30 mars 2011

L'homme qui voulait vivre sa vie / Eric Lartigau

Paul Exben a tout pour être heureux : une belle situation professionnelle, une femme et deux enfants magnifiques. Sauf que cette vie n'est pas celle dont il rêvait. Un coup de folie va faire basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité qui va lui permettre de vivre sa vie.

D’après un roman de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie offre au réalisateur Eric Lartigau sa première incursion dans le registre du thriller existentiel après trois comédies dont le sympathique Prête-moi ta main.

Porté par un épatant Romain Duris de tous les plans, le récit se divise en deux parties articulées autour du parcours du personnage de Duris : un drame conjugal à Paris puis un road movie existentiel du côté du Monténégro. Lartigau illustre avec application les thématiques chères à Kennedy comme la question de l’identité, l’imprévisibilité de la vie. Si la seconde partie manque un peu de rythme mais il est vrai que les choix d’adaptation ne manquent pas d’audace narrative, l’ensemble séduit par la composition intense de Duris et le soin apporté à l’image : des beaux quartiers aux paysages du Monténégro la fuite en avant et le parcours intérieur de cet homme en crise ne peuvent laisser indifférent jusqu’à un épilogue assez surprenant.

Test blu-ray

Technique

Le transfert Blu-ray comme souvent chez l'éditeur est soigné avec des images très détaillés, une colorimétrie riche et un léger grain cinéma respecté. On notera toutefois des noirs parfois trop prononcés. Le travail notable sur le cadre se voit ainsi magnifié par ce transfert HD de belle facture.

La piste en DTS HD Master Audio 5.1 offre des dialogues très clairs et une partition musicale bien aérée.


Bonus

Débutons par un bon making-of qui a la forme d'un carnet de voyage où une petite caméra s'infiltre dans l'équipe pour montrer en toute simplicité et vérité le quotidien du tournage (HD, 47 minutes).

L'interview de Douglas Kennedy et du réalisateur Eric Lartigau (SD, 6 minutes) se focalise sur les thèmes de l'histoire et les choix des acteurs.

La rencontre, proposée par Laurent Weil, avec le réalisateur et les acteurs Romain Duris et Marina Foïs (HD, 20 minutes) permet d'approfondir sensiblement les informations données dans le module précédent : les intervenants, décontractés, reviennent sur l'écriture, l'expérience du tournage.

Enfin plusieurs galeries (photos, projets d'affiches, storyboards) et un module interactif assez ludique sur le développement photo complètent cette édition FPE.

29 mars 2011

La bande annonce de Minuit à Paris

Après le dévoilement de sa belle affiche la première bande-annonce de Minuit à Paris est enfin visible.

Une famille se rend à Paris pour affaires. Parmi ses membres : un couple récemment fiancé, qui se rend compte que leur vie ne sera pas meilleure...

Cette histoire de famille américaine se rendant à Paris pour affaires réunira Owen Wilson, Rachel McAdams, Marion Cotillard, Michael Sheen, Adrien Brody, Kathy Bates et Carla Bruni.

Le nouveau film de Woody Allen sera présenté en ouverture du prochain festival de Cannes et sortira en salles dans la foulée le 16 mai 2011.

L'avant-dernier film du réalisateur new-yorkais, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (critique ICI), sera disponible en DVD & Blu-ray chez Warner le 30 mars prochain.


Midnight in Paris (2011) - Official Trailer

Le 23ème James Bond en tournage en novembre

Judi Dench a révéle récemment au Sunday Express que le 23ème James Bond se tournera à partir de novembre prochain : "Je vais faire le prochain Bond en novembre," déclara-t-elle. "Je ne connais pas encore le lieu du tournage."

Dans ce nouvel opus Judi Dench reprendra son rôle de M aux côtés de Daniel Craig.

Ralph Fiennes et Javier Bardem sont pressentis pour des rôles de méchants.

Sam Mendes réalisera ce 23ème James Bond prévu dans les salles en novembre 2012.

Ma critique du 22ème James Bond, Quantum of solace, est à lire ICI

28 mars 2011

L'agence / George Nolfi

Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains...

Pour sa premier long-métrage le scénariste de La Vengeance dans la peau George Nolfi a adapté une nouvelle du
maître de la s-f Philip K.Dick avec une volonté de proposer une fable romantique grand public avec Matt Damon.

