31 août 2012

Nouveau départ / Cameron Crowe

Père célibataire, Benjamin Mee (Matt Damon) a bien du mal à élever ses deux jeunes enfants. Espérant resserrer les liens familiaux,il décide de prendre un nouveau départ,plaque son travail et achète une vieillemaison sur une immense propriété, qui ala particularité d’abriter un zoo délabré.
Plusieurs dizaines d’animaux, ours, tigres et bien d’autres, vivent en effet au Rosemoor Animal Park, où la gardienne Kelly Foster (Scarlett Johansson) et son équipe dévouée tentent de maintenir les installations tant bien que mal. Sans la moindre expérience, avec très peu de temps et d’argent, Benjamin Mee et les siens vont tout mettre en oeuvre pour réhabiliter le zoo et vivre ainsi leur plus grande aventure…

7 ans après des rencontres à Elizabethtown guère convaincantes, le réalisateur  Cameron Crowe est de retour avec Nouveau départ (We bought a zoo), adaptation du livre de Benjamin Mee intitulé "We Bought a Zoo : The Amazing True Story of a Broken-Down Zoo and the 200 Animals That Changed a Family Forever".

S'il ne retrouve pas la force dramatique de Jerry Maguire ou l'énergie euphorisante de Presque célèbre, Crowe réussit à rendre captivante voire touchante cette aventure familiale plutôt originale.
Tous les ingrédients d'un spectacle tout public sont réunis pour assurer la réussite de ce film basé sur une histoire vraie : une expérience humaine où il est question de surmonter un deuil grâce à la solidarité et l'amour, des animaux partout à l'image, un duo glamour Damon/Johansson autour duquel gravitent des personnages attachants, une musique envoûtante. Crowe lie tout cela avec des dialogues bien sentis lors de situations amusantes (les scènes liées aux problèmes d'intendance et d'aménagement du zoo) et d'autres plus grave où la sensibilité du réalisateur est manifeste lors d'échanges familiaux parfois très intenses (l'affrontement verbal père/fils). Comme souvent chez le réalisateur la musique est judicieusement choisie : additionnée à la superbe photo de Rodrigo Pietro, la bo composée par Jonsi, le leader de Sigur Ros, offre de beaux moments lyriques.
Si le scénario n'offre aucune surprise jusqu'à la fin archi-prévisible l'ensemble dégage une vraie sincérité et authenticité (le vrai Benjamin Mee et sa famille apparaissent dans la dernière séquence) très appréciables, Crowe se tenant à distance respectable des sirènes de la sensiblerie larmoyante qu'un tel sujet peut appeler.
Même si à deux reprises le trait est un peu trop appuyé niveau émotion, le film sonne juste et s'avère attachant grâce à ses comédiens en premier lieu Matt Damon, irréprochable en père de famille courage.
Son duo avec Scarlett Johansson, craquante en girl next door, est un atout fort pour ce feel good movie qui est une belle leçon de vie doublé d’un hommage sincère au personnel passionné des zoos du monde entier.

Test blu-ray
Technique
La qualité de l'encodage et du master est optimale. Principale bénéficiaire : la colorimétrie, riche et nuancée dans le respect du travail parfait du chef op Rodrigo Prieto.
Direction la piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 pour apprécier le jeu des comédiens évidemment et se délecter du très bon travail sonore effectué sur ce film où la musique de Jonsi et les ambiances naturelles avec de multiples interventions d'animaux se déploient sur toutes les enceintes.
Bonus

Le beau menu animé vous propose tout d'abord le commentaire audio (sous-titré) du réalisateur Cameron Crowe, du monteur Mark Livolsi et du comédien J.B. Smoove.


Puis un copieux making-of (76') revient dans le détail sur l'aventure du film : de la rencontre avec Benjamin Dee dont l'histoire personnelle a servie de base au film au tournage à l'été 2011 en passant par la construction du décor principal et les répétitions des acteurs. Le travail en équipe dans la bonne humeur y est manifeste. Une bonne partie de l'équipe intervient pour souligner notamment le plaisir à travailler avec Cameron Crowe, l'un des rares réalisateurs hollywoodiens à diffuser de la musique pendant les prises et évoluer à proximité de nombeux animaux (lion, tigres, singe capucin, ours, binturong...) dont le travail de dressage est assez incroyable.

