4 nov. 2012

Skyfall / Sam Mendes

Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel… 

Pour ses 50 ans de cinéma, le célèbre agent secret 007 s'est offert la crème des professionnels du cinéma : à la mise en scène Sam Mendes reconnu pour ses drames psychologiques (Les noces rebelles), à la photographie le chef op des frères Coen Roger Deakins et un casting en or avec entre autres Ralph Fiennes et Javier Bardem aux côtés des impeccables Daniel Craig et Judi Dench.

Encadré par un prologue situé en Turquie, parmi les plus spectaculaires de la saga et une partie de campagne écossaise d'une grande intensité dramatique, Skyfall séduit par l'élégance de sa mise en scène qui exploite à merveille le potentiel cinématographique de magnifiques décors où se déroule l'intrigue de ce Bond qui à bien des égards est un retour aux sources.

A l'image du travail effectué par Christopher Nolan sur le dark knight qui nous a présenté les origines du mythe dans Batman Begins avant de le faire vaciller dans The dark knight rises, Sam Mendes évoque la résurrection d'un homme, renaissance dont le prix est l'affrontement avec les fantômes du passé : le passé de M en la personne du psychopathe Silva revient la hanter, l'enfance de Bond a une grande place dans le dernier acte. Excellent directeur d'acteurs, Mendes s'appuie sur un magnifique trio pour constituer le coeur dramatique de son récit qui est avant tout une histoire de famille complexe où se débattent pour survivre Daniel Craig, Judi Dench et Javier Bardem. Les silences et les regards ont toute leur place dans ce Bond qui propose de nombreuses respirations pour mieux dégainer des scènes d'action très bien orchestrées (oublié le montage frénétique des scènes d'action peu inspirées de Quantum of solace).
Ce troisième Bond sous l'aire Craig, décidément le meilleur interprète de 007 avec Sean Connery, est le retour jubilatoire aux fondamentaux de la saga, des personnages phares (Q,  miss Moneypenny) aux gadgets et véhicules (le Walter PPK version 5.1.1, l'Aston Martin DB5) en passant par quelques brins d'humour. De plus un James Bond qui se respecte se doit de présenter un méchant redoutable : Javier Bardem compose un bad guy d'anthologie, hacker péroxydé très dérangé entre le Joker et Max Zorin.

Tous les ingrédients d'un Bond réussi ont été réunis dans un shaker manipulé avec un grand professionnalisme par Sam Mendes. Le résultat tient de l'excellence. Bon anniversaire, Mr Bond.