26 août 2010

The expendables / Sylvester Stallone

Ce ne sont ni des mercenaires, ni des agents secrets. Ils choisissent eux-mêmes leurs missions et n'obéissent à aucun gouvernement. Ils ne le font ni pour l'argent, ni pour la gloire, mais parce qu'ils aident les cas désespérés. Depuis dix ans, Izzy Hands, de la CIA, est sur les traces du chef de ces hommes, Barney Ross. Parce qu'ils ne sont aux ordres de personne, il devient urgent de les empêcher d'agir. Eliminer un général sud-américain n'est pas le genre de job que Barney Ross accepte, mais lorsqu'il découvre les atrocités commises sur des enfants, il ne peut refuser. Avec son équipe d'experts, Ross débarque sur l'île paradisiaque où sévit le tyran. Lorsque l'embuscade se referme sur eux, il comprend que dans son équipe, il y a un traître. Après avoir échappé de justesse à la mort, ils reviennent aux Etats-Unis, où chaque membre de l'équipe est attendu. Il faudra que chacun atteigne les sommets de son art pour en sortir et démasquer celui qui a trahi...

Après avoir ressuscité, avec une certaine réussite, en 2007 et 2008, ses personnages fétiches et iconiques Rocky & Rambo (Rocky Balboa est avec le premier l'un des meilleurs volets de la saga, idem pour John Rambo), Sylvester Stallone a décidé de convoquer pour sa nouvelle réalisation la majeure partie des vieilles gloires du cinéma d'action des années 80 : le géant blond Dolph Lundgren vu dans Rocky IV, la nouvelle star musclé des vidéos club Jason Statham, le bondissant Jet Li, le vilain Eric Roberts, des stars du catch et de la lutte comme Steve Austin ou Randy Couture entourent Sly pour une relecture explosive, à base de corps bodybuildés voire botoxés (Sly, Schwarzy, Rourke luttent contre les outrages du temps) et d'action bourrine des 12 salopards.

Si la mise en scène des nombreuses scènes d'action
faisant la part belle aux cascades et autres effets en live est plutôt efficace, même si on a la tenace impression d'avoir déjà vu mieux ailleurs (chez James Bond, Jason Bourne pour les cascades en avion et voiture; John Woo et Johnnie To pour les fusillades), on regrettera l'absence d'auto-dérision du projet, à peine une poignée de vannes de la part de ces anciennes gloires bloquées dans les 80's. Il faut voir le sexagénaire Stallone se démener comme un beau diable pour nous faire croire en la crédibilité de son personnage de mercenaire casse-cou.
Mise à part une amusante mais trop courte scène réunissant Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis, tout cela est terriblement sérieux et prévisible, un film d'action certes divertissant mais semblable en beaucoup de points (scénario inexistant se contentant d'aligner de manière métronomique les scènes d'action, personnages stéréotypés voire inexistants pour les seconds rôles, jeu monolithique des têtes d'affiche-gros bras, manichéisme primaire...) aux produits formatés des années 80 comme Commando ou Cobra mettant en scène chacun une star hollywoodienne plus célébré pour ses muscles saillants que pour son jeu intense (les pré-cités, Steven Seagal, Jean-Claude Van Damme et autre Chuck Norris). Seul Mickey Rourke, dans une belle scène d'auto-confession qui n'est pas sans rappeler celle de JCVD, parvient à insuffler un peu d'âme au film.

A l'heure où le cinéma d'action propose des héros complexes, tourmentés (Casino Royale), à la recherche de leur identité (la trilogie Jason Bourne) ou un ton amusé à la limite de la parodie (Hot Fuzz, Tonnerre sous les tropiques, L'agence tout risque), Stallone pêche avec The expendables par une absence de second degré que des dialogues d'une pauvreté assez consternante, un scénario bourré de clichés (le dictateur sud-américain à abattre, la belle autochtone à sauver...) et une interprétation assez mauvaise nivellent vers le bas, toute la différence par exemple du crépusculaire Gran Torino, le dernier film de Clint Eastwood, élégant fossoyeur de sa propre mythologie.

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