17 mars 2011

Fighter / David O.Russell

Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l'aider à s'affranchir de l'influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes.
Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C’était avant qu’il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison.
Entre le sportif en quête d’un second souffle et l’ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d’échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu’ils ont raté chacun de leur côté…

Basé sur l'histoire des frères boxeurs Ward et Eklund, Fighter est tout autant un très bon film sportif à la réalisation énergique avec un bon travail sur la bande-son qu'une intense histoire de famille frappant vite au coeur.
Le combat mené par le personnage de Wahlberg sur le ring avance en parallèle avec celui mené dans sa vie personnelle, face à lui-même et sa famille, affrontements physiques et psychologiques imbriqués habilement par David O.Russell dans cette attachante histoire familiale.
Cette famille envahissante et pittoresque (voir l'impayable cohorte de soeurs-harpies) d'où émerge une mère excessive forte en coups de colère et un frère toxico qui vit dans les souvenirs glorieux d'un match remporté face à une légende de la boxe incarnés par les excellents Melissa Leo et Christian Bale est racontée sur un ton tragi-comique entre naturalisme et satire.
La noirceur de la partie réservée au personnage de Bale est ainsi contre-balancée par l'amusement provoqué par les engueulades parfois homériques mettant en scène les femmes. Des scènes de disputes comme de réconciliations se dégagent une vérité émotionnelle irriguant ce récit de combat où il est question de fierté, d'acceptation de son passé, d'amour fraternel, de liberté (est-elle possible à l'intérieur du cercle familial?).
Cette histoire de sublimation est aussi celle David O.Russell qui après l'échec retentissant de I love Huckabees (2005) revient sur le devant de la scène avec une mise en scène inspirée où l'image aborde différentes définitions vidéo selon les micro-récits développés dans cette true story (le documentaire consacré par HBO à Dicky, la captation des matchs), un montage percutant lors des scènes d'action comme d'une très bonne direction d'acteurs, tous excellents, les hallucinants Leo et Bale laissant paradoxalement le musclé Marc Wahlberg en retrait dans un rôle subtil comme a pu lui offrir James Gray.

Fighter s'impose dans le genre du film de boxe comme une très belle réussite, les scènes d'action ayant autant d'impact que celles en dehors du ring où brille un magnifique quatuor d'acteurs (ajoutons Amy Adams en barmaid au grand coeur).

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