Sur une toile de fond de thriller d'anticipation où les effets spéciaux se font relativement discrets le réalisateur se focalise sur une histoire d'amour contrariée par le Destin qui a la forme d'une cavalcade amoureuse dans les rues de N-Y où le couple interprété par Emily Blunt et Matt Damon lutte contre une mystérieuse organisation pour écrire leur histoire.

Une fois l’argument fantastique (l’Agence veille depuis des siècles à la bonne application du plan choisi pour chacun par le Grand Patron) et certains choix visuels comme le look rétro très Mad Men des membres de l’Agence assimilés, le parcours dramatique et les émotions traversés par le personnage de Damon devraient interpeller chacun.

L’acteur, très convaincant, une fois n’est pas coutume en héros romantique, nous embarque dans cette aventure passionnelle où il devra braver son destin et faire des choix dramatiques impliquant l’idée du libre-arbitre pour retenir son Amour (Emily Blunt dont le personnage est un peu fade passé le premier tiers).

L’agence, étrange et original croisement entre le récit amoureux à la Capra et le film d’action paranoïaque à la Minority Report ou Matrix (belle exploitation ludique des décors urbains avec multiplication de portes/passages ouvrant vers une autre réalité), séduit agréablement en laissant l’histoire romantique et les sentiments amoureux prendre le pas sur tout discours pompeux sur le déterminisme et le libre-arbitre potentiellement rehaussé par une avalanche d’effets spéciaux sous lesquels on pouvait craindre que se dilue ce genre de film hollywoodien.

24 mars 2011

Unstoppable / Tony Scott

Un ingénieur et un chauffeur vivent une véritable course contre la montre. Les deux hommes tentent de stopper un train qui transporte des produits toxiques avant que celui-ci ne déraille et répande une flaque toxique qui décimera la ville complète.

Après un avion de chasse (Top gun, 1986), un bolide du Nascar (Jours de tonnerre, 1990) ou plus récemment une rame de métro (L'attaque du métro 123, 2009), Tony Scott fait d’une puissante machine l’un des personnages principal de son nouveau film d’action, un train fou dans Unstoppable.

Inspiré de faits réels, Unstoppable raconte l’alliance de deux personnes aux tempéraments différents pour surmonter une situation de crise, en l’occurrence un train avec une cargaison toxique lancé à toute vitesse dans la région de Pennsylvanie.

Selon sa volonté de filmer avec le plus de réalisme possible, Scott privilégie les cascades en live dans des paysages naturels, une région industrielle où évoluent ces deux personnages principaux campés par Denzel Washington et Chris Pine. Cette recherche d’authenticité s’accompagne d’une mise en scène moins frénétique qu’à l’accoutumée, les effets visuels (filtres, ralentis) chers au réalisateur étant en retrait par rapport à l’histoire intense de ces individus lambdas luttant pour sauver leur région. Le montage épileptique de Domino (2005) ou de L’attaque du métro 123 employé pour masquer la vacuité du scénario et le manque de consistance des personnages n’est heureusement pas ici à l’œuvre, le récit basé sur une histoire vraie étant assez édifiant et ses protagonistes attachants pour livrer un bon film d’action à l’ancienne avec un maximum d’effets en live où le spectateur se sente impliqué. La course contre la montre est menée en effet tambour battant, les péripéties s’enchainant avec générosité durant 100 minutes sous haute tension.

Avec Unstoppable Tony Scott a trouvé un bon script relayé par une mise en scène efficace qui rend ce voyage en train palpitant.

Test blu-ray

Technique

Le transfert très précis offre moults détails dans les plans larges comme dans les gros plans.

La piste vo bien plus dynamique que la vf déploie sa puissance sur les enceintes arrières comme dans les basses.

Bonus

Tony Scott s'explique avec volubilité sur ses choix artistiques, sa façon de filmer dans son commentaire audio.

Le making-of Réaliser Unstoppable (31') se focalise tout d'abord sur le développement du scénario, le parti-pris de mise en scène de Tony Scott (filmer avec le plus de réalisme possible) avant de donner la parole à différents intervenants de l'équipe (acteurs, réalisateur, producteurs mais aussi chef opérateur, concepteur des décors, pilotes). L'impressionnante logistique déployée sur le plateau est au service d'un "cinéaste cinétique" (selon les propos de Chris Pine) qui, habitué à travailler avec la même équipe depuis 20 ans, s'est lancé comme défi de recourir aux cascades en live au lieu d'utiliser les images de synthèse et les fonds verts.

