30 nov. 2010

A bout portant / Fred Cavayé

Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l'oeil impuissant de Samuel. A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l'hôpital dans lequel il travaille un homme sous surveillance policière. Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S'il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite...

Après son très bon premier film, le polar Pour elle avec Vincent Lindon et Diane Kruger, le réalisateur Fred Cavayé plonge à nouveau dans A bout portant une personne ordinaire, un aide soignant joué par l'acteur qui monte Gilles Lelouche, dans une situation périlleuse, sous extrême tension.

On retrouve dans ce second film mais à la puissance 10 la prédilection pour cet amoureux du cinéma américain de l'action trépidante, de l'urgence grisante dans une réalisation précise aux plans soigneusement composés. La psychologie des personnages est réduite au stricte minimum pour laisser la place à une fuite haletante qui vire à la chasse à l'homme implacable entre Meurtre en suspens et Le Fugitif : contraint en un temps limité de faire évader un malfrat en échange de la liberté de sa femme le héros de A bout portant va très vite devoir également prouver son innocence dans une affaire de meurtre impliquant le dit malfrat.

La mise en scène nerveuse est un shoot d'adrénaline dont les effets s'étendent sur 1h25, où les séquences d'anthologie se succèdent, la poursuite dans le métro et l'affrontement dans un commissariat en ébullition étant à ce titre de grands blocs de tension comme on n'en avait pas vu depuis La vengeance dans la peau dont le style documentaire avec caméra portée et le score dynamique de John Powell ont visiblement inspiré Fred Cavayé et le compositeur Klaus Badelt. Mais au coeur de cette agitation permanente mais toujours lisible à l'image Cavayé n'oublie pas de raconter l'histoire de personnages en quête de liberté et de vérité (retrouver sa femme kidnappée, prouver son innocence, laver son honneur), glissant, après la rapide exposition centrée sur le quotidien radieux du héros et de sa femme avant le drame, de manière sporadique au détour d'un plan un peu d'émotion pour éviter le pur effet de style.

Ainsi le réalisateur a choisi des acteurs charismatiques assez talentueux pour asseoir en quelques plans, par un travail subtil de suggestion, la crédibilité de leur personnage et leur parcours. Roschdy Zem et Gilles Lelouche dont l'intensité de la relation kidnappeur/otage n'est pas sans rappeler celle de Tom Cruise et Jamie Fox dans cet autre grand polar urbain qu'est Collateral sont formidables comme Gérard Lanvin en flic ambigu.

Les bons polars français sont suffisamment rares pour ne pas être soutenus. A bout portant qui devrait, à n'en pas douter, faire comme le précédent l'objet d'un remake us (The Next Three Days de Paul Haggis avec Russell Crowe), en est un remarquable représentant.

(Sortie le 1er/12/2010)

Pour elle en DVD / Fred Cavayé

Lisa et Julien sont mariés et mènent une vie heureuse et sans histoire avec leur fils Oscar. Mais leur vie bascule, quand un matin la police vient arrêter Lisa pour meurtre.
Elle est condamnée à 20 ans de prison.

Persuadé de l'innocence de sa femme, Julien décide de la faire évader.

Jusqu'où sera-t-il prêt à aller "pour elle" ?

Pour son premier film, Fred Cavayé a placé son intrigue, selon ses propos à la presse pour schématiser ce projet, entre Claude Sautet et Jason Bourne. Pour elle réussit brillamment la balance entre l’étude de caractères centrée sur un couple aimant, ordinaire placé dans une situation extraordinaire et la course contre la montre haletante.

Le sentiment d’urgence face à une situation principale dramatique est bien rendu par un montage nerveux (on reste loin toutefois en terme d’enchaînement de plans de celui trépidant de Greengrass dans la trilogie Bourne) et le jeu solide et intense des deux comédiens principaux.

Diane Kruger est juste; Vincent Lindon qui est de quasiment tous les plans est remarquable, bloc de détermination et de douleur rentrée qui explose dans l’action violente au bord de l’illégalité. Via le personnage de Julien qui est résolu à faire évader sa femme à n’importe quel prix le film soulève la question suivante : qu’est-on capable de faire par amour ?

Si la résolution de la situation dramatique principale n’est pas exempt d’invraisemblances, l’histoire humaine de ce couple uni, charmant, dont les interprètes sont crédibles dans leurs moments de complicité comme dans des échanges dramatiques, est suffisamment forte pour accrocher le spectateur pendant 90 mn.

Le récit est bien tenu : après une exposition rapide, le développement des conséquences de cette situation dramatique est assuré grâce au talent des comédiens et la maîtrise d’une tension constante et d’émotions véritables à travers des scènes intimistes, familiales, alternant avec les préparatifs du plan d’évasion conçu par ce Monsieur Tout le monde que l’amour indéfectible pour sa femme pousse à envisager l’impossible et à s’engager dans un futur dangereux.

Pour elle est donc une très bonne surprise à voir avant tout pour lui, Vincent Lindon dont le charisme viril et la sensibilité rentrée font merveille dans ce drame policier français de belle facture dont le réalisateur Fred Cavayé est à surveiller de près.

Test DVD

Pour ce premier film très maîtrisé, Wild Side a sorti le grand jeu avec un transfert superbe soutenu par une piste DTS mi-débit 5.1 impressionnante.

Au niveau des suppléments, cette édition propose tout d'abord un commentaire audio du réalisateur et co-scénariste Fred Cavayé et du scénariste Guillaume Lemans qui reviennent sur le travail avec l'ensemble des comédiens, leurs choix scénaristiques, les décors, la fin du métrage.

Puis un intéressant making-of d'une trentaine de minutes donne la parole à l'équipe du film, producteur, réalisateu, acteurs et membres de l'équipe technique qui ont tous participé avec énergie et sérieux à ce projet comme en témoigne l'investissement total de Vincent Lindon, remarquable dans ce rôle de Monsieur tout le monde qui se lance vers l'impossible par amour.

Enfin un court-métrage mélancolique de Fred Cavayé, "J", (23') vient clore cette édition qui rend justice à ce film romanesque et haletant à voir ou revoir.

28 nov. 2010

Vampires / John Carpenter

Jack Crow est un chasseur de vampires. Apràs avoir vu ses parents succomber aux dents acérées de l'un d'entre eux, Crow a consacre sa vie a les chasser dans une traque impitoyable qu'il mène depuis des années en compagnie d'une poignée de mercenaires connus sous le nom de Team Crow. A la demande du cardinal Alba, émissaire du Vatican, Crow et ses hommes partent au Nouveau-Mexique avec pour mission de detecter les nids de vampires et de les detruire. Après un nettoyage dans une ferme infestée, la Team Crow se fait attaquer par le grand maitre des vampires, Valek.

