspect créatif (les sources d'influences du roman graphique, l'adaptation par Sam Mendes) sont abordés dans ce module très bien conçu à base de vignettes multimédia, informations écrites. Une mine d'informations historiques et cinématographiques avec cette bibliothèque interactive passionnante.


*11 scènes coupées avec le commentaire optionnel du réalisateur (22')
Parmi cette flopée de scènes coupées ou rallongées émergent quelques moments privilégiés entre père et fils, une scène amusante avec Al Capone interprété par Anthony La Plaggia.
*Making of (25')
Making-of HBO classique avec alternance d'interviews du casting, du producteur, du réalisateur, du directeur de la photo et d'images du tournage pour balayer tous les aspects de la production
.

Enfin cette édition FPE ajoute le DVD dans sa pochette cartonnée

(Sortie blu-ray le 16 juin)

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