Les modules Anatomie d'une scène - le déraillement (10min) et Les cascades (14min) prolongent le documentaire précédent en proposant des images spectaculaires du tournage des principales séquences d'action du film dont celle de l'incroyable déraillement qui a notamment mobilisé la bagatelle de 14 caméras et un train de 1/2 tonne.

Sur les rails avec le réalisateur et les acteurs (13min) est une discussion pleine d'auto-satisfaction entre Tony Scott, Denzel Washington, Chris Pine et Rosario Dawson. Au gré des propos laudatifs relatant l'expérience du tournage on y apprend que Tony a utilisé des caméras CANON 5D ainsi que des objectifs de la NASA montés sur des caméras héliportés.

Cette édition combo (blu-ray, DVD, copie digitale), irréprochable sur le plan technique et dotée d'un bon making-of, est proposée par FPE.

21 mars 2011

Route Irish / Ken Loach

En septembre 2004, Fergus (ancien des SAS) persuade son ami d’enfance Frankie (ancien para) d’intégrer son équipe d’agents de sécurité, à Bagdad, pour un salaire mensuel de 12.000 livres, non imposable. C’est leur dernière chance de “se faire du blé” dans cette guerre dont la privatisation va croissant. Ensemble, ils vont risquer leur vie dans une ville où règnent la violence, la terreur, l’impunité et l’avidité. Une ville par ailleurs inondée de milliards de dollars américains.
En septembre 2007, Frankie meurt sur la “Route Irish”, la route la plus dangereuse de Bagdad. Fergus rejette l’explication officielle et, brisé par le chagrin, retourne à Liverpool où il entame sa propre enquête sur la mort de son alter ego.

Après avoir traité de la guerre d'Espagne dans Land of freedom ou de la guerre d'indépendance de l'Irlande en 1920 dans Le vent se lève, Palme d'or 2006, le britannique Ken Loach s'attelle au conflit irakien avec Route Irish, récit d'une guerre privée. Celle que mène un ancien agent de sécurité ou contractor pour découvrir les responsables de la mort de son meilleur en ami en mission à Bagdad et par extension la guerre privatisée menée par les sociétés d'agents privés qui engragent des fortunes en moyennant leurs services dans ce pays en crise.

Selon les estimations au plus fort de l'occupation 160 000 agents privés étrangers officiaient dans le pays. Ces agents bénéficiaent alors de l'immunité vis-à-vis de la loi irakienne, par le biais de l'ordonnance 17 imposée au nouveau parlement irakien de 2003 à 2009. Des massacres de civils ont été perprétés ainsi en toute impunité (17 civils en plein Bagdad par la société Blackwater). Tueries dont certains agents professionnels sont dégoûtés à vie. Pendant que les agents risquent leur peau sur le terrain comme la Route Irish les dirigeants de leur société comme Halliburton engrangent des fortunes.

Le film de Loach raconte l'enquête menée à Liverpool par cet ancien contractor, marqué par l'horreur du conflit irakien, sur la mort de son meilleur ami dans des circonstances mystérieuses. Son obstination le mènera à s'opposer à ses anciens patrons.

Loach s'attache comme d'habitude au portrait de gens modestes évoluant dans un milieu social âpre et un quotidien grisâtre (les personnages principaux, le musicien irakien qui aide le personnage principal dans sa recherche de vérité) qu'il place dans une intrigue policière avec un sous-texte politique. L'angle d'approche du dossier irakien est particulièrement intéressant avec l'univers des contractors en s'attachant à dépeindre les répercussions psychologiques, morales de leurs actions; le sous-texte engagé avec critique du système et des politiques toujours salutaire.

Le parcours du personnage principal en quête de vérité et de morale le verra emprunter la voie glissante de la justice expéditive avec notamment une scène de torture où on sent son auteur peu à l'aise. Le cheminement intérieur de cet homme de guerre en quête de rédemption prend le pas sur le déroulement de l'enquête policière expédiée.

Dommage que Loach ne parvienne pas à trouver le bon équilibre entre le drame social centré sur un personnage en crise et le thriller politique avec une enquête policière convenue et prévisible.

