27 sept. 2010

Wall Street / Oliver Stone

Splendeurs et misères de Bud Fox, jeune loup d'une banque d'affaires de Wall Street, qui réussit à séduire un investisseur, Gordon Gekko. Ce dernier lui explique que l'avarice et l'ambition sont les premières vertus s'il veut réussir dans le milieu de la finance.

Après Platoon, Wall street (1988) est le nouveau film engagé du réalisateur Oliver Stone qui se penche cette fois sur le monde de la finance avec le mordant et l'acuité de ses premières réalisations : défilent délits d'initiés, OPA sauvages et autres magouilles financières de requins cyniques et amoraux dont Gordon Gekko est le chef de file.
Michael Douglas trouva en effet un rôle en or qui lui valut l'Oscar du meilleur acteur : charismatique et cynique en diable, doté de punchlines mémorables ("Greed is good", "If you need a friend, get a dog"), Gekko est le bad guy que vous allez adorer tester. Charlie Sheen, dans un de ses meilleurs rôles aux côtés de son père, incarne quant à lui un jeune loup qui va très vite être vampirisé par Gekko, le tentateur gominé en costume sur mesure à 50000$ qui lui promet argent facile, poulette de luxe en échange de son dévouement/asservissement.

Wall Street est une plongée sans concessions dans le monde du capitalisme financier qui, si esthétiquement accuse un peu le coup, résonne fort dans l'actualité : régie par des valeurs comme la cupidité et la soif de puissance, cette machine infernale semble inarrêtable.

Technique
On regrettera l'absence de restauration : piqué décevant, définition perfectible pour certains plans, couleurs un peu ternes... Avec à la base une photo vaporeuse datée 80's difficile à restituer en HD, l''image proposée dans cette édition blu-ray FPE offre un plus par rapport à l'édition DVD mais est décevante pour ce titre phare de la filmo d'Oliver Stone.
Les pistes sonores sont à l'avenant avec un certain manque de relief général, les dialogues restant clairs en VF comme en VO.

Bonus
Introduction du réalisateur Oliver Stone (1') : réalisée en 2007 pour le 20ème anniversaire du film
Commentaire audio du réalisateur
La cupidité a du bon (57') : doc rétrospectif avec interventions du réal, du cast masculin et de spécialistes de Wall Street. Il est frappant de voir que les traders de Wall Street ont fait de Gekko un modèle de réussite et que les pratiques relatés dans le film sont toujours d'actualité.
Making-of (47') : module classique sur le tournage avec images d'archives et interviews
14 scènes inédites (23') dont chute et fin alternative avec le commentaire optionnel d'Oliver Stone

23 sept. 2010

The ghost writer / Roman Polanski

Lorsqu’un célèbre “nègre” littéraire anglais accepte d’achever les mémoires de l’ancien premier ministre Adam Lang, son agent lui assure que c’est la chance de sa vie. Mais le projet semble d’emblée marqué par la fatalité : le “nègre” apprend ainsi que son prédécesseur, fidèle bras droit d’Adam Lang, est mort dans un mystérieux accident...

Adaptation du roman de Thomas Harris L'homme de l'ombre, The ghost writer développe des thèmes qui font écho à la vie de Roman Polanski (l'exil) ou récurrents dans sa filmographie (l'enfermement, les faux-semblants) sur un canevas scénaristique brillamment exécuté.
La thématique de l'enfermement au coeur d'oeuvres comme Le Pianiste ou Le Locataire s'illustre ici de manière inspirée avec le décor de la villa sur la plage qui tient plus du blockhaus ultra sécurisé que de la résidence de villégiature où est reclus une bonne partie du film le ghost writer pour y travailler, un job qui tient de la spirale infernale. Une sensation d'oppression, anxiogène parcourt en effet tout le film : le héros joué par Ewan McGregor est emporté malgré lui dans une affaire trouble dont l'enquêteur et le spectateur découvrent en même temps l'ampleur dramatique menaçant la sécurité de tous si la vérité était éventée. Derrière l'aventure littéraire se cache une affaire politique potentiellement explosive impliquant les services secrets comme des proches; derrière le thriller politique le drame shakespearien n'est pas loin.
Ce nouveau film de Polanski a tous les ingrédients du parfait thriller hitchcockien : l'homme ordinaire plongé dans une situation extraordinaire, jeu sur les apparences, climat paranoïaque.
A l'action spectaculaire est préférée une subtile montée de la tension, en témoigne deux séquences particulièrement inspirées : la rencontre, dans sa demeure perdue dans les bois, d'un personnage énigmatique et inquiétant interprété par Tom Wilkinson et l'épilogue marqué par l'élégance d'un travelling latéral et l'utilisation habile du hors-champ pour décupler un effet dramatique.
Histoire passionnante, personnages parfaitement interprétés des personnages principaux aux seconds rôles, mise en scène au cordeau, ce Ghost Writer, récompensé par un Ours d'argent au Festival de Berlin 2010 et un prix du meilleur réalisateur, a tout d'un classique.

