13 déc. 2010

Dario Argento en DVD restaurés

Une jeune femme qui vient d'aménager dans un luxueux immeuble new-yorkais apprend que l'architecte l'a conçu pour les trois divinités maléfiques qui gouvernent le monde.

Deuxième opus de sa trilogie des Mères après Suspiria, Inferno a la forme d'un opéra psychédélique où les fulgurances visuelles et sonores s'inscrivent dans des tableaux cauchemardesques où la Mort est omniprésente. Visuellement Argento s'est inspiré de la peinture préraphaélite pour ces tons bleus et roses dominants. La maison a comme dans Suspiria un rôle narratif primordial, dotée comme un être humain d'une conscience.
Après la sorcellerie dans
Suspiria, le réalisateur s'empare ici du thème de l'alchimie pour un résultat final certes inférieur en terme de scénario mais à l'esthétique aussi travaillé grâce aux expérimentations du directeur de la photo Romano Albi.

Test DVD
Inédit en DVD et blu-ray en France, Inferno présente un master restauré (image et son) à partir des négatifs originaux transférés en HD.

Technique
Un soin a visiblement été apporté à la restitution de la photographie de Romano Albani mais quelques plans flous et mal définis ajoutés à une granularité certaine dans les scènes en basse lumière procurent une déception. Les pistes mono sont correctes.

Bonus
Un module de 13', L'alchimie du mystère, est proposé comme uniquement supplément des deux éditions : des interviews de Dario Argento, Romano Albani (directeur photo) et Luigi Cozzi (collaborateur d'Argento) permettent d'analyser rapidement les parti-pris esthétiques et thématiques du film.


Dans un collège suisse, une jeune fille capable de communiquer avec les insectes retrouve la trace d'un assassin monstrueux.

Réalisé en 1984,
Phenomena peut être considéré comme un film charnière dans la carrière de Dario Argento : le fantastique, au coeur de ce conte de fée horrifique, prend nettement l'ascendant sur le giallo. De plus les débordements sanglants de Inferno ou Ténèbres laissent la place à des images poétiques et des instants magiques via le lien spécial qu'entretient l'héroïne avec les animaux et le rôle des éléments naturels.
Argento s'inspire de l'expressionnisme allemand et de la peinture romantique allemande (Caspar David Friedrich) pour une photographie plus contrastée qu'
Inferno, dans des tons plus N&B que ceux de ses précédents films. On retrouve dans Phenomena la prédilection d'Argento pour les parcours semés d'embûches de jeunes héroïnes, il est à nouveau question comme dans le superbe Suspiria de récit d'initiation : elle découvre une personnalité émergente, une faculté extra-sensorielle lui permettant de communiquer avec les animaux qui sont des adjuvants bienvenus face à des hommes monstrueux. Malgré les excès d'une bande-son heavy metal et le recours facile car bien à la mode à l'époque et à la limite du ridicule d'un singe bienveillant, Phenomena séduit par son univers onirique traversé par une Alice somnambule interprétée par une jeune Jennifer Connelly déjà talentueuse.

Test DVD
Phenomena présente un master restauré (image et son) à partir des négatifs originaux transférés en HD, sous la supervision et avec l'approbation de Dario Argento et du chef -opérateur Romano Albani.


Technique
L'édition de Phenomena est bien au dessus techniquement de celle de Inferno (testée ici) avec une compression très solide, une définition solide se rapprochant d'une image HD pour révéler des détails inespérés. Les pistes sonores sont dynamiques notamment la vo anglaise en 2.0 par sa bonne restitution des dialogues comme du déchainement des éléments.

Bonus

On retrouve comme supplément conséquent un documentaire récent de 26 minutes commandé par l'éditeur Wild Side, Rupture et controverse, intéressants entretiens avec le réalisateur, le scénariste, le responsable des effets spéciaux et le compositeur.


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