28 janv. 2012

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes / David Fincher

Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille. Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui. Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Quand le réalisateur célébré de Seven et de Zodiac s'attaque à une nouvelle adaptation du best-seller de Stieg Larsson, Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, le spectateur peut s'attendre à une plongée sans concessions au coeur du mal dont une riche famille suédoise est l'incarnation particulièrement tordue.

Deux personnages opposés, la jeune hackeuse Lisbeth Salander, rebelle mais surdouée et le célèbre journaliste d'investigation Mikael Blomkvist, sur la touche après un procès médiatisé, vont s'unir pour lever le voile sur les sombres secrets d'une famille fortunée marquée par l'anti-sémitisme depuis des décennies, une froideur comportementale (entre eux et les étrangers) et des déviances sexuelles inavouables.

Après un début assez bavard et un peu laborieux où Blomkvist tente de faire le point sur l'identité des différents membres de la famille Vanger dont le personnage interprété par Christopher Plummer semble le plus équilibré, le ton se durcit avec la description du quotidien de Lisbeth puis la rencontre entre les deux enquêteurs provoque des étincelles : la narration s'emballe, les retournements de situation s'enchainent, la tension dramatique étant maintenue à un niveau redoutable.

Combinée à la musique hypnotique de Trent Reznor la mise en scène virtuose de Fincher multiplie les plans à la perfection plastique où les ténèbres menacent de tout emporter et dissoudre (la vérité, les enquêteurs).

De ce maëlstrom de violences et d'horreurs sortent indemnes et grandis le journaliste mondain (Daniel Craig, très crédible) pour qui cette collaboration aura appris à être plus rigoureux dans sa recherche de preuves et la nerd gothique (Rooney Mara, épatante au point d'éclipser la composition déjà remarquable de Noomi Rapace dans la version suédoise de Daniel Alfredson, nettement moins convaincante en terme de réalisation) pour qui l'amitié voire l'amour sont enfin envisageables après un passé particulièrement tumulteux.

Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes selon Fincher distille un malaise profond et un trouble insidieux avec la peinture au couteau d'un univers d'une noirceur abyssale exploré par deux personnages attachants que l'on espère revoir dans des aventures aussi marquantes.

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