Test blu-ray

Technique
Une image de grande classe avec une très bonne tenue dans les noirs et fidèle à la photographie froide de Pawel Edelman
Les pistes VO comme VF offrent une belle enveloppe sonore avec à l'arrière la superbe bo d'Alexandre Desplat

Bonus
3 courts dont 2 très intéressants modules d'une dizaine de minutes
Robert Harris : du roman au film : Robert Harris évoque la création du livre et sa collaboration avec Roman Polanski sur l'adaptation
Interviews des acteurs : exercice promo où les acteurs louent notamment la précision du travail de Polanski
Roman Polanski vous raconte son Ghost Writer : une interview exclusive et précieuse du réalisateur dans sa résidence surveillée où il livre quelques secrets de fabrication de ce film "fait pour les grandes personnes"
Bande-annonce et galerie de photos complètent l'interactivité de cette édition HD FPE (incluant le DVD du film) au transfert splendide.

21 sept. 2010

Hors-la-loi / Rachid Bouchareb

Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté...

63ème Festival de Cannes-Compétition


Précédé par une polémique lancée par un député ayant eu accès au scénario jugé partisant et anti-français, Hors la loi, le nouveau film de Rachid Bouchareb et son équipe sont arrivés sur une Croisette sous haute surveillance policière et curieuse (les festivaliers du moins) de découvrir cette œuvre coûteuse (20M d’euros de budget) sur un sujet brûlant en période de débat sur l’identité française.

La projection presse révèlera un film qui, si l’on met de côte le volet historique, oui c’est une fiction inventée à partir de faits réels et documents d’époque qui ne cherche pas à recréer le passé avec une exigence documentaire, cache sous son esthétisme léchée sous influence américaine (Il était une fois en Amérique est souvent cité par Bouchareb comme référence) un manque de tenue dans le scénario et une absence dommageable de souffle romanesque et épique.

Après un court prologue centré sur l’enfance des 3 héros, l’histoire débute de manière violente avec le massacre de Sétif, séquence d’une grande brutalité d’une durée initialement prévue de 30’ et ramenée à 6' dans la version finale avec ce que cela peut impliquer de simplifications et de raccourcis quant à la représentation de cet évènement dramatique (les émeutes de Sétif firent officiellement 102 morts européens et 1165 morts algériens).

Dans la grande Histoire, celle de la décolonisation française, Bouchareb plonge 3 frères, en travaillant sur des archétypes (caractères opposés avec rivalités à la clé) et des codes du cinéma américain (borsalinos, fusillades à la mitraillette, jolie pépée blonde platine…) qu’il ne parvient jamais à sublimer ou à dépasser la faute à un scénario faible et à des personnages peu nuancés et sympathiques. Si Roschdy Zem s’en sort bien, comme toujours, que dire de la crédibilité de Jamel Debbouze avec son personnage d’ancien mac reconverti dans les cabarets et les matchs de boxe arborant cigare, borsalino et nerveux comme un affranchi scorsesien et du manque de conviction de Bouajila en leader révolutionnaire. A la différence d’Indigènes difficile d’être en totale empathie pour ces personnages sans aspérités englués dans une violence tragique : le film à ce sujet renvoie finalement, à sa décharge, dos à dos l’armée française et le FLN. L’exécution, le développement de cet engagement révolutionnaire (fonctionnement des réseaux, relais de l’info) est souvent difficile à saisir, le film étant comme englué dans une logique feuilletonnesque dans un Paris de studio, récrée en Tunisie dans les studios de Tarak Ben Ammar.