En plein revival du film de vampires (Bram Stoker's Dracula en 1993, Entretien avec un vampire en 1994, Un vampire à Brooklyn en 1995...), John Carpenter s'empare à son tour du mythe vampirique dans ce John Carpenter's Vampires (1997) qui, comme son titre le suggère, est une vision personnelle de cette créature fantastique par le réalisateur de The thing.

Carpenter s'éloigne en effet des attributs gothiques et du drame romantique de films comme le Dracula de Coppola d'après Bram Stoker ou Entretien avec un vampire de Neil Jordan d'après Anne Rice pour proposer un film d'action entre fantastique et western avec un anti-héros proche de son mythique Snake Plissken.

De la scène d'ouverture, classique scène d'épouvante où une bande de mercenaires nettoie un nid de goules à l'affrontement final dans un village fantôme Carpenter se fait visiblement plaisir à filmer la traque, par un groupe de mercenaires emmené par le charismatique John Crow (James Woods), d'un maître vampire particulièrement coriace.
Les références au western (les mercenaires bruts de décoffrage comme dans La Horde sauvage, la bataille finale circonscrite à une bourgade comme dans Rio Bravo) comme à son propre cinéma (le chasseur endurci et rebelle Jack Crow est un cousin éloigné du Snake Plissken de New-York 1997) sont intégrées avec jubilation dans cette histoire originale où l'Eglise catholique emploie une équipe de mercenaires pour exterminer à travers le monde des vampires qu'elle a elle même créés accidentellement au XIIIème siècle
.

Avec ces nombreux filtres colorés posés sur le décor désertique du Nouveau-Mexique, sa musique rock composée comme à son habitude par le réalisateur lui-même, ses personnages au look cool et son traitement amusant d'éradication des goules (les suceurs de sangs sont trainés dehors, par un système ingénieux que je vous laisse découvrir, pour inflammation fatale) le Vampires de Carpenter est une manière divertissante de renouveler le genre vampirique, une sorte de western fantastique avec une touche sexy (Sheryl Lee traverse le film très dénudée) comme le veut la passionnante mythologie du vampire.

Test blu-ray

Technique
Le master retranscrit fidèlement les teintes vives, rouges dominants, voulues par Carpenter. On notera parfois des visages à la teinte trop rose et une image trop lissée. Mais une définition solide, des contrastes bien marqués et une enveloppe sonore convaincante via
les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise et française assurent à cette édition blu-ray distribuée par M6 un plus technique non négligeable par rapport à l'édition SD.

Bonus
Le disque reprend les suppléments déjà présents sur l'édition 2 DVD Collector, à savoir tout d'abord un commentaire audio de John Carpenter où il distille avec précision, comme à son habitude dans ce genre d'exercice, un nombre conséquent d'informations sur le tournage. Vient ensuite un portrait du réalisateur issu de la célèbre série américaine intitulée The Directors (50') : la plupart de ses films jusqu'au milieu des années 90 sont traités via extraits des oeuvres, interview de Carpenter et interventions d'artistes ayant collaboré avec lui (Kurt Russell, Jamie Lee Curtis). Des interviews sur le set de Vampires agrémentées de quelques images du tournage (6') ainsi que des bandes-annonces complètent l'interactivité.


Chronique faite en partenariat avec Cinetrafic.fr disponible également sur cette page dédiée au film : http://www.cinetrafic.fr/film/15520/vampires. De plus vous pourrez retrouver sur le site une liste de films de vampires : http://www.cinetrafic.fr/liste-film/3736/1/les-films-de-vampires

24 nov. 2010

Le nom des gens / Michel Leclerc

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

32ème CINEMED- Avant-première

Après une remarquée ouverture de la Semaine de la Critique 2010, Le nom des gens, écrits par Michel Leclerc et sa compagne Baya Kasmi, continue de séduire lors de son circuit d'avant-premières avant sa sortie prochaine.

Avec son couple atypique, Arthur Martin, quadra rigoureux et réservé, Bahia Benmahmoud, jeune femme délurée se servant de ses charmes pour convertir ses ennemis politiques au socialisme, Michel Leclerc trousse une comédie irrésistible carburant à l'humour caustique pour parler de choses graves (la Collaboration, la Shoah, le port du voile intégral...) à la manière d'un Woody Allen dont il reprend des idées de mise en scène comme le double enfant ou l'adresse à la caméra, au comique de situation ciselé (un dîner familial surréaliste), aux répliques percutantes.
Via son duo iconoclaste campé formidablement par Jacques Gamblin et Sara Forestier, Leclerc aborde des questions sociétales et politiques intéressantes, toujours avec une légèreté et une désinvolture étudiées, comme celle de l'identité (le nom des gens a-t-il une influence déterminante sur leur vie?) ou du vivre ensemble (lui d'origine juive et elle d'origine maghrébine forment un couple possible). L'émotion n'étant jamais bien loin en évoquant le passé familial, personnel de ces deux personnages, à accepter, à exorciser, pour aller de l'avant.

Le film de Michel Leclerc aligne, sur un bon rythme, de savoureux moments comiques, à l'image de l'apparition déjà anthologique de Lionel Jospin balançant avec décontraction et naturel une des répliques les plus hilarantes du film : "Un jospiniste aujourd'hui, c'est aussi rare qu'un canard mandarin sur l'île de Ré".

Le nom des gens
est l'une des propositions comiques les plus originales et efficaces à retenir de cette fin d'année.

23 nov. 2010

Outrage / Takeshi Kitano

Plusieurs caïds de second rang se réunissent lors d'un festin avec «Monsieur le Président», chef de l'organisation mafieuse Sanno-kai qui règne sur Tokyo et son agglomération. Kato, numéro 2 de Sanno-kai, déconseille à Ikemoto de trafiquer au grand jour avec Murase, un ancien avec qui il a scellé un pacte en prison. Afin d'atténuer les soupçons de M. le Président, Ikemoto confie à son acolyte Otomo une sale besogne : s'attaquer, en douceur, à Murase. Les agissements d'Otomo marquent le début d'une longue série de divisions et de trahisons. Très vite, les clans de yakuza noient dans le sang leur quête impérieuse de pouvoir et d'argent. Les caïds se défient pour monter dans les rangs de l'organisation à coups de complots et d'accords mort-nés. Dans ce monde corrompu dépourvu de héros, seuls s'affrontent les méchants dans une guerre ultraviolente.

63ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Après une parenthèse introspective qui flirtait parfois avec l’expérimentation (Takeshis’) et où il était souvent question de la création (Glory to the filmaker! et Achille et la tortue), le plus célèbre réalisateur japonais contemporain revient, 10 ans après Brother, aux films de yakusas qui ont fait sa gloire au début de sa carrière de réalisateur (entre autres casquettes Kitano est aussi animateur TV, peintre…).

