27 mai 2011

The tree of life / Terrence Malick

Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Tree of life
, le tant attendu nouveau film de Terrence Malick, frappe d’emblée par sa beauté visuelle et son lyrisme enlevé pour raconter à la fois la vie d’une famille américaine dans les années 50 et la naissance de l’univers.

Ce poème empli de spiritualité est parcouru d’envolées mystiques et réflexions métaphysiques chères à son réalisateur qui ici met en parallèle la formation de l’univers et la naissance d’une famille dont le bouleversement intérieur d’un des leurs incarné par Sean Penn amène un questionnement sur le sens de la vie.

Drame intime d’un fils essayant de comprendre le comportement autoritaire de son père par opposition à la douceur de sa mère, d’un frère meurtri par la mort d’un des siens et épopée cosmique aux évènements spectaculaires se répondent dans un montage parallèle convoquant des images inédites du big-bang, l’apparition des premiers organismes unicellulaires puis des dinosaures, la fin de l’univers et des morceaux choisis de bonheur familial comme de doute existentiel.

L’expérience visuelle mêlant ballet d’étoiles, spectacle d’une nature frémissante et scènes familiales va de pair avec un voyage émotionnel où l’histoire de Jack s’inscrit dans le cycle de l’univers. Comme l’explique la mère au début du récit, dans l’univers sont à l’œuvre la nature et la grâce : d’un côté l’une est imprévisible et exigeante, l’autre n’est que bonté et ne demande rien en retour. Ces deux concepts sont représentés par le père sévère mais aimant joué par Brad Pitt et la mère douce, complice à qui la délicieuse Jessica Chastain prête ses traits.

Avec son récit éclaté plongeant le spectateur aux confins de l’espace et du temps, du Texas des années 50 à l’Amérique d’aujourd’hui où un homme cherche un sens à sa vie en se remémorant son enfance, de la création du cosmos à son extinction, The tree of life constitue une expérience cinématographique singulière dont la poésie visuelle et la puissance émotionnelle libérées par ce ballet d’images sublimes sur lesquelles des voix questionnent le sens de la vie et de la foi sont assez extraordinaires.


26 mai 2011

Le complexe du castor / Jodie Foster

La vie de Walter n’est plus ce qu’elle était. Déprimé, vivant au ralenti, il s’éloigne de sa famille et de ses proches. Sa femme finit par le chasser de la maison pour le bien de leurs enfants. Touchant le fond, il s’accroche malgré lui à une marionnette de castor trouvée un soir par hasard. Par jeu ou par désespoir, il utilise cette marionnette pour extérioriser toutes les choses qu’il n’ose pas dire à sa famille et ses collègues. La marionnette devient alors comme une nouvelle personnalité, un nouveau Walter, plus positif et sûr de lui. Rapidement il reprend le contrôle de sa vie mais découvre peu à peu qu’il ne peut plus vivre sans son castor. Parviendra-t-il à se débarrasser de lui ?

Avec son héros en peluche et son acteur principal de retour sur les écrans après des soucis personnels très médiatisés, le nouveau film de la réalisatrice Jodie Foster avait de quoi intriguer.

Le thème de la dépression, central dans Le complexe du castor (The Beaver), est personnifié par le personnage incarné par Mel Gibson, un chef d’entreprise et un chef de famille largué, en plein spleen, qui, après une soirée particulièrement noire où il a été mis à la porte du domicile conjugal par sa femme lasse de le voir dans un état léthargique, invite dans sa vie un castor en peluche pour lui remonter le moral. Ce jouet en peluche va devenir un outil de survie, un moyen de mettre à distance ses démons intérieurs et peut-être devenir l’instrument de la reconquête de sa famille et de soi. Mais la présence permanente de ce double à l’étrange apparence peut dérouter son entourage et produire des effets dramatiques.

Jodie Foster examine les conséquences du comportement maladif du père sur le reste de la famille. Mel Gibson en dépressif chronique trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, son regard désespéré et son attitude auto-destructrice provoque une émotion durable dont le paroxysme est atteint dans un dernier quart d’heure particulièrement sombre pour une comédie dramatique grand public.