17 mars 2011

Fighter / David O.Russell

Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l'aider à s'affranchir de l'influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes.
Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C’était avant qu’il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison.
Entre le sportif en quête d’un second souffle et l’ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d’échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu’ils ont raté chacun de leur côté…

Basé sur l'histoire des frères boxeurs Ward et Eklund, Fighter est tout autant un très bon film sportif à la réalisation énergique avec un bon travail sur la bande-son qu'une intense histoire de famille frappant vite au coeur.
Le combat mené par le personnage de Wahlberg sur le ring avance en parallèle avec celui mené dans sa vie personnelle, face à lui-même et sa famille, affrontements physiques et psychologiques imbriqués habilement par David O.Russell dans cette attachante histoire familiale.
Cette famille envahissante et pittoresque (voir l'impayable cohorte de soeurs-harpies) d'où émerge une mère excessive forte en coups de colère et un frère toxico qui vit dans les souvenirs glorieux d'un match remporté face à une légende de la boxe incarnés par les excellents Melissa Leo et Christian Bale est racontée sur un ton tragi-comique entre naturalisme et satire.
La noirceur de la partie réservée au personnage de Bale est ainsi contre-balancée par l'amusement provoqué par les engueulades parfois homériques mettant en scène les femmes. Des scènes de disputes comme de réconciliations se dégagent une vérité émotionnelle irriguant ce récit de combat où il est question de fierté, d'acceptation de son passé, d'amour fraternel, de liberté (est-elle possible à l'intérieur du cercle familial?).
Cette histoire de sublimation est aussi celle David O.Russell qui après l'échec retentissant de I love Huckabees (2005) revient sur le devant de la scène avec une mise en scène inspirée où l'image aborde différentes définitions vidéo selon les micro-récits développés dans cette true story (le documentaire consacré par HBO à Dicky, la captation des matchs), un montage percutant lors des scènes d'action comme d'une très bonne direction d'acteurs, tous excellents, les hallucinants Leo et Bale laissant paradoxalement le musclé Marc Wahlberg en retrait dans un rôle subtil comme a pu lui offrir James Gray.

Fighter s'impose dans le genre du film de boxe comme une très belle réussite, les scènes d'action ayant autant d'impact que celles en dehors du ring où brille un magnifique quatuor d'acteurs (ajoutons Amy Adams en barmaid au grand coeur).

15 mars 2011

Les cinq premières minutes du nouveau film de S-F du réalisateur de Moon

Le nouveau film de Ducan Jones, le réalisateur de l'épatant Moon, sort en salles le 20 avril prochain.
Retrouvez plus bas le synopsis de Source code interprété par Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan et Vera Farmiga et surtout les cinq premières minutes du film

Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n’a aucun souvenir d’être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu’il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord.
Colter se réveille alors dans un caisson étrange et découvre qu’il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l’explosion afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de l’attentat. A chaque échec, les chances de pouvoir revenir dans le passé s’amenuisent.
Alors qu’il essaie d’empêcher l’explosion, ses supérieurs lui apprennent qu’un deuxième attentat est en préparation en plein cœur de Chicago et qu’il ne s’agit plus de protéger les quelques passagers du train mais la ville toute entière. La course contre la montre commence…




14 mars 2011

Taxi driver remasterisé pour sa sortie blu-ray

Taxi Driver de Martin Scorsese, Palme d'or 1976, sortira prochainement en blu-ray.

Pour l'occasion le chef d'oeuvre du réalisateur de Shutter Island a bénéficié d'une récente restauration intégrale en 4K.

Le film sortira tout d'abord aux USA en Blu-ray disc dès le 5 avril prochain avec un encodage 1080p issu de ce nouveau master. Le Blu-ray proposera VO, VF et V.Allemande en DTS-HD Master Audio 5.1. Les bonus de cette édition :

• Commentaries:
o Director Martin Scorsese and writer Paul Schrader (recorded in 1986 by The Criterion Collection)
o Paul Schrader
o Professor Robert Kolker
• Interactive Script to Screen
• Martin Scorsese on Taxi Driver
• God's Lonely Man
• Producing Taxi Driver
• Influence and Appreciation: A Martin Scorsese Tribute
• Taxi Driver Stories
• Making Taxi Driver
• Travis' New York
• Travis' New York Locations
• Storyboard to Film Comparisons with Martin Scorsese
• Animated Photo Galleries
• movieIQ

Pour l'édition française une édition limitée digipack + jeu de photos est prévue pour le 4 mai prochain. Pas de détails techniques pour l'instant mais un visuel ci-dessus.

