22 août 2011

La piel que habito / Pedro Almodovar

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…

Après avoir débuté avec une série de comédies pop puis enchainé les mélodrames flamboyants, le cinéma de Pedro Almodovar explore depuis Les étreintes brisés le genre du thriller dont cette adaptation d’un texte de Thierry Jonquet intitulé Mygale révèle un parfum vénéneux et un vertige troublant.

En prenant pour personnage principal un Dr Frankenstein moderne dont les expériences de transgénèse le conduisent à créer un substitut à la peau humaine grâce à un cobaye humain, La piel que habito renvoie par son atmosphère oppressante et ses révélations troublantes aux Yeux sans visage de Franju comme aux films noirs de Fritz Lang des années 40.

Ce créateur dégénéré, privé d’émotions comme la compassion envers la souffrance d’autrui depuis qu’une série de drames familiaux l’a profondément affecté, s’oppose au personnage d’Elena dont la capacité de survie, la force intérieure font d’elle une héroïne forte parmi les plus réussies du cinéma d’Almodovar.

La qualité du script jusqu'à un twist implacable, la froideur malfaisante du personnage de Antonio Banderas (très convaincant) de retour 20 ans après dans l’univers de l’acclamé cinéaste madrilène assure à La piel que habito une tension dramatique entretenue par une mise en scène d’une grande précision.


1 commentaire:

tntv a dit…

Très bon film, antonio banderas joue vraiment bien