19 juil. 2012

Martha Marcy May Marlene / Sean Durkin

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

Primé à Sundance pour sa mise en scène, Martha Marcy May Marlene est l'exemple de ce que peut nous offrir de mieux le cinéma indépendant américain : histoire intéressante au fort potentiel dramatique, réalisation soignée et casting bien pensé.

Sur le sujet sérieux des sectes, le jeune réalisateur Sean Durkin préfère livrer un récit réaliste et intime, centré sur le bouleversement intérieur des personnages qu'un film à thèse dénonçant les méfaits de ce genre de communauté. L'histoire est en effet celle d'une jeune femme qui, après avoir fui une secte, tente de se réadapter à la vie. Mais alors qu'elle essaie de se remémorer les évènements passés et de s'adapter à un présent déstabilisant (le confort  et la stabilité d'une vie bourgeoise auprès de sa soeur vs la vie bohème pleine de surprises de son ancienne communauté) tout se mélange, la paranoïa s'installe doucement. Certaines attitudes de ses proches deviennent ambigües pour la jeune femme à l'identité fracturée qui voit la secte dont elle s'est enfuit tenter de la rattraper.

La mise en scène éthérée du début installe peu à peu une angoisse sourde. Le rythme du film, langoureux, adopte le point de vue de son héroïne qui tente de reconstruire son identité éclatée. Des ellipses intrigantes et de judicieux raccords sur le mouvement ou le son participent de cette ambiance trouble où la frontière entre présent et passé est poreuse.

Elizabeth Olsen joue magnifiquement le trouble et la détresse que rencontrent son personnage dans son parcours chaotique pour trouver sa place dans un univers où évolue la rassurante  Sarah Paulson et un inquiétant John Hawkes qui compose avec subtilité un leader charismatique à la perfidie machiavéliquement dosée.

Porté par la superbe découverte Elizabeth Olsen, Martha Marcy May Marlene est un premier film attachant et hypnotique par l'ambiance instable et trouble qu'il maintient jusqu'à un dernier plan des plus déstabilisants.


Test blu-ray

Technique
L'édition HD bénéficie d'une superbe définition, une photographie réussie et une compression solide. On notera des noirs un peu bouchés. Le rendu avec un  respect du grain argentique originel est d'une belle précision.
Quelques ambiances naturelles au rendu frontal sont au programme de ce film intime et réaliste.

Bonus
Supplément le plus intéressant, le court métrage de Sean Durkin, Mary Last Seen (2010 - 14'), est l'embryon de Martha Marcy May Marlene avec ses ellipses intrigantes, ses plans fixes bien composés et son climat vaporeux peu à peu trouble.

Le reste des suppléments de cette édition combo (blu-ray + DVD) FPE est constitué de featurettes promo sur le casting emmené par une excellente Elizabeth Olsen (Pleins feux sur Elizabeth Olsen, 3'), l'intrigue (L'histoire, 4') et les coulisses du tournage (Le making of Martha Marcy May Marlene, 3').

Un peu plus consistants, deux courts documentaires complètent la section bonus :  l'entretien avec les cinéastes où le réalisateur et ses deux producteurs évoquent leur rencontre à l'université,  la genèse du film et les mérites de leur actrice principale puis le mini-documentaire le fonctionnement psychologique d'une secte (5') avec l'intervention de Rachel Bernstein, thérapeute et experte en secte.

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