15 juin 2011

Blue valentine / Derek Cianfrance

A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.

Premier film, Blue Valentine est la triste histoire de la fin d’un couple très attachant interprété par les excellents Ryan Gosling et Michelle Williams.

Filmé caméra légère à la manière d’un documentaire sur un vraie couple en crise, la vie de ce jeune couple avance par flashs-back efficaces sur le plan dramatique : le début de cette liaison nous est conté à travers des situations joyeuses ou plus tristes mis justement en opposition avec leur situation actuelle.

Si les motivations du personnage joué par Michelle Williams sont parfois trop obscures, Derek Cianfrance parvient sans peine, en serrant au plus près des émotions de ses personnages, à provoquer de l’empathie pour son duo. Cru dans les étreintes passionnées comme dans la fureur des disputes conjugales, le délitement progressif de ce jeune couple marque par l'intensité de son interprétation et la mélancolie générée par sa conclusion.


13 juin 2011

Une séparation / Asghar Farhadi

Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable…

Triplement primé à la Berlinale 2011 (Ours d'or pour le réalisateur et 2 Ours d'argent pour les 2 comédiens principaux), cette chronique iranienne d’un divorce annoncé déploie une force dramatique remarquable redevable au jeu des acteurs que la mise en scène sous tension enferme dans un enchaînement redoutable de faits tragiques, dans une spirale de malheur.

Les nombreux échanges verbaux entre les personnages constamment en train de se déchirer affectivement, de s’affronter psychologiquement, installent un climat nerveux et dramatique ne se relâchant que dans les ultimes plans où le réalisateur Asghar Farhadi dit avec une sobriété désarmante d’efficacité dramatique toute la tristesse de cette situation familiale dont les enfants sont les premières victimes.

Cette douloureuse séparation est d'une redoutable puissance émotionnelle qui emporte sans effets appuyés ni manichéisme le spectateur dans cette histoire simple à portée universelle.