Ma critique de Taxi driver est à lire ICI

11 mars 2011

Première bande-annonce de Super 8

Super 8, le nouveau long-métrage de J.J.Abrams produit par Steven Spielberg, longtemps tenu secret, vient de dévoiler son synopsis et son premier trailer, assez prometteur.
Super 8 sortira dans les salles le 08 août prochain.

Le pitch
Durant l'été 1979, un groupe d'amis habitant une petite ville de l'Ohio est témoin d'une catastrophe ferroviaire alors qu'ils tournent un film en super 8. Très rapidement, ils suspectent qu'il ne s'agit peut-être pas d'un accident. Peu après, des disparitions insolites et des événements inexpliqués commencent à fleurir dans la ville. L'adjoint du shérif tente alors de découvrir la vérité - quelque chose de bien plus terrifiant que tout ce qu'ils auraient pu imaginer.






9 mars 2011

La princesse de Montpensier en vidéo

Le beau film de Bertrand Tavernier, La princesse de Montpensier, est désormais disponible en DVD et blu-ray chez Studio Canal.

Les bonus de l'édition HD :

- L'interview de Didier Le Fur, conseiller historique du film (10 mn) - L'émission "La Rencontre" de Laurent Weil avec Mélanie Thierry et Raphaël Personnaz réalisée par David Périsère (22 mn) - Les commentaires audio de Bertrand Tavernier - Le documentaire «Empreintes - Bertrand Tavernier, cinéaste de toutes les batailles» de N.T. Binh (51 mn) - Le making of « Bertrand Tavernier, portrait en mouvement » (documentaireréalisé par Pierre-Henri Gibert) (58 mn)

Ma critique du film est à lire ICI

5 mars 2011

Les petits mouchoirs / Guillaume Canet

A la suite d'un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

Après l'adaptation d'un polar de Harlan Coben, Guillaume Canet livre avec Les petits mouchoirs son film le plus personnel. Inspiré de faits survenus dans sa propre histoire, tourné avec une bande de proches et d'amis dans des lieux familiers, cette chronique douce-amère de trentenaires dont les vacances sont l'occasion d'une remise en question et d'un bilan sur leur amitié et leur vie a tout du film générationnel avec sa bande de potes attachants comme ont pu l'être dans les années 70 Un éléphant ça trompe énormément ou dans les années 80 Les copains d'abord.

Le jeune réalisateur, avec une sincérité manifeste et une lucidité désarmante, dit, en effet, à travers ce portrait de groupe des choses très justes sur l'amitié, l'amour, la vie, sur les mensonges que l'on se dit à soi même comme aux autres, "les petits mouchoirs"faisant référence pour le réalisateur à ceux que l'on met sur nos problèmes pour ne pas les voir.

Les comédiens, tous excellents, dont on devrait retrouver une bonne partie aux Césars (Cluzet en angoissé chronique est toujours aussi bon, Cotillard débarrassée de tout artifice trouve son meilleur rôle, Magimel avec un personnage complexe fait un beau retour...) sont les vecteurs idéaux des thèmes et des émotions voulus par le réalisateur.
Filmant ses acteurs au naturel, au plus près des visages et des corps, Canet établit une proximité avec le spectateur, emporté par la sympathie et la vraisemblance que lui inspire ce groupe d'amis et ce qui se joue entre eux durant quelques jours.

A la manière de Cassavetes dans Husbands, Canet enregistre simplement, caméra à l'épaule ou plans fixes, lumière naturelle, sans mouvements de caméra ostentatoires ni faits spectaculaires, le quotidien d'amis proches, ses joies, ses peines. L'humour potache et la tension dramatique sont mêlés justement durant deux heures et trente minutes pleines de vie et de passions dont les acteurs traduisent parfaitement, sans sur-jeu ou cabotinage, toute la complexité, les contradictions, les nuances. On pourra d'autant plus lui reprocher un dernier quart d'heure tirant vers l'émotion facile avec musique surlignant les sentiments, virée vers le mélo hollywoodien dont le film se relève par la sincérité et la passion dont fait montre son réalisateur à raconter cette histoire universelle d'amis pour la vie.

Test blu-ray

Technique

Le télécinéma et la compression sont parfaits avec un grain argentique idéal et une profondeur de champ appréciable pour ce récit de vacances aux magnifiques extérieurs.
La piste VF en DTS-HD Master Audio 5.1 propose un très bon rendu des voix comme de la musique
.

