26 mai 2011

Le complexe du castor / Jodie Foster

La vie de Walter n’est plus ce qu’elle était. Déprimé, vivant au ralenti, il s’éloigne de sa famille et de ses proches. Sa femme finit par le chasser de la maison pour le bien de leurs enfants. Touchant le fond, il s’accroche malgré lui à une marionnette de castor trouvée un soir par hasard. Par jeu ou par désespoir, il utilise cette marionnette pour extérioriser toutes les choses qu’il n’ose pas dire à sa famille et ses collègues. La marionnette devient alors comme une nouvelle personnalité, un nouveau Walter, plus positif et sûr de lui. Rapidement il reprend le contrôle de sa vie mais découvre peu à peu qu’il ne peut plus vivre sans son castor. Parviendra-t-il à se débarrasser de lui ?

Avec son héros en peluche et son acteur principal de retour sur les écrans après des soucis personnels très médiatisés, le nouveau film de la réalisatrice Jodie Foster avait de quoi intriguer.

Le thème de la dépression, central dans Le complexe du castor (The Beaver), est personnifié par le personnage incarné par Mel Gibson, un chef d’entreprise et un chef de famille largué, en plein spleen, qui, après une soirée particulièrement noire où il a été mis à la porte du domicile conjugal par sa femme lasse de le voir dans un état léthargique, invite dans sa vie un castor en peluche pour lui remonter le moral. Ce jouet en peluche va devenir un outil de survie, un moyen de mettre à distance ses démons intérieurs et peut-être devenir l’instrument de la reconquête de sa famille et de soi. Mais la présence permanente de ce double à l’étrange apparence peut dérouter son entourage et produire des effets dramatiques.

Jodie Foster examine les conséquences du comportement maladif du père sur le reste de la famille. Mel Gibson en dépressif chronique trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, son regard désespéré et son attitude auto-destructrice provoque une émotion durable dont le paroxysme est atteint dans un dernier quart d’heure particulièrement sombre pour une comédie dramatique grand public.

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