6 mai 2011

Love & autres drogues / Edward Zwick

New York, les années 90. Jamie est un jeune commercial redoutable dont l’assurance - et le physique avantageux - sévissent aussi bien auprès des femmes que dans l’univers implacable de l’industrie pharmaceutique où, entre antidépresseurs et dopants sexuels, il parvient finalement à tout vendre. Mais il y a une personne qui semble insensible aux charmes de Jamie : Maggie. Une jeune femme très séduisante et furieusement indépendante qui, comme Jamie, fuit l’engagement émotionnel, mais pour des raisons très différentes. Elle est atteinte d’une maladie chronique et a décidé de vivre uniquement au jour le jour.
Malgré eux, ce qui devait être une histoire sans lendemain va alors s’intensifier. Tous deux vont bientôt voir leurs principes respectifs malmenés et devenir accros à la plus puissante des drogues qui soit : l’amour.

Le réalisateur Edward Zwick, habitué des films épiques (Le dernier Samouraï, Les insurgés), s'essaie à la comédie romantique avec Love et autres drogues.

Avec en toile de fond une peinture amusante de l'industrie pharmaceutique des 90's avec le boom du Viagra, l'histoire forcément compliquée de deux jeunes personnes différentes mais complémentaires est dynamisée par l'alchimie de son couple d'acteurs charismatiques aussi à l'aise dans le registre de l'émotion que dans la séduction avec de nombreuses scènes de nudité peu courantes dans ce genre de production. Le versant mélodramatique pris dans le dernier tiers passe d'autant mieux que l'histoire crédible est rendue attachante par ce charmant duo incarné par Anne Hathaway et Jake Gyllenhaal.

Ajouter une poignée de seconds rôles réussis comme Oliver Platt ou Hank Azaria et vous obtiendrez une comédie romantique à la fois polissonne et attendrissante à laquelle il est difficile de résister.

Test blu-ray

Un master de belle facture avec une bonne définition couplé à une piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 avec un mix juste et dynamique entre des dialogues bien aérés et une B.O.sympathique assurent une très bonne note technique à ce blu-ray.

Bonus

Une poignée de scènes inédites, 3 modules à base d'interviews promos des deux acteurs, du réalisateur et d'un producteur insistant sur l'alchimie et la complicité du duo Hathaway/Gyllenhaal et un court focus sur l'inspiration du personnage principal, Jamie Reidy, l'auteur de Hard Sell, un livre plein de révélations sur l'industrie pharmaceutique constituent les suppléments de cette édition combo FPE.

3 mai 2011

Voir la mer / Patrice Leconte

C'est 2 frères. Qui habitent Montbard, en Bourgogne. Et qui, pour les vacances d'été, ont décidé d'aller voir leur mère à Saint Jean de Luz. Parce que ça fait longtemps. Parce que ça lui fera plaisir. Ce ne sont pas les parce que qui manquent. Ils ont trouvé un motor-home d'occasion, et vont faire la route au rythme du bitume, au gré des envies. C'est ça l'idée : une diagonale de France entre frères.
Sauf que leur tombe dessus une fille qui n'était pas prévue. Une fille attachante. Inattendue. Et qui n'a jamais vu la mer. Ils font donc la route à trois. Et tout doucement, entre désirs diffus et envies cachées, ils réalisent que d'être un trio n'empêche pas de s'aimer. Sans jalousie. Plaisirs partagés.

Après une série de comédies impersonnelles et poussives (La guerre des miss, Mon meilleur ami, Les bronzés 3), Patrice Leconte s’est attelé à un projet de facture plus modeste renouant avec l’inspiration de La fille sur le pont et de Tandem pour ce road-movie sentimental.

Triangle amoureux sous la lumière chaude de l’été, Voir la mer est centré sur trois jeunes personnages en quête d’amour, un amour finalement libre, la fille renonçant très vite à choisir entre les deux frères.

Le film, léger et lumineux, manque de substance scénaristique pour convaincre totalement mais les comédiens visiblement complices (Clément Sibony, Nicolas Giraud et Pauline Lefevre, délicieuse dans un premier rôle solaire et sensuel) apportent de la fraicheur et un enthousiasme à un cinéaste qui semble avoir retrouvé l’inspiration.

(sortie en salles le 04/05/2011)