Un florilège de scènes inédites et intégrales (37') est également au programme. On retiendra une scène prolongée d'évasion d'un ours et de sympathiques scènes avec les personnages secondaires mettant en valeur l'effort collectif.

La featurette Parce qu'ils sont heureux (17') est consacrée à l'enregistrement de la musique composée par Jonsi, le leader du groupe Sigur Ros. Cameron Crowe a collaboré étroitement avec l'artiste islandais afin de faire de la musique "un personnage aux côtés de Damon et Johansson".

Le vrai Mee est la rencontre très intéressante avec Benjamin Dee qui relate son aventure incroyable à la base du film.

Le bétisier (7') avec ses blagues, ses fous rires témoigne de la bonne ambiance du plateau.

Enfin la galerie photo du photographe de plateau Neal Preston et une bande-annonce complètent cette riche galerie de bonus.

Le DVD du film est inclus dans cette édition FPE très réussie.


26 août 2012

Total Recall Mémoires Programmées / Len Wiseman



Modeste ouvrier, Douglas Quaid rêve de s’évader de sa vie frustrante. L’implantation de souvenirs que propose la société Rekall lui paraît l’échappatoire idéale. S’offrir des souvenirs d’agent secret serait parfait… Mais lorsque la procédure d’implantation tourne mal, Quaid se retrouve traqué par la police. Il ne peut plus faire confiance à personne, sauf peut-être à une inconnue qui travaille pour une mystérieuse résistance clandestine. Très vite, la frontière entre l’imagination et la réalité se brouille. Qui est réellement Quaid, et quel est son destin ?

22 ans après la version culte réalisée par Paul Verhoeven avec Arnold Schwarzenegger, la nouvelle "Souvenirs à vendre" du romancier américain Philip K.Dick a fait l'objet d'une nouvelle adaptation avec derrnière la caméra Len Wiseman et Colin Farrell dans le rôle double de Douglas Quaid / Hauser.

Dans ce Total Recall version 2012 il n'est plus question de Mars comme terrain de jeu, pas plus que dans la nouvelle de K.Dick soit dit en passant mais de la Terre, dirigée par deux états-mondes bien distincts : la Fédération Unie de Grande-Bretagne et la Colonie. L'ironie et la paranoïa qui faisaient le sel de la version Verhoeven ont laissé place à un esprit de sérieux où il est question de machination politique à grande échelle que le héros doit faire échouer au fil de nombreuses péripéties empilées avec exaltation.

Aux thèmes porteurs en terme dramatique de la double identité et des dérives du pouvoir politique, le récit préfère la frénésie de courses-poursuites ininterrompues dont l'orchestration et la toile de fond rappellent de nombreux références du cinéma d'action hollywoodien. L'esthétique de ce Total Recall Mémoires Programmées est certes soignée, des effets spéciaux très réussis en premier lieu mais le résultat à l'image sent trop le réchauffé pour emballer. Dans le souci de plaire au plus grand nombre, le film rassemble alors, dans une démarche syncrétique certes efficace, pour masquer l'absence d'un véritable point de vue, des idées à des films comme Blade runner (l'aspect architectural de la Colonie renvoie à la mégalopole pluvieuse du film de Ridley Scott), La vengeance dans la peau (une poursuite effrénée sur les toits), l'incontournable Minority Report pour le look des véhicules et de la technologie du futur ou bien encore L'attaque des clones avec la production en masse de soldats synthétiques.

Dans le rôle de l'agent double jadis tenu par Arnold Schwarzenegger, Colin Farrell assure en action man face à la redoutable Kate Beckinsale en ex-femme peau de vache. Les excellents Bryan Cranston et Bill Nighy sont malheureusement sous-exploités, victimes du rythme infernal imposé par Len Wiseman dans ce remake divertissant mais sans personnalité et sans saveur.