N’ayant pas la rigueur dramatique de Violent Cop ni la mélancolie noire de Sonatine, deux grandes réussites inscrites dans cet univers violent, ce nouveau polar, Outrage, produit par la branche nippone de Warner, joue la surenchère dans la violence en multipliant les meurtres et les tortures gore (à base d’instrument de dentiste ou de corde) comme dans les coups-bas auxquels se livrent les mafieux pour qui la parole donnée ne signifie plus rien. Peu diserts dans ses précédents films, les yakusas montrés ici par Kitano parlent sans arrêt, se coupent la parole, un égocentrisme auquel s’ajoute un infantilisme marqué.

Délitement de la morale (si tant que cela existe dans ce milieu), perte des traditions (se couper un doigt en signe d’allégeance ne signifie plus rien), diversification des trafics (la drogue, les casinos, la Bourse) sont constatés avec amertume par Otomo, le yakusa à l’ancienne interprété par Kitano. C’est dans ce traitement plein de cynisme de l’univers des yakusas que réside l’intérêt principal de ce polar ultra-violent parsemé de giclées d’humour noir traversé par un Kitano mutique, brute mélancolique qui attend en guerrier zen sa mort prochaine.

(chronique cannoise; sortie le 24/11/2010)

16 nov. 2010

Dernier étage gauche gauche / Angelo Cianci

32ème CINEMED - Avant-première

Pour son premier film, Angelio Cianci a choisi la forme du huis-clos policier (une prise d’otage dans un appartement avec trois personnages) situé en banlieue pour parler de la famille, de la société grâce à la dynamique de la comédie, associant avec efficacité comédie et arrière-plan social à l'image des comédies italiennes Miracle à Milan ou Le pigeon.

Un malentendu va provoquer un enchainement de faits tragi-comiques : la prise d’otage de l’huissier conduit à une mise sous tension du récit et de son trio de personnages ordinaires plongés dans une aventure potentiellement explosive. Cette tension déployée sur plusieurs heures (arrivée des forces de police, conflits d’intérêts des kidnappeurs, tentative d’intervention du GIGN, liste des revendications …) se traduit par une caméra agitée et une parole incessante monopolisée par le fils, d’autant plus que le personnage d’Hippolyte Girardot est bâillonné. Puis au fil des heures la parole se distribue au sein du trio, la mise en scène laisse les personnages prendre plus d’épaisseur et se révéler différents de ce qu’ils laissaient penser et du coup plutôt attachants (le fils rebelle est en fait le plus conformiste, le père largué un chef de famille aux idées engagées et l’huissier un révolutionnaire en puissance). La parole, au début réservée aux insultes, aux disputes va libérer peu à peu les confidences comme les vérités enfouies.

S’il part de gros clichés sur la banlieue et ses habitants, le réalisateur parvient petit à petit à rendre ses personnages intéressants en dévoilant leurs secrets, leurs aspirations comme montrer un cadre où la solidarité permet d’oublier les dures conditions de vie. Hippolyte Girardot en huissier de justice sous tension et non conformiste, Fellag en père de famille en conflit face au jeune Aymen Saidi en petite frappe découvrant que les mots peuvent faire plus de dégâts qu’un gun assurent la partie comique, sans oublier l’excellent Michel Vuillermoz en préfet légèrement nerveux, comme celle plus posée de cette comédie bien écrite.

Dernier étage gauche, gauche est un sympathique premier essai nonobstant une fin trop brutale, laissant ses personnages en pleine action.

(sortie le 17/11/2010)

Rencontré après l’avant-première du film au 32ème CINEMED pour Cinealliance.fr, le jeune réalisateur Angelo Cianci s’exprime sur ses intentions.

Tout d’abord le réalisateur de cette comédie primée au 15ème Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz révèle que son premier long-métrage a été tourné au mois de juillet dernier en 36 jours en région Rhône-Alpes dans une cité investie 2 mois avant le tournage pour travailler avec gens du quartier et les impliquer.

Le défi de départ «était de ne pas trouver trois acteur qui allait jouer les uns aux côtes des autres de mais fonder un peu une famille, faire une triangulation qui marcherait ».

Fellag fut impliqué bien en amont pour travailler sur les faits de langue, expressions kabyles. Puis le réalisateur avait besoin d’ « un huissier de justice un petit peu hors norme, très en tension » : Hippolyte Girardot pour qui le realisateur avait écrit un long métrage s’est vite imposer. Enfin le jeune acteur, Aymen Saidi, découvert par Angelo Cianci en arrière-plan dans Eden à l’ouest puis dans St Jacques la Mecque et au théâtre, fut engagé pour compléter le trio.

Concernant son approche sur le film de banlieue Angelo Cianci précise qu’il existe une« voie du milieu » où il est possible faire un mélange des genres « entre les films rigoristes de Rabah Ameur-Zaimeche (Wesh Wesh, Bled number one) et à l’extrême les productions Besson qui sont des films pop-corn ». Il précise : « Faire un film sur la banlieue c’est jouer avec les clichés, c’était compliqué de ne pas les utiliser. Plutôt que d’en être la victime j’ai préféré en jouer. Je suis parti en fait des 3 personnages principaux qui étaient les pires clichés que l’on puisse imaginer : le jeune incarné par est la caricature absolu de la jeune racaille de banlieue, le personnage joué par Fellag est la caricature du père qui a baissé les bras, se tait et est victime de la loi du silence, l’huissier incarné par Hippolyte est la caricature de l’huissier, bougon, froid dans son petit costume gris. Je suis parti de ces clichés pour mieux les démonter. Je demande au spectateur d’accepter pendant 10 mn de regarder un film où on est dans le cliché de me faire un peu confiance et assez vite finalement on voit qu’on les demande, que les personnages sont plus en demi-teinte qu’ils ne l’étaient au début ».

Avec Dernier étage, gauche il n’a « pas voulu faire un film pro-banlieue où on est dit que tout est génial, où toutes les valeurs sont super, où il faut y vivre parce qu’on peut y vit bien ; à l’inverse je n’avais pas envie de stigmatiser ça et ne parler que de ça, j’avais envie de dire que la promiscuité ne crée pas que des problèmes, elle crée aussi de la solidarité ».

En fait « une grande partie du film parle des malentendus et des mal entendus. La question de la parole est centrale, tout le film a été construit sur des échanges ». Pour illustrer ce pouvoir des mots le réalisateur cite une réplique de François (Hippolyte) : « la langue est l’organe est le plus mou mais elle peut couper des têtes ».

