20 juil. 2012

Blue velvet / David Lynch

Épaulée par son amie Sandy, Jeffrey, un jeune homme, mène son enquête concernant une oreille humaine trouvée dans un terrain vague. Il croise sur son chemin Dorothy Vallens, une mystérieuse chanteuse de cabaret.


Après l'expérience déroutante de Dune liée aux contraintes d'un film à gros budget, marquée par l'interventionnisme du producteur De Laurentiis, le réalisateur de Elephant man David Lynch a vu dans le projet de Blue Velvet l'occasion de se ressourcer.

Avec Blue Velvet Lynch voulait  "un thriller en surface et qu'il y ait à l'arrière-plan une plus grande densité psychologique".

Une fois l'exposition déroulée, cadre ripoliné de l'Amérique moyenne et  personnages principaux allant d'un couple de jeunes gens bien sous tous rapports à une chanteuse mystérieuse victime d'un maître chanteur, Lynch plonge son petit monde dans les ténèbres et l'horreur. Le héros du film  interprété par Kyle MacLahan, jeune homme innocent curieux de découvrir un autre monde que le sien, est entrainé dans un maelström de violences et de perversions après avoir fait la connaissance du personnage mystérieux de Dorothy (Isabela Rossellini).

L'idée de passage dans un autre univers, plus sombre et torturé que leur environnement immédiat est clairement annoncé à maintes reprises par le duo d'apprentis enquêteurs qui parle  de la découverte d'"un monde étrange". Ce basculement narratif s'accompagne d'un changement esthétique : les scènes chez Dorothy ou faisant intervenir son personnage mêlent sensualité et danger dans une esthétique plus stylisée que celles dialoguées entre Jeffrey et Sandy (la muse du réalisateur,  Laura Dern). Le personnage de Dennis Hopper, bandit obsédé par Dorothy, est à cet égard outré, à la limité du grand-guignol. Le caractère sulfureux du film est lié à Dorothy,  incarnation de la femme fatale selon Lynch : une brune énigmatique associée à la nuit par opposition à la blonde liée à une normalité apaisante (Dorothy).

On notera de menus défauts, eu égard à la qualité de la proposition d'un cinéma non conventionnel et étrange : quelques baisses de rythme dans une intrigue linéaire où l'intensité des scènes avec Dorothy contraste avec la banalité des scènes entre Jeffrey et Sandy même si l'on a conscience qu' un tel agencement est mûrement réfléchi, un personnage de méchant too much.

Blue velvet demeure très intéressant en ce qu'il pose les bases d'un envoûtant univers développé dans les chefs d'oeuvre Lost highway et Mulholland drive : un cadre idéal en surface révélant au fil de l'intrigue des abîmes de noirceur, figures féminines complexes autour d'un duo brune/blonde qui sont en fait les 2 faces d'un même monde, scénario sinueux plein de bizarreries.


bluevelvet2

Test blu-ray

Technique

Le master proposé offre une riche colorimétrie et une netteté très appréciable notamment sur les gros plans des acteurs. Vu les contraintes techniques à relever (nombreuses scènes nocturnes, couleurs allant du rouge au marron) cet image HD constitue clairement un bon qualitatif par rapport à l'édition sd.
La VO a été retravaillé en DTS-HD MA 5.1 : sans être spectaculaire elle met bien valeur les voix et la formidable musique de Angelo Badalamenti. La VF est comme souvent inférieure.

Bonus

Un long making-of intitulé "Les mystères de l'amour" (60') et un florilège de scènes coupées combleront les amateurs de bonus consistants pour prolonger l'expérience du film.
Bandes-annonces et spots TV sont également au programme de cette édition collector digibook avec livret exclusif.
Enfin le DVD du film est inclus dans cette belle édition FPE.

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