6 sept. 2010

Piranha 3D / Alexandra Aja

Alors que la ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre secoue la ville et ouvre, sous le lac, une faille d'où des milliers de piranhas s'échappent. Inconscients du danger qui les guette, tous les étudiants font la fête sur le lac tandis que Julie, la shérif, découvre un premier corps dévoré... La journée va être d'autant plus longue pour elle que Jake, son fils, a délaissé la garde de ses jeunes frères et sœurs pour servir de guide à bord du bateau des sexy Wild Wild Girls !

Le frenchie Alexandre Aja poursuit avec succès sa carrière hollywoodienne avec cette nouvelle version du Piranha (1978) de Joe Dante. Conformément au slogan de l'affiche promettant Sea, Sex and blood, Piranha 3D fait dans le gore fun et décomplexé, le plaisir coupable de cet été : on y croise des filles sculpturales (Kelly Brook en tête) objets de toutes les convoitises soit leurs congénères masculins échauffés par la chaleur et l'alcool comme des piranhas déchaînés, la trop rare Elizabeth Shue en shérif intrépide, des caméos jubilatoires (Richard Dreyfuss, Christopher Lloyd), une séquence de massacre aquatique assez hallucinante réunissant des milliers de figurants et 300 000 litres de sang (un record parait-il)...

Piranha 3D avec ce mélange de gore et de comédie nous rappelle aux années 80 et des films comme Gremlins, Evil dead ou Brain dead, soit un grand huit horrifique potache et réjouissant qui exploite assez bien les possibilités de la 3D (en regard d'autres films récents comme Le choc des Titans dont la conversion en post-prod s'est avérée calamiteuse) notamment avec un ballet aquatique lesbien où les formes callypiges des deux nymphettes sont bien mises en valeur.

Mais Piranha 3D est surtout intéressant par la cruauté jubilatoire avec laquelle Aja met en pièces via ses voraces piranhas tous ces corps bodybuildés, refaits, de jeunes étudiants mimant l'éclate au mépris du lieu majestueux qui les accueillent, soit la revanche de la nature sur l'humain irresponsable. Soit une vision drôlement acide de la jeunesse américaine dont on attendra avec intérêt la version uncut où devrait figurer une scène rejetée par les Weinstein, les producteurs d'Aja, où un jeune, déguisé en statue de la Liberté se fait dévorer!

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