15 nov. 2010

Roméo + Juliette / Baz Luhrmann

Adaptation de la plus célèbre pièce de Shakespeare, évoquant la passion d'un jeune couple appartenant à deux familles ancestralement ennemies, replacée à notre époque de bruit et de fureur mais avec le texte intégral de l'auteur.

En 1996 le nouveau film d'un australien un peu fou débarqua sur les écrans, Roméo + Juliette, adaptation moderne du classique de Shakespeare.

Le premier quart d'heure est assez déroutant : dans une station service de Miami de jeunes punks affrontent des latinos gominés en clamant du Shakespeare dans une mise en scène speedée à la sauce MTV avec hommages appuyés à Sergio Leone et John Woo! Puis quand rentre en scène Roméo/Leonardo Di Caprio sur une musique de Radiohead le charme opère et ne quittera plus l'écran : la rencontre entre le texte de Shakespeare et des musiques modernes provoque des étincelles que la mise en scène flamboyante de Baz Luhrmann attise sans jamais perdre de vue l'émotion dégagée par son couple d'acteurs DiCaprio/Claire Danes.
L'incroyable musique, mélange d'adagios, du Tristan et Isolde de Wagner et de tubes pop rock dûs à des artistes comme Des'ree, Garbage ou The Cardigans, n'a pas seulement fonction d'illustrer les images mais bien de commenter le drame se jouant à l'écran entre les deux amants maudits.
DiCaprio/Claire Danes illuminent de leur jeune beauté et de leur jeu intense cette tragique histoire que l'on a un grand plaisir à redécouvrir sous cette patine moderne.

Le projet était risqué de proposer une relecture rock'n roll du classique de William Shakespeare, Luhrmann a gagné en mettant une audace visuelle et un choix musical détonnant au service d'un romantisme noir incarné par deux excellents acteurs interprétant avec conviction la fièvre adolescente et la passion inconsumable au coeur de cette histoire intemporelle.

Test blu-ray

Technique

Supervisée par Baz Luhrmann, la restauration de Roméo + Juliette est une réussite incontestable avec en premier lieu des couleurs éblouissantes. Les contours sont bien marqués; les contrastes bien gérés. La définition est très solide nonobstant une poignée de plans avec une netteté perfectible. On retrouve à l'image, selon la volonté du réalisateur, ce petit grain argentique cinéma pour ne pas aboutir à un rendu trop lisse. En résumé un master très propre pour une re-découverte du film.
Que dire sinon que la piste VO DTS-HD Master Audio 5.1, plus dynamique, musicale, ample (voir l'énergie sonore de la scène d'ouverture ou celle du bal chez les Capulets) que la VF, néanmoins dotée d'un bon doublage, s'impose pour le texte original.

Bonus

Premier supplément de qualité : l'incroyable fonction PIP couplée au commentaire audio délivre une impressionnante quantité d'infos sur le film de manière ludique et en HD: tracklist, informations en Pop-Up, galeries photos, modules de making-of...
Ensuite est proposé un énorme documentaire sur la musique du film : sa création, son enregistrement, son succès abordés dans de nombreuses interviews. Trois courts modules accompagnent ce passionnant documentaire consacré à cette bo devenue culte.
Les Archives inédites sont constituées de quatre petits documents de la collection personnelle du réalisateur où les coulisses du tournage nous sont dévoilées via des répétitions avec les acteurs et des instantanés de tournage.
La Galerie du réalisateur regroupe des interventions du réalisateur où il s'explique sur ses choix artistiques, détaillant même avec humour la présentation de son projet aux patrons de la Fox.
5 extraits du tournage vu par le chef opérateur et des interviews d'époque complètent l'interactivité de cette superbe édition combo (BD+DVD) proposée par FPE.

A noter que l'éditeur propose Moulin rouge du même réalisateur dans une édition de qualité identique avec master restauré et spectaculaire interactivité.

14 nov. 2010

Compte-rendu du 32ème CINEMED

La 32ème édition du Festival International du Cinéma Méditerranéen (CINEMED) s'est déroulée à Montpellier du 22 au 30 octobre dernier.
J'ai couvert pour Cinealliance.fr le festival dont vous pouvez lire mon compte-rendu ICI sur le mini-site crée pour cet évènement cinématographique devenu incontournable. Vous y trouverez critiques de films en avant-première (Le nom des gens de Michel Leclerc, De vrais mensonges de Pierre Salvadori...), rencontres avec des réalisateurs (interview de Dario Argento à qui le festival rendait hommage) et acteurs (Carmen Maura, la marraine du CINEMED), photos...
Bonne lecture.

13 nov. 2010

La trilogie du dollar / Sergio Leone

La trilogie mythique de Sergio Leone avec trois westerns spaghetti : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon, la brute et le truand.

Dès sa première incursion dans le genre Sergio Leone pulvérise dans Pour une poignée de dollar (1964) les codes du western avec son héros/anti-héros décalé (solitaire taciturne et cynique, motivé essentiellement par l'argent, avec un dress code particulier), son refus de la psychologie et de la morale au profit d'une action ludique et violente, des fulgurances de mise en scène baroque avec ces très gros plans dans des séquences de tension où le temps est dilaté. La musique de Ennio Morricone joue également pour beaucoup dans le succès de ce westerns spaghetti inspiré du Yojimbo de Kurosawa.

Dans Pour quelques dollars de plus (1965) Leone muscle le scénario qui dans le premier tourne un peu en rond en ajoutant un personnage de chasseur de primes aux côtés de l'Homme sans nom interprété à nouveau par Clint Eastwood. Face à Eastwood et Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte incarne le bad guy à l'état pur. Leone introduit le motif du flash-back, récurrent dans la trilogie Il était une fois et l'utilisation de l'arène circulaire comme théâtre de duel.

La mise prendra plus d'ampleur, en alternant scènes spectaculaires et scènes plus intimistes, avec Le bon, la brute et le truand (1966), sommet de cette trilogie où la guerre fait irruption dans les aventures picaresques d'un trio infernal campé par les charismatiques Cint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach dans le rôle de l'impayable Tuco. La séquence finale, l'affrontement dans un cimetière, est particulièrement mémorable par la virtuosité de sa mise en scène amplifiée par la musique de Morricone et ses dialogues inspirés dont le fameux "Dans la vie, il y a ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent. Alors, creuse !".

Deux ans plus tard, avec Il était une fois dans l'ouest, envoûtante danse de mort, Leone entrera définitivement au panthéon des grands stylistes du western.


Test blu-ray

Technique

Les deux premiers opus de cette trilogie du dollar ne bénéficient malheureusement pas de masters propres qui rendent justice aux films : quelques taches par ci par là, un piqué insuffisant en basse lumière et un fourmillement trop présent. Les extérieurs restent lumineux et bien définis dans Pour quelques dollars de plus.