Hors la loi ne parvient à tirer le meilleur de son sujet, la faute à un scénario bancal et un manque de souffle lyrique pour rendre passionnante et bouleversante cette saga familiale.

(chronique cannoise; sortie le 22/09/2010)


Conférence de presse Hors-la-loi

C'est dans un contexte tendu (polémique lancée en amont par un député qui taxait sans l'avoir visionné le film d'anti-français, manifestations d'anciens combattants et militants FN autour du Palais le jour de la présentation cannoise) que l'équipe de Hors-la-loi est arrivée en conférence de presse après la première projection presse de ce nouveau film historique. L'énergie communicative de Jamel Debbouze va très vite permettre de détendre l'atmosphère.

Compte-rendu et photo de cette conférence de presse cannoise/FB :

Tout d'abord, selon Rachid Bouchareb, le film a été fait "pour ouvrir un débat et qu'enfin tout le monde puisse s'exprimer et que demain une page se tourne". Il espère que le débat sur le passé colonial se fera "dans la sérénité".
Le sujet du film pour Bouchareb est "la violence politique. Cette violence politique n'est pas seulement liée à la révolution algérienne mais à toutes les révolutions". Le film montre avec le destin de ces 3 frères "jusqu'où on peut aller pour atteindre le but de l'indépendance, de la liberté".

Le titre de Hors-la-loi renvoie au film de gangster mais Bouchareb voulait que son film soit aussi un western. Pour réaliser cette saga historique l'équipe du film a bu bénéficier de l'infrastructure des studios tunisiens de Tarak Ben Ammar (La passion du Christ), de techniciens et de figurants qui se sont mis rapidement, à la joie du producteur, " à la disposition du réalisateur et du peuple maghrébin".

Les trois acteurs (Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila) sont ensuite invités à s'exprimer au sujet de leurs personnages. Pour Roschdy Zem ce sont "trois entités différentes" : le personnage de Debbouze est intéressé par le monde des affaires, celui de Bouajila est l'intellectuel de la famille quand son personnage incarne le bras armé de la famille. Etant donné le caractère très violent de son personnage il est difficile pour lui de s'identifier à Messaoud tout comme Sami Bouajila qui ne sent pas proche de son personnage Abdelkader mais "intéressé par cette énergie, cette détermination, cette conscience politique qui va l'emmener dans un lieu qui va le dépasser".

Jamel Debbouze s'exprime quant à lui longuement sur la complicité qui le lie avec Bouchareb et ses partenaires qui sont autant d'éléments pour "être créatif, en confiance, après l'aventure d'Indigènes qui "nous a nourri".

Au sujet de la genèse de ce nouveau film : "Bouchareb est revenu rapidement vers nous après Indigènes avec une trame et trois archétypes bien campés déjà". Il souligne la bonne ambiance du tournage et le bonheur de travailler avec un tel réalisateur "qui sait exactement ce qu'il veut tirer de nous". Et de rajouter "ce qui est tendu c'est souvent après. A chaque fois c'est une expérience nouvelle, on en sort jamais indemne. Tous les films que j'ai faits avec Rachid ont fait polémique mais force est de constater que c'est un réalisateur de son temps". Selon lui "la polémique n'existe que si elle est en résonance avec le présent; on est, je pense, au coeur du débat. Après ce film j'espère que cela nous permettra de passer à autre chose".

En conclusion Rachid Bouchareb s'estime "content que l'intérêt suscité par son film soit très large". Avec Indigènes l'équipe "voulait qu'une injustice soit réparé". A nouveau "le film est fait pour que tout le monde s'exprime, qu'il y ait échange". Le producteur Ben Ammar assure que "ce film contribuera, comme d'autres, à la mémoire de ce qui s'est passé en France".

