24 nov. 2010

Le nom des gens / Michel Leclerc

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

32ème CINEMED- Avant-première

Après une remarquée ouverture de la Semaine de la Critique 2010, Le nom des gens, écrits par Michel Leclerc et sa compagne Baya Kasmi, continue de séduire lors de son circuit d'avant-premières avant sa sortie prochaine.

Avec son couple atypique, Arthur Martin, quadra rigoureux et réservé, Bahia Benmahmoud, jeune femme délurée se servant de ses charmes pour convertir ses ennemis politiques au socialisme, Michel Leclerc trousse une comédie irrésistible carburant à l'humour caustique pour parler de choses graves (la Collaboration, la Shoah, le port du voile intégral...) à la manière d'un Woody Allen dont il reprend des idées de mise en scène comme le double enfant ou l'adresse à la caméra, au comique de situation ciselé (un dîner familial surréaliste), aux répliques percutantes.
Via son duo iconoclaste campé formidablement par Jacques Gamblin et Sara Forestier, Leclerc aborde des questions sociétales et politiques intéressantes, toujours avec une légèreté et une désinvolture étudiées, comme celle de l'identité (le nom des gens a-t-il une influence déterminante sur leur vie?) ou du vivre ensemble (lui d'origine juive et elle d'origine maghrébine forment un couple possible). L'émotion n'étant jamais bien loin en évoquant le passé familial, personnel de ces deux personnages, à accepter, à exorciser, pour aller de l'avant.

Le film de Michel Leclerc aligne, sur un bon rythme, de savoureux moments comiques, à l'image de l'apparition déjà anthologique de Lionel Jospin balançant avec décontraction et naturel une des répliques les plus hilarantes du film : "Un jospiniste aujourd'hui, c'est aussi rare qu'un canard mandarin sur l'île de Ré".

Le nom des gens
est l'une des propositions comiques les plus originales et efficaces à retenir de cette fin d'année.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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