Si l'image ne convainc qu'en partie, les pistes sons remasterisées sont très efficaces : la VO anglaise en 5.1 DTS HD s'avère en effet dynamique et profonde. A noter que la VF avec doublage d'époque de Pour une poignée de dollars est enfin disponible après l'imbroglio juridique qui empêchait jusquà maintenant la commercialisation du titre.

Pour une poignée de dollars étant édité pour la toute première fois en DVD et en Blu-ray tout comme Et pour quelques dollars de plus disponible pour la première fois en Blu-ray (uniquement en coffret lui aussi) il est difficile pour les fans des premiers westerns de Sergio Leone de faire l'impasse sur ce coffret, malgré des masters décevants pour ces deux titres.

Le master restauré de Le bon, la brute et le truand, utilisé pour la sortie du DVD collector en 2004, est quant à lui de bonne qualité comme l'acoustique. La version longue est à visionner de préférence en vo car Clint Eastwood et Eli Wallach ont effectué le doublage pour les séquences additionnelles, à l'inverse de la piste française proposant des doubleurs différents lors des ajouts.

Bonus

Concernant les bonus des deux premier films, seules les archives de Christopher Frayling sont malheureusement sous-titrées en français. Sur le disque de Pour une poignée de dollars, cet historien collectionneur nous fait découvrir des affiches originales, des photos d'exploitation pour la sortie dans différents pays de ce premier volet et la première version du scénario initialement intitulé The magnificient stranger.

Les autres courts modules comme celui consacré au nouveau type de héros initié par Leone ou bien les interventions de professionnels comme le réalisateur Monte Hellman sont intéressants mais à consulter exclusivement dans la langue de Shakespeare.

Même type d'interactivité pour Et pour quelques dollars de plus avec interventions toujours pertinentes de sir Christopher Frayling.

Les bonus du blu-ray de Le bon, la brute et le truand, proposé dans sa version longue, sont quant à eux intégralement en VOST. Cette édition blu-ray propose, par rapport à l'édition DVD collector, un nouveau commentaire audio du biographe de Leone, Christopher Frayling qui, pendant 3 heures, nous régalent de ses analyses et anecdotes.

Parmi les modules à retenir en priorité citons L'ouest de Leone, un documentaire s'appuyant sur des photos d’époque et des interviews récentes de Clint Eastwood et d'Eli Wallach pour montrer la singularité des westerns italiens et en particulier ceux de Sergio Leone vu au travail dans les célèbres studios Almeria en Espagne.

Le style de Leone, axé sur les méthodes de travail du réalisateur et les caractéristiques de son style et le documentaire L’homme qui perdit la guerre civile, expliquant la toile de fond historique du film à travers divers documents écrits et vidéo (à base de reconstitutions) sont également recommendables.

Un module sur la version longue du film et un autre sur la musique composé par le maestro Ennio Morricone complètent l'interactivité.

Le détail des bonus de ce coffret FPE :

Pour une poignée de Dollars
- Archives de Christopher Frayling : Pour une poignée de Dollars
- Commentaire de Christopher Frayling, historien du cinéma
- Documentaire : Un nouveau genre de héros
- A quelques semaines en Espagne : entretien avec Clint Eastwood
- Tre Voci/Les trois voix : Pour une poignée de Dollars

- Monte Hellman, à propos de la diffusion télévisée de Pour une poignée de dollars
- Entretien avec Harry Dean Stanton
- Documentaire : le lieu de tournage, d'hier à aujourd'hui
- 10 Spots radio

- Bande-annonce

Pour Quelques Dollars De Plus
- Commentaire audio de Sir Christopher Frayling, biographe de Sergio Leone
- "Clint revient à la charge" : Clint Eastwood parle de sa collaboration avec Leone - "Un nouveau procédé" : analyse de Sir Christopher Frayling sur le style de Leone
- "Tre Voci / Les trois voix" : le producteur Alberto Grimaldi, le scénariste Sergio Donati et l’acteur Mickey Knox parlent du film - Documentaire sur le travail de restauration
- Scènes inédites provenant de la version américaine - Retour sur les lieux de tournage
- Bandes-annonces originales
- Galeries photos

Le Bon, La Brute et le Truand
- Commentaire audio de Richard Schickel, biographe de Clint Eastwood
- Commentaire audio de l’historien Christopher Frayling
- Making of : «L’Ouest selon Leone»

- 6 documentaires (86’)
- 2 scènes coupées (10’45”)
- Bonus cachés (3’)

12 nov. 2010

Alien Anthologie

La saga Alien en 4 films et 4 réalisateurs de 1979 à 1997

Dans le premier opus, le meilleur de la saga Alien, Ridley Scott parvient à créer une ambiance anxiogène avec une mise en scène élégante (longs travellings dans les coursives puis caméra plus nerveuse pour accompagner la montée de la tension) adoptant un rythme assez lent pour mieux décupler les moments de terreur; un premier chapitre indépassable par sa maitrise remarquable de la tension dramatique et une Sigourney Weaver excellente en héroïne combattante.

Dans Aliens, le retour, envisagé comme un film de guerre dans l'espace, James Cameron opte pour un film plus musclé et spectaculaire où Ripley doit faire maintenant faire face à une horde d'Aliens sans oublier une touche d'humanité avec le personnage de la jeune Newt.

Comme dans nombre de ses films, David Fincher plonge avec intensité ses protagonistes dans un univers clos, aux lignes de fuite bouchées, pour les mettre face aux plus bas instincts humains (échouée sur une planète-prison Ripley doit faire face au monstre comme à la lie de l'humanité) et à une violence endémique dans Alien 3.

Quant à lui, le français Jean-Pierre Jeunet joue beaucoup, dans Alien la résurrection, sur l'esthétique pour pallier un scénario faiblard tout en injectant un peu d'humour et un certain savoir-faire en terme de virtuoses mouvements de caméra (belle séquence de traque dans une cuisine inondée).

Test blu-ray
L'édition Facehugger comprend 6 disques blu-ray et un livret complet de navigation avec préface de Ridley Scott et mode d'emploi de la fonction MU-TH-UR.
Le présent test a été effectué sur les versions longues des quatre films .

Technique

Alien
Restauré en qualité HD (4K) sous l'oeil de Ridley Scott, l'image de Alien est à couper le souffle: incroyable profondeur de champ dans les couloirs du vaisseau, contrastes très bien gérés, infinis détails révélés...La performance technique, compromis idéal entre patine argentique et haute définition, est assez impressionnante, difficile de croire que le film a été tourné il y a 30 ans!