Réponse bientôt dans les salles et les médias à partir du 22 septembre.

16 sept. 2010

Mark Walhberg et Christian Bale en frères boxeurs

The fighter réalisé par David O. Russell (Les rois du désert, Adaptation) met en scène deux frères dans le monde de la boxe, interprétés par Marc Walhberg et Christian Bale.

De l'entraînement à la gloire, l'histoire vraie du boxeur Micky Ward entraîné par son frère Dicky, lui-même ancien boxeur.


Voici une bande-annonce de The fighter avant une sortie US en décembre (sortie française indéterminée)



13 sept. 2010

Kick-ass / Matthew Vaughn

Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d'incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n'a qu'un seul problème : Kick-Ass n'a pas le moindre superpouvoir... Le voilà pourchassé par toutes les brutes de la ville. Mais Kick-Ass s'associe bientôt à d'autres délirants copycats décidés eux aussi à faire régner la justice. Parmi eux, une enfant de 11 ans, Hit Girl et son père Big Daddy, mais aussi Red Mist. Le parrain de la mafia locale, Frank D'Amico, va leur donner l'occasion de montrer ce dont ils sont capables...

Véritable bombe cinématographique sortie en avril dernier, Kick-ass de Matthew Vaughn (Layer cake, Stardust) est l'adaptation jubilatoire d'un comics de Mark Millar : original, gonflé, un film d'action improbable qui lorgne vers l'humour distancié et le pastiche du film de super-héros, injecte un suspense digne des meilleurs films d'action tout en distillant de l'émotion en s'attachant à des personnages certes peu conventionnels voire quelque peu dérangés mais plein d'humanité (de l'importance de la famille et de la solidarité dans un monde d'égoïsme et de lâcheté).

Ce long métrage présente en effet une belle brochette de personnages assez dingues : un lycéen mal dans sa peau qui se rêve en superhéros, un père et sa fille passionnés par les armes et la justice, des gangsters sortis d'un film d'un Scorsese. Même si le casting masculin est impeccable (Aaron Johnson et Nicolas cage en tête) la jeune Chloe Moretz en action girl vole la vedette à tout le monde.

Matthew Vaughn en sale garnement aligne les scènes osés politiquement incorrect (pour lui apprendre à encaisser les tirs ennemis un père tire sur sa fillette de 11 ans munie d'un gilet pare-balle) via une mise en scène décomplexée (flash-back en BD de l'histoire de Big Daddy, scène finale de fusillade à faire rougir John Woo et Tarantino où une gamine met une raclée magistrale à une horde de porte-flingues), soupoudre son récit de culture geek (Youtube, comics) et d'humour slap-stick (un bad guy se fait dessouder avec un bazooka) mais aussi montre une violence sèche et brutale très scorsesienne (le héros passe tout le film à morfler sérieusement). En effet s'il se moque gentiment des codes du film de super-héros (l'acquisition d'un costume, le véhicule personnalisé, le signal), le film montre la difficulté et la douleur d'être un adulte et un héros : vous en avez souvent vu, vous, des films où le personnage principal se fait planter dès sa première mission et part à la case hosto?
S'il fait montre globalement d'une approche originale du film de super-héros, Matthew Vaugh lance son récit dans le dernier quart vers les chemins plus balisés et conventionnels de ce genre de film avec revanche et accomplissement de son destin à la clé. Mais le film est tellement insolent, divertissant, jubilatoire sur la durée qu'il serait mesquin de bouder son plaisir.


Concentré de pop culture, Kick-ass ravit avec ce mélange assez détonnant entre divers tons (rire, émotion, peur) et univers (comics, jeu vidéo, cinéma de genre) qui donne vraiment envie de voir la suite.

Test DVD
Technique
Images aux couleurs riches et contrastes marqués, pistes sonores au mixage percutant : on est au top de la SD en attendant de découvrir l'édition blu-ray

Bonus
Commentaire audio de Matthew Vaughn : en toute liberté et franchise (des réserves sont émises sur la fin) le réalisateur revient sur son film très ciblé culture geek
Featurette sur le comic book Kick-Ass (19') : en l'absence d'un making-of consacré au film est proposé ici un module très intéressant sur le comic-book d'origine avec des interventions de ses créateurs Mark Millar et John Romita Jr
Cette édition Metropolitan est complétée par une galeries d'images et des bandes -annonces.