Bonus

Le making-of de 26' donne la parole à Guillaume Canet qui évoque la genèse du projet, la préparation du tournage (les acteurs ont été réunis sur le décor principal quelques jours avant les premières prises de vues), sa méthode de travail (notamment utilisation de la musique en live sur le plateau pour aider les acteurs à vivre la scène) avec ses acteurs visiblement très complices comme en témoignent les extraits de tournage et leurs interviews.

Après ce module concis et sans langue de bois, le réalisateur présente une sélection de scènes coupées d'une durée de 60 minutes dont certaines comme la séquence du surf ou du tournage de la série TV interprétée par le personnage de Gilles Lelouche valent le détour.

Ensuite sont proposés l'intégralité des film de vacances utilisés dans l'œuvre, 6 petits films dont l'amusante balade en mer avec la « gerboulade ».

L'interactivité de cette édition combo FPE se clôt avec un bétisier.

3 mars 2011

Jean Dujardin en artiste du muet

Le réalisateur de OSS 117, Michel Hazanavicius, a tourné son dernier film à Los Angeles avec son acteur fétiche Jean Dujardin, Bérénice Béjot et John Goodman.
Ce film muet, en noir et blanc, nommé The Artist, est une histoire d'amour dans le Hollywood des années 20 en hommage au cinéma muet et des réalisateurs comme Murnau et Borzage que Hazanavicius affectionne particulièrement.
Warner prévoit de sortir The Artist pour la rentrée 2011.

L'éditeur Carlotta qui a sorti en DVD et blu-ray en 2010 des chefs d’œuvre muets peu connus de Frank Borzage s'est entretenu avec Michel Hazanavicius au sujet de son nouveau film.

La vidéo est à consulter ICI

2 mars 2011

Never let me go / Mark Romanek

Depuis l'enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d'une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un inquiétant secret qui va bouleverser jusqu'à leurs amours, leur amitié, leur perception de tout ce qu'ils ont vécu jusqu'à présent.

Adaptation du roman Auprès de moi toujours (paru en 2005) de Kazuo Ishiguro, Never let me go situe son intrigue dans un monde parallèle à l’Angleterre des années 90 : les avancées médicales ont permis de reculer la mortalité grâce à des donneurs programmés dès leur enfance à sacrifier régulièrement leurs organes.

Sur cette toile de science-fiction qui à l'image de Bienvenue à Gattaca entretient beaucoup de résonnances avec notre quotidien, le récit s'articule autour d'une histoire d'amitié et d'amour déchirante car vouée à disparaitre dans un futur proche.

Divisée en trois chapitres, l'histoire propose tout d'abord un cadre classique de pensionnat anglais de fin du XXème siècle mais très vite des éléments disséminés ici et là dans le plan ou la narration laissent planer une étrangeté déstabilisante : les jeunes pensionnaires ne peuvent franchir l'enceinte de l'établissement, arborent des bracelets magnétiques puis apprennent lors d'un cours que leur destin est programmé. Les trois personnages principaux devenus jeunes adultes sont ensuite envoyés dans une propriété en apparence chaleureuse, Les cottages, où ils sont invités à patienter jusqu'aux premiers prélèvements : "donneurs" ou "aidants," leur futur est inéluctable, pas d'échappatoire, juste une attente résignée que l'amitié, l'amour permettent de soulager.

Le formidable trio composé d'Andrew Garfield, Keira Knightley et Carey Mulligan est le coeur de cette bouleversante histoire mis en image par Mark Romanek, auteur du remarqué Photo Obsession en 2002.

Le réalisateur américain associé à l'auteur britannique Alex Garland parvient à créer un univers mystérieux, très vite angoissant sur les bases d'un monde très réel où les décors, les costumes, les accessoires ont été choisis pour leur côté universel. Romanek laisse adroitement les questions d'éthique, de moralité en second plan pour se consacrer au parcours tragique de jeunes gens à l'existence artificiellement compactée.

Never me let go, sa belle histoire mélancolique sur la perte de l'innocence et l'amour apaisant, le sens du sacrifice et la nécessité de conserver l'espoir, son sujet puissant sur la fragilité et la force de l'être humain traité avec intelligence et sensibilité, devraient toucher le plus grand nombre.