La restauration de la vo permet une spatialisation probante; un festival multicanal pour une immersion totale dans le Nostromo.

Aliens, le retour
Le nettoyage des images, supervisé par James Cameron a permis de réduire la forte granularité des copies précédentes, offrant des plans superbes sur les visages ou les intérieurs de la base de l'espace. Cependant certains plans de la version longue affichent des contrastes perfectibles avec un bruit passager. La présente copie permet de revoir cette suite dans les meilleures conditions techniques.

La piste VO, en DTS-HD Master Audio 5.1, bénéficie à nouveau du meilleur traitement avec une surprenante ouverture Stéréo avant et arrière du plus bel effet lors des nombreuses fusillades.

Alien3
Le gain notable par rapport au DVD se situe principalement au niveau de la colorimétrie, bien équilibrée avec une belle restitution des tons ocres dominants. Le master restauré est agréablement lumineux et clair.Que ce soit au niveau de petits effets ou de la musique d'Elliot Golldenthal la partie sonore séduit par sa puissance.

Alien, la résurrection
Seul titre du coffret a ne pas avoir bénéficié de remasterisation, le dernier opus de la saga Alien présente un piqué satisfaisant, de belles couleurs mais déçoit un peu par des contours pas toujours très appuyés et un grain, pas forcément voulu, assez présent. L'image reste plus détaillé que celle du DVD mais aurait mérité un remaster.

Au niveau sonore c'est par contre un sans-faute avec préférence pour la piste DTS-HD Master Audio 5.1 idéalement équilibrée, entre effets divers, score de John Frizzell et dialogues.


Bonus

Sur chaque disque des films est proposé au choix la version cinéma ou la version longue soit pour Alien la version cinéma (1979) ou la version director’s Cut (2003) avec introduction du réalisateur Ridley Scott, pour Aliens la version cinéma (1986) ou la version longue (1991) avec introduction du réalisateur James Cameron, pour Alien3 la version cinéma (1992) ou la version longue de travail entièrement restaurée (2003) et pour Alien, la résurrection la version cinéma (1997) ou la version longue (2003) avec introduction de Jean-Pierre Jeunet.


De plus pour chaque opus, vous trouverez des commentaires audio du réalisateur (excepté David Fincher) et de son équipe, des pistes isolées de la musiques, des scènes coupées et étendues et l'expérience interactive avec le MU-TH-UR (pour les fans possibilité via ce mode de navigation remarquable de placer dans la mémoire tampon du lecteur Blu-ray des signets ou marques-pages tout au long des films qui permettent ensuite, lorsque sont insérés les disques bonus (5 et 6) d'avoir une foule d'informations sur la séquence / scène que vous avez sélectionné : commentaire audio sur ce passage précis, storyboards..). du film, des


Les bonus de cette anthologie représentant une soixantaine d'heures, il n'a pas été possible, pour des questions de timing, de visionner la totalité des bonus des disques 5 et 6. Le disque 5 reprend les making-of ultra complets déjà disponibles dans le coffret DVD Quadrilogy avec pour le documentaire consacré à Alien3 des séquences inédites faisant état des soucis de production rencontrés par David Fincher sur le tournage. Le disque 6 Archives anthologiques propose entre autres les premières versions des différents scénarios, des galeries de story-boards et de photos, des archives vidéos.


Voici la liste complète des suppléments répartis sur les deux derniers disques de ce coffret évènement FPE qui fera date que ce soit pour la qualité des masters ou la copieuse interactivité permettant de tout savoir sur cette saga mythique.

Disque 5 : fabriquer l’Anthologie

La Bête est à l’intérieur : Making-of d’ALIEN
o La bête : developer l’histoire
o Les animateurs: direction artistique et design
o Les convoyeurs de l’espace : Casting
o La peur de l’inconnu : Shepperton Studios, 1978
o Au confins de l’obscurité : le Nostromo et la planète Alien
o Le 8ème passager : le design de la créature
o Tension dans le futur : montage et musique
o Vers l’extérieur : les effets visuels
o Le cauchemar devient réalité : les réactions au film

Une puissance de feu supérieure : Making-of d’ALIENS
o 57 ans plus tard : poursuivre l’histoire
o Construire des mondes meilleurs : de la conception à la construction
o Préparation pour la bataille : casting et personnages
o Cette fois, c’est la guerre : Pinewood Studios, 1985
o Le risqué est toujours là : Armes et action
o La traque : le design de la créature
o La belle et la garce : l’exosquelete contre la reine Alien
o Deux orphelines : Sigourney Weaver et Carrie Henn
o Le compte à rebours : musique, montage et bande-son
o Le pouvoir des effets spéciaux : effets visuels
o Aliens déchaîné : les réactions au film

Epave et rage : Making ALIEN3
o Développement : conclure l’histoire
o Les contes de la planète de bois : la vision de Vincent Ward
o Interruption du stase : la vision de David Fincher
o Xeno-Erotic: les nouvelles illustrations de H.R. Giger
o La couleur du sang : Pinewood Studios, 1991
o Organisme polymorphe : le design de la créature
o The Downward Spiral: Creative Differences
o Les brûlures glaciales du soleil : Fox Studios, L.A. 1992
o Fureur visuelle : les effets visuels
o Requiem pour un cri : musique, montage et bande-son
o Post-Mortem: les réactions au film

Une étape de plus vers l’au-delà : Making-of d’ALIEN RESURRECTION
o Naît dans les cendres : revivre l’histoire
o Revirement français : realization et design
o Sous la peau : Casting et personnages
o La mort vient par en-dessous : Fox Studios, Los Angeles, 1996
o Dans la Zone : la scène de basket
o Mutation surnaturelle : design de la créature
o Composition génétique : musique
o Aliens virtuels : images informatiques
o Question de taille: les miniatures du film
o Tournant critique : les réactions au film

Disque 6 : Archives anthologiques

ALIEN

• Pré-Production
o La première ébauche de scénario par Dan O’Bannon
o Ridleygrams: Original Thumbnails and Notes
o Storyboard
o L’Art d’Alien: Portfolio
o Essais camera de Sigourney avec commentaire audio
o Galerie de portrait des acteurs

• Production
o L’éclatement de la poitrine : séquence multi-angle avec commentaire audio
o Galerie des illustrations vidéos
o Galerie de production
o Instantanés
o Le décor d’Alien
o Galerie de l’atelier de H.R. Giger

• Post-Production
o Scènes coupées additionnelles
o Galerie de photos et d’affiches
• L’expérience de la terreur
• Les archives du Laserdisc Collector
• L’héritage d’Alien
• American Cinematheque : Ridley Scott question/réponses
• Bandes-annonces et Spots TV