(Sortie DVD & BD le 15/09/2010)

Décès du réalisateur Claude Chabrol

Hier nous apprenions avec tristesse le décès du réalisateur français Claude Chabrol. Après des débuts brillants avec Le beau serge (1958) durant la Nouvelle vague, Claude Chabrol réalisera 55 films pour le cinéma dont Les bonnes femmes (1960), Que la bête meure (1969), Poulet au vinaigre (1985), Betty (1992), Merci pour le chocolat (2000), La fleur du mal (2003) ou plus récemment La fille coupée en deux (2007). Il collaborera à 7 reprises avec Isabelle Huppert de Une affaire de femmes (1988) à L'ivresse du pouvoir (2006) en passant par La cérémonie (1995), grande étape d'une carrière placée sous le signe de la satire de la bourgeoisie de province.
Bellamy (2009) avec Gérard Depardieu est sa dernière réalisation.

Le magazine Première a eu la bonne idée de réunir il y a quelques mois James Gray et Claude Chabrol pour une passionnante interview croisée à lire ICI

12 sept. 2010

Le nouveau film de Sofia Coppola remporte le Lion d'or du 67ème festival de Venise

Le nouveau film de Sofia Coppola, Somewhere, vient de remporter le Lion d'or au dernier festival de Venise. L'édition 2010 était présidée par Quentin Tarantino qui révèle que le choix pour ce film a été "unanime".

Le pitch de Somewhere
Johnny Marco, auteur à la réputation sulfureuse vit à l'hôtel du Château Marmont à Los Angeles. Il va recevoir une visite inattendue : sa fille de 11 ans.

Voici la bande-annonce de Somewhere, sur les écrans français le 5 janvier 2011

10 sept. 2010

Bruce Willis devant la caméra du réalisateur de JCVD

Voici le poster promo du nouveau film de Mabrouk El Mechri (JCVD), The Cold Light of Day, avec Bruce Willis, Sigourney Weaver et Henry Cavill (Immortals, Stardust).

Le pitch de The Cold Light of Day
Après l'enlèvement de sa famille pendant leurs vacances en Espagne, un jeune Américain ne dispose que de quelques heures pour les retrouver, faire éclater au grand jour un complot gouvernemental et trouver le lien entre cette disparition et les secrets de son père.
Sortie prochainement
Source : Worst previews

9 sept. 2010

Apocalypto en blu-ray

L'épique Apocalypto réalisé par Mel Gibson est désormais disponible en blu-ray chez TF1 Vidéo.

Les bonus
Making of (24’)
Scène coupée
Commentaire audio de Mel Gibson et Farhad Safinia (co-scénariste et co-producteur)

Ma critique de Apocalypto est à lire ICI

8 sept. 2010

Des hommes et des dieux / Xavier Beauvois

Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour… Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

63ème Festival de Cannes-Compétition

Sur un sujet a priori peu cinématographique, la vie d’un monastère perdu dans les montagnes du Maghreb, Xavier Deauvois tire un grand film universel sur la foi, l'engagement, le sacrifice, l’amour sans partage pour l’Autre.

Rythmé par les chants liturgiques qui reviennent régulièrement pour traduire l’état d’esprit des personnages, le récit met très vite son petit groupe de personnages devant un choix difficile et grave de conséquences : partir ou rester devant la menace terroriste planant sur la région. La caméra posé cerne les certitudes des uns et les doutes des autres, capte les différentes expressions de la peur de mourir comme la conviction contagieuse dont fait preuve le personnage de Lambert Wilson résolu à demeurer parmi les villageois. Beauvois filme des religieux mais des hommes avant tout, leurs questionnements, leurs vacillements face au danger mortel qui les guette comme leur courage et leur altruisme jusqu'au boutiste. Pas de musique additionnelle hormis un morceau de Tchaikovski lors de la scène émouvante du dernier repas, plans longs, la mise en scène s’attache à raconter simplement l’histoire d’hommes de foi, altruistes et généreux, en communion avec les êtres et la nature, loin de tout sensationnalisme et sensiblerie.

