28 avr. 2011

Source code / Duncan Jones

Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n’a aucun souvenir d’être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu’il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord.
Colter se réveille alors dans un caisson étrange et découvre qu’il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l’explosion afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de l’attentat.
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Comme dans
Moon (2009), son excellent premier film de S-F injustement privé d'une sortie salles en France, il est question dans le nouveau long-métrage de Ducan Jones, Source code, d'un personnage masculin isolé dans un endroit confiné et en plein questionnement existentiel.
Ici aussi le héros se rebelle contre sa condition pour espérer changer son futur apparemment bouché. Par là se pose la question du libre arbitre (l'illusion?) et celle de l'identité, idées déjà développées dans
Moon.

Ducan Jones réussit à nouveau à allier sens de l'
entertainment et psychologie des personnages. On trouve ici un personnage principal complexe, attachant, isolé dans un espace inquiétant : cobaye d'un programme expérimental, il va s'attacher à éclaircir cette situation angoissante et aliénante. Se déploie en effet une double enquête : découvrir l'identité, les motivations de ces geôliers dont le QG est un mystérieux Château assiégé et démasquer l'auteur d'un attentat terroriste dans ce programme révolutionnaire qui permet les repositionnements dans le temps afin d'influer sur l'avenir, le passé ne pouvant être changé.

Source code mélange habilement des ingrédients de Un jour sans fin et de Déjà Vu : un homme est condamné à revivre les mêmes 8 minutes jusqu'à trouver le coupable d'un attentat (le côté SF ludique) et profite de cette boucle temporelle pour séduire une passagère (le versant romantique).
La répétition d'une même séquence n'est pas incompatible avec une rigoureuse progression dramatique et un certain suspense (au niveau visuel multiplication des angles et des espaces de jeu; au niveau du récit multiplication des personnages suspects et des micro-situations dramatiques) même si la découverte de l'identité du terroriste importe moins que la description de l'état psychologique du héros qui au fil de son enquête s'attache à une inconnue qu'il ne peut sauver.

Jake Gyllenhaal incarne parfaitement le tragique de la situation dans ce brillant polar existentiel qui devrait positionner Duncan Jones dans la liste des réalisateurs incontournables.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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