ALIENS

• Pre-Production
o Le traitement original par James Cameron
o Prévisualisations : vidéomatic en multi-angle avec commentaire audio
o Storyboard
o L’Art d’Aliens : galerie de photos
o Galerie de portrait des acteurs
• Production
o Galerie de production
o Instantanés
o Les armes et les véhicules
o L’atelier de Stan Winston
o Le casque camera des marines
o Galerie des illustrations vidéos
o Les dossiers de Weyland-Yutani : le Nostromo
• Post-Production
o Scène coupée: Burke dans le cocon
o Scène coupée : Montage
o Galerie d’images
o Les archives du Laserdisc Collector
o Explorer le générique
o Aliens: la vitesse supérieure, celle de la peur
o Bandes-annonces et Spots TV

ALIEN3

• Pre-Production
o Storyboard
o L’Art d’Arceon
o L’Art de Fiorina
• Production
o La construction de la fonderie en accélérée
o Bioscan: vignette multi-angle avec commentaire
o Galerie de production
o L’atelier d’A.D.I
• Post-Production
o Galerie d’effets visuels
o Shoot special : Archives des photos de promotion
• Alien3 : reportage sur les premières images
• Le making-of Alien3 reportage
• Bandes-annonces et Spots TV

ALIEN, LA RÉSURRECTION

• Pre-Production
o Première ébauche du scenario par Joss Whedon
o Essais: le travail sur les créatures par A.D.I. Creature Shop avec commentaire
o Essais : costumes, coiffures et maquillages
o Prévisualisations: les repetitions en multi-angle
o Storyboard
o Le porfolio de Marc Caro : les personnages
o L’Art d’Alien, la Résurrection: galerie de photos
• Production
o Galerie de production
o L’atelier d’A.D.I.’
• Post-Production
o Galerie des effets spéciaux
o Shoot spécial : Archives des photos de promotion
• HBO First Look: le Making-of d’Alien, la Resurrection
• Alien, la résurrection ; reportage promotionel
• Bandes-annonces et Spots TV

ANTHOLOGIE
• Deux versions de Alien Evolution
• La saga Alien
• Galerie de logos et d’insignes
• Aliens 3D l’attraction : photos et script
• Aliens dans le sous-sol: la collection de Bob Burns
• Parodies
• Galerie des couvertures Dark Horse
• Galerie de logos et d’insignes
• Expérience interactive avec le MU-TH-UR

11 nov. 2010

Potiche / François Ozon

En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche. À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…

32ème CINEMED-Avant-première

François Ozon est un petit provocateur : faire jouer la potiche du titre par la grande Catherine (Deneuve) est plutôt gonflé!Mais l'actrice du Dernier métro a prouvé dans 8 femmes ou Palais royal qu'elle était très à l'aise dans le registre de la comédie.

Les premiers plans de Potiche d'un kitch assumé donnent le ton : Suzanne Pujol (Deneuve) fait son footing, en jogging rouge aux trois bandes et bigoudis, dans la propriété de sa maison bourgeoise tout en s'extasiant, avec la naïveté et la candeur d'une héroïne de Disney, devant la beauté de la nature!Moment de détente avant le retour dans sa prison dorée. Le film raconte l'émancipation d'une femme au foyer effacée (au passé sulfureux comme nous le découvrirons progressivement!) et régulièrement humiliée par son mari (Fabrice Luchini).

Ozon a adapté une pièce de boulevard jouée par Jacqueline Maillan tout en injectant une modernité avec l'évocation, sur un mode léger, de sujets d'actualité comme la place de la femme dans la société, les grèves, les séquestrations de patrons. Des références irrésistibles au vocabulaire sarkozyste sont également faites durant l'ascension de cette femme dans la société. Ozon reprend en partie l'univers théâtralisé de 8 femmes avant d'ouvrir le récit vers le monde du travail et la société civile. Tout l'enjeu du récit est en effet de faire sortir le personnage de Suzanne de son emprisonnement domestique pour la confronter au monde extérieur. Le film a beau être marqué années 70 (costumes, intérieurs, importance du parti communiste dans le paysage politique) il dialogue, sur le mode de la causticité, avec notre temps.

Le ton oscille allègrement entre cruauté amusée (le mari ignoble qui ne perd jamais une occasion de se moquer de sa femme) et rire jubilatoire (le face à face entre Suzanne et les délégués syndicaux de son usine, le numéro de danse au Badaboum sur la musique de Il était une fois) sans oublier une tendresse touchante (les manifestations d'affection du maire communiste joué par Gérard Depardieu envers cette femme de notable).

Les acteurs sont tous excellents dans leurs registres; on s'amuse beaucoup devant cette success story incarnée par la formidable Catherine Deneuve.


7 nov. 2010

L'Agence tous risques / Joe Carnahan

Aucune équipe ne ressemble à celle de L’Agence Tous Risques. Quatre hommes, hyper qualifiés et autrefois membres respectés d’une unité d’élite de l’armée, sont chargés d’une mission classée top-secret destinée à les piéger, et qui les conduit en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Mais la somme de leurs talents leur permet une évasion sans accroc. Devenus des rebelles, ils décident de blanchir leurs noms et de retrouver les vrais coupables.

Le réalisateur de Narc et de Mise au prix remplit avec efficacité le cahier des charges imposé pour cette adaptation de la série TV L'Agence tous risques (The A-Team) : de l'action survitaminée avec des cascades défiant le réalisme et les lois de la physique (le vol d'un char d'assaut complètement jubilatoire), de l'humour potache (belle alchimie du quatuor masculin) pour une ré-interprétation moderne de ce classique TV des années 80's.

Tout en gardant l'essence de la série d'origine (la peur des transports aériens de Barracuda, le cigare et la célèbre punch-line d'Hannibal, la personnalité déjanté de Murdock, le charisme de Futé), Joe Carnahan propose de s'attarder sur les origines de l'A-Team plongée dans des aventures explosives qui les verront passer du statut d'agents des forces spéciales à celui de fugitifs avant de devenir, comme annoncé lors du générique de fin, des mercenaires.

A un rythme soutenu, Carnahan aligne de spectaculaire scènes d'action avec un maître mot : du fun, avant tout. En effet, de manière décomplexée, il fait de cette adaptation un ride jubilatoire qui ne se prend pas au sérieux (la version longue rajoutant quelques gags) tout en rendant hommage aux personnages de référence particulièrement cools (guettez le caméo de Dirk Benedict).

Test blu-ray

Technique

Des contours affutés, une définition maîtrisée, une photo précise de jour comme de nuit : un transfert sans accroc!

Une puissance sonore à l'incroyable répartition est également à saluer pour un sans-faute technique.