Des hommes et des dieux est du beau cinéma, rigoureux et incarné.

(chronique cannoise; sortie le 08/09/2010)

Conférence de presse Des hommes et des dieux

Grand prix du jury au 63ème festival de Cannes, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois s’inspire librement de la vie des moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

Le réalisateur Xavier Beauvois accompagné de ses acteurs Lambert Wilson et Michael Londsale ont répondu aux questions des journalistes du monde entier.

Le scénario a été présenté à Xavier Beauvois comme étant " au dessus de la religion". Le scénariste Etienne Comar s'est appuyé sur des archives de presse, des écrits de Christian de Chergé, des journaux écrits par les frères.
"Au delà de la religion on parle d'hommes", précise Beauvois, d'hommes "qui sont dans l'être, curieux de la beauté des êtres". Pour Lambert Wilson il est question d'"échange d'amour entre les êtres". Michael Londsale a été touché par cette "affaire d'amour entre ces moines et le peuple musulman".
Concernant la préparation, Beauvois révèle qu'il a fait une retraite monastique et pris des principes moraux auxquels il s'est tenu. Lors des retraites effectuées par l'équipe en amont du tournage, une fusion s'est crée : "on est devenus frères"déclare Wilson. Les chants liturgiques permettent, pour lui, d'"avoir de l'élévation". L'acteur insiste sur la préparation minutieuse lors de ses retraites de 3 jours où un conseiller leur apprenait entre autres le chant.

Au sujet de son personnage, le père Christian : "mon job en tant qu'acteur était d'être humble et d'être inspiré par lui". De plus il ajoute, au sujet de Christian et du personnage de Chabannes dans le film de Tavernier lui aussi en compétition La princesse de Montpensier, que ses "deux meilleurs rôles d'âge mur traitent de la foi".
Concernant le tournage au Maroc, Beauvois y a trouvé des facilités de tournage, de bons techniciens et une passion pour ce pays. Dans ce monde de contemplation et de foi il a fait le choix d'"une mise en scène non speedée". Il précise qu'il ne traite pas d'un fait divers mais d'un drame, avant tout "intéressé par ce qu"ils étaient". Le réalisateur conclut, très satisfait des conditions de tournage : "tout le film était un état de grâce du début à la fin".

(photos FB)

La critique de Des hommes et des dieux est à lire ICI

7 sept. 2010

La première réalisation de Pascal Elbé en vidéo

La première et prometteuse réalisation de l'acteur Pascal Elbé, Tête de turc, sort en DVD et blu-ray le 8 septembre après une timide carrière en salle (213000 entrées France).

Malheureusement ces éditions Warner seront proposées sans bonus.

Ma critique de Tête de turc est à lire ICI

Gemma Aterton envisagée dans les prequels d'Alien

Au sujet des prequels d'Alien réalisés par Ridley Scott, le casting commence à s'organiser. Selon le Sunday Times l'actrice Gemma Aterton (Prince of Persia, Tamara Drewe) est sur le point d'être auditionnée pour le rôle principal féminin. Scott aurait été impressionné par la performance de la jeune femme dans le drame La disparition d'Alice Creed.
Le prequel se déroulera 30 ans avant l'intrigue du film original de 1979 soit en 2085 et explorera les origines des belliqueux aliens.
Selon les déclarations de Scott à The independent "les films seront vraiment durs et vraiment sombres". "Il s'agira de dieux et d'ingénieurs. D'ingénieurs de l'espace. Et se posera la question de savoir si les aliens ont été conçus comme une sorte d'arme biologique?Ou une création capable de nettoyer une planète?"
Les 2 films seront tournés à la suite en 3D.

6 sept. 2010

Piranha 3D / Alexandra Aja

Alors que la ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre secoue la ville et ouvre, sous le lac, une faille d'où des milliers de piranhas s'échappent. Inconscients du danger qui les guette, tous les étudiants font la fête sur le lac tandis que Julie, la shérif, découvre un premier corps dévoré... La journée va être d'autant plus longue pour elle que Jake, son fils, a délaissé la garde de ses jeunes frères et sœurs pour servir de guide à bord du bateau des sexy Wild Wild Girls !