(test effectué sur la version longue)

Bonus

Au choix la version cinéma ou la version longue (15'supplémentaires)

"Dans l'action avec Joe Carnahan"permet d'écouter le commentaire audio du réalisateur sur la version cinéma et de profiter de la fonction PIP mêlant fiches techniques sur les armes et les véhicules, images de la préparation des acteurs et du tournage comme aperçus de storyboards.

"Plan d'attaque"(29') est un solide making-of avec images du tournage, des réunions, des préparations, du travail sur les effets spéciaux. Un documentaire marqué par l'énergie du réalisateur et la bonne humeur règnant sur le tournage.

"Chroniques des personnages"(23') est axé sur les caractéristiques de chaque personnage et le travail des acteurs sur le set.

"Les effets visuels" (6') avec commentaire optionnel de James E. Rice, superviseur des effets visuels propose un échantillon de plans à effets intégrant des procédés comme le matte painting ou la maquette 3D.

6 scènes rallongées (9') avec plus de comédie et d'action sont également proposées.

Enfin un bétisier (7') et un clip avec le célèbre thème complètent l'interactivité de cette sympathique édition combo (BD+DVD) FPE.

2 nov. 2010

Fair game / Doug Liman

Valerie Plame, agent de la CIA au département chargé de la non-prolifération des armes, dirige secrètement une enquête sur l’existence potentielle d’armes de destruction massive en Iraq. Son mari, le diplomate Joe Wilson, se voit confier la mission d’apporter les preuves d’une supposée vente d’uranium enrichi en provenance du Niger. Mais lorsque l’administration Bush ignore ses conclusions pour justifier le déclenchement de la guerre, Joe Wilson réagit via un éditorial dans le New York Times déclenchant ainsi la polémique. Peu après, la véritable identité de Valerie Plame est révélée par un célèbre journaliste de Washington. Avec sa couverture réduite à néant et ses contacts à l’étranger en danger de mort, Valerie voit s’effondrer sa carrière et sa vie privée. Après des années au service du gouvernement américain, elle va devoir maintenant se battre pour sauver sa réputation, sa carrière et sa famille.

63ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Quelques mois après le trépidant Green Zone, Hollywood revient sur le dossier de la recherche d’ADM en Irak avec Fair Game réalisé par Doug Liman (La mémoire dans la peau, Mr & Mrs smith). Sur le sujet Greengrass proposait un thriller d’action engagé très réussi à base de guérilla urbaine et indignation marquée, Liman, comme lui réalisateur attaché à la franchise Bourne, livre un film de moindre ampleur en terme de cinéma comme de positionnement politique en se focalisant sur un couple au centre d’un scandale politique de taille.

Basé sur les deux ouvrages écrits par le couple qui en fut victime : The politics of truth de Joseph Wilson et Fair Game de Valérie Plame, le film de Liman, après une première partie classique axé sur l’espionnage globalisé, gagne en intérêt en se focalisant sur la crise du couple faisant suite au déclenchement de la polémique montée de toute pièce par la Maison blanche pour discréditer les allégations de Wilson. Licenciement, injures publiques, crise de confiance des proche se succèdent durant cette tourmente aux proportions gigantesques qui est aussi une crise intimiste qui mettra à l’épreuve la famille. Interprétés solidement par deux des meilleurs acteurs de leur génération, Sean Penn et Naomi Watts, Fair game raconte l’histoire vraie et édifiante d’un couple en lutte contre la Maison Blanche.

Fidèle à sa ligne narrative, injecter des images d’archives, peu valorisantes pour l’administration Bush! pour renforcer son propos et la véracité des faits énoncés, Liman conclut, par un extrait de l’audition au Sénat de la vraie Valérie Plame, son film somme toute efficace en refusant le spectaculaire et la charge lourde qu'on n'attendait de toute manière pas de son réalisateur pour se concentrer sur le drame prenant d’un couple hors norme au cœur d’un maelström politique.


(chronique cannoise, sortie le 03/11/2010)

La princesse de Montpensier / Bertrand Tavernier

1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage... Marie de Mézières, une des plus riches héritières du royaume, aime le jeune Duc de Guise, celui que l'Histoire prénommera plus tard "le Balafré". Elle pense être aimée de lui en retour. Son père, le Marquis de Mézières, guidé par le souci d'élévation de sa famille, le pousse à épouser le Prince de Montpensier qu'elle ne connaît pas. Ce dernier est appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants. Le pays étant à feu et à sang, afin de protéger sa jeune épouse, le prince l'envoie en compagnie du Comte de Chabannes), dans l'un de ses châteaux les plus reculés, Champigny. Il charge le comte, son ancien précepteur et ami, de parfaire l'éducation de la jeune princesse afin qu'elle puisse un jour paraître à la cour...

63ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Après s’être plongé dans les bayous de la Louisiane pour son adaptation très réussie de Dans la brume électrique de James Lee Burke, Bertrand Tavernier situe son nouveau film dans la France du XVIè en plein conflits religieux avec cette histoire de passions amoureuses, chez des gens bien nés, inspirées d’un écrit de Madame La Fayette.

Si Christophe Honoré avait récemment proposé une intéressante relecture moderne de La Princesse de Clèves, Tavernier transpose, avec panache et lyrisme, le récit original deux siècles après les faits relatés par l'auteur.

Sa mise en scène ample avec nombreux plans-séquences que le réalisateur de Capitaine Conan affectionne est au service d’une histoire tragique charriant des sentiments universels qui parleront sans doute au spectateur du troisième millénaire : jalousie, douleur face à la non-réciprocité des sentiments, fièvre de la passion clandestine.

Incarnation lumineuse de cette valse des sentiments, la princesse de Montpensier jouée par Mélanie Thierry cristallise tous les regards et tous les désirs. Le parcours et l’évolution de cette jeune fille qui fait à ses dépens l’apprentissage de la vie (apprendre à refouler ses sentiments, composer avec des choix dictés par ses parents) sont celui d’un personnage résolument moderne qui s’interroge sur le monde dans lequel elle évolue et lutte pour sa liberté. Face à elle, Leprince- Ringuet en mari dévoré par la jalousie, Ulliel en amant fougueux, Personnaz en duc d'Anjou ébloui par sa beauté et surtout Wilson en confident secrètement amoureux de son élève sont parfaits. Ce dernier peut être vu comme le double masculin de l’héroïne : l’humaniste Chabannes refuse la guerre, l’intolérance qui y règne et prend son destin en main sans peur des conséquences.

Mise en scène d’un classicisme vigoureux (belle utilisation des grands espaces), distribution impeccable, ce nouveau voyage proposé par Tavernier est intelligent, raffiné et lyrique en diable.


(chronique cannoise, sortie le 03/11/2010)