Le frenchie Alexandre Aja poursuit avec succès sa carrière hollywoodienne avec cette nouvelle version du Piranha (1978) de Joe Dante. Conformément au slogan de l'affiche promettant Sea, Sex and blood, Piranha 3D fait dans le gore fun et décomplexé, le plaisir coupable de cet été : on y croise des filles sculpturales (Kelly Brook en tête) objets de toutes les convoitises soit leurs congénères masculins échauffés par la chaleur et l'alcool comme des piranhas déchaînés, la trop rare Elizabeth Shue en shérif intrépide, des caméos jubilatoires (Richard Dreyfuss, Christopher Lloyd), une séquence de massacre aquatique assez hallucinante réunissant des milliers de figurants et 300 000 litres de sang (un record parait-il)...

Piranha 3D avec ce mélange de gore et de comédie nous rappelle aux années 80 et des films comme Gremlins, Evil dead ou Brain dead, soit un grand huit horrifique potache et réjouissant qui exploite assez bien les possibilités de la 3D (en regard d'autres films récents comme Le choc des Titans dont la conversion en post-prod s'est avérée calamiteuse) notamment avec un ballet aquatique lesbien où les formes callypiges des deux nymphettes sont bien mises en valeur.

Mais Piranha 3D est surtout intéressant par la cruauté jubilatoire avec laquelle Aja met en pièces via ses voraces piranhas tous ces corps bodybuildés, refaits, de jeunes étudiants mimant l'éclate au mépris du lieu majestueux qui les accueillent, soit la revanche de la nature sur l'humain irresponsable. Soit une vision drôlement acide de la jeunesse américaine dont on attendra avec intérêt la version uncut où devrait figurer une scène rejetée par les Weinstein, les producteurs d'Aja, où un jeune, déguisé en statue de la Liberté se fait dévorer!

La colline a des yeux / Alexandre Aja

Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus.
Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille.
Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...

Parti à Hollywood, après avoir débuté en France avec Haute tension, tourner un remake de La colline a des yeux (1977) de Wes Craven, le frenchie Alexandre Aja réalise avec ce premier film américain, produit par le maître lui-même, un survival radical d’une incroyable sauvagerie.

Le jeune réalisateur a trouvé au Maroc le décor idéal, un relief rocheux aride et sauvage, pour ce combat d’une famille isolée contre des êtres dégénérés, cannibales victimes d’essais nucléaires perpétrés par le gouvernement américain. Reclus dans une ville fantôme ces derniers attaquent les pauvres voyageurs égarés dans ce no man’s land grâce à la complicité d’un pompiste sénile et cupide. Alexandre Aja, inspiré par Délivrance ou bien La dernière maison sur la gauche, n’épargne, dans des scènes de haute tension, aucune violence à ces personnages : viol, torture pyromane, passage à tabac prolongé. Corps torturés, mutilés, morale chancelante basculant vers une sauvagerie primitive au nom de la vengeance, un maelstrom de violence physique et psychologique emporte survivants et spectateurs avec un sentiment d'inconfort permanent.

Au-delà du pur film de terreur, effrayant, brutal, sanglant, se profile une diatribe contre l’impérialisme américain : cette famille modèle américaine (drapeau national jugé sur l’automobile rutilante) est victime d’êtres eux-mêmes victimes de la grande puissance US (des mineurs chassés de leurs terres au nom de l’intérêt général).

Fort bien réalisé, avec toutefois une réserve quant à l’utilisation d’une musique pompière retentissant lors du triomphe du héros sur ses horribles assaillants, porteur d’un propos politique comme au temps des films cultes d’horreur des 70's, ce voyage au bout de l’horreur est une réussite d’un genre à nouveau florissant car très lucratif depuis le succès de Scream (1996), d’un certain Wes Craven.

La colline a des yeux d'Alexandra Aja est disponible en blu-ray en version unrated chez FPE