4 déc. 2012

The impossible / Juan Antonio Bayona

L’histoire d’une famille prise dans une des plus terribles catastrophes naturelles récentes. The Impossible raconte comment un couple et leurs enfants en vacances en Thaïlande sont séparés par le tsunami du 26 décembre 2004. Au milieu de centaines de milliers d’autres personnes, ils vont tenter de survivre et de se retrouver. D’après une histoire vraie.

Après le remarqué L'orphelinat (2007) le réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona passe à la vitessse supérieure pour son second film ; interprété par deux pointures (Naomi Watts et Ewan Mac Greggor) The impossible est le récit dramatique, basé sur une histoire vraie, d'une famille prise dans le terrible tsunami de 2004 en Thaïlande.

Ultra-réaliste la première partie de The impossible consacrée au déroulement de cette catastrophe naturelle est un peu ce que Il faut solder le soldat Ryan est au film de guerre : une expérience de l'horreur, immersive, redoutable, inoubliable. La séquence du raz-de-marée est en effet vraiment bluffante de réalisme douloureux grâce à un mélange de prise de vues réelles, d'effets sonores dévastateurs et des acteurs remarquables qui donnent visiblement beaucoup d'eux. A côté la mise en scène de ce même évènement traumatique dans l'Au-delà de Clint Eastwood parait bien pauvre avec ses images de synthèse peu convaincantes et son montage placide.

La suite du long-métrage consacrée à la tentative de survie et de retrouvailles de la famille séparée par cette énorme déferlante  est tout aussi intense notamment grâce au jeu exceptionnel de Naomi Watts, sans doute l'actrice contemporaine la plus simplement émouvante. Bayona, pris à quelques reprises en flagrant délit de flirt avec le pathos (musique emphatique, mise en avant pas toujours mesurée dans ses effets dramatiques de l'innocence des enfants vs l'horreur de la situation), réussit ce grand film cathartique en se reposant sur son plus efficace vecteur d'émotion, la Watts, une nouvelle fois renversante.

Thérèse Desqueyroux / Claude Miller

Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu’on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie…

Dernier film du regretté Claude Miller, Therese Desqueyroux est l'adaptation très soignée du roman de François Mauriac.

La direction artistique impeccable, décors et costumes bien choisis, est au service du développement d'un drame intérieur, celui d'une femme étouffée par un quotidien, en apparence privilégié. Par petites touches, en privilégiant les non-dits et les manifestations sensibles du tumulte intérieur de son héroïne secrète, Miller raconte un drame anxiogène où une femme corsetée par les traditions et les usages de sa classe, la bourgeoisie provinciale, va payer cher sa soif de liberté.

Les acteurs brillants, Audrey Tautou très juste dans l'expression de la douleur rentrée et bonne surprise Gilles Lelouche touchant en mari trahi qui révèle une sensibilité inattendue, font palpiter cette histoire tragique qui malgré sa facture classique (récit linéaire, mise en scène épurée) marque par son intensité dramatique, surtout dans le dernier tiers et interpelle par son sujet somme toute intemporel.

1 déc. 2012

2 days in New-York / Julie Delpy

Marion (Julie Delpy) est désormais installée à New York, où elle vit avec Mingus (Chris Rock), un journaliste de radio, leurs deux enfants qu’ils ont eus de relations antérieures et un chat. Le couple est très amoureux ! Marion est toujours photographe et prépare son exposition. Son père, sa sœur et son petit copain (qui est en fait l’ex de Marion et qui n’était pas prévu du tout) débarquent à New York pour le vernissage. Le choc des cultures mais surtout les personnalités débridées des trois arrivants vont provoquer un véritable feu d’artifice entre Mingus, un vrai « newyorker », Marion disjonctée sur les bords, son père qui ne parle pas un mot d’anglais, sa sœur toujours en phase avec ses problèmes freudiens, et son petit ami… no comment ! Vous pouvez deviner la suite, ou pas…


Suite 4 ans après de 2 days in Paris, 2 days in New-York toujours signé Julie Delpy recèle à nouveau pour notre plus grand plaisir de nombreux dialogues savoureux débités avec énergie, des situations délurées où l'absurde est souvent convoqué (la séquence hallucinante avec Vincent Gallo en guest, apparition de Daniel Bruhl en fée alter mondialiste) et des personnages bien cintrés (une famille française légèrement envahissante).

Si l'histoire fait du surplace, Julie Delpy dynamise sa comédie par un verbiage constant, des dialogues souvent crus, un esprit farcesque où le portrait, croqué par la réalisatrice expatriée, de ces français est assez chargé : père rabelaisien joué par le propre père de Julie Delpy, soeur exhibitionniste légèrement nympho, beau-frère glandeur, cet échantillon de frenchies, révélés entre autres sales et sans-gêne, est le vecteur d'un comique assez redoutable. La comédie s'articule en effet autour de l'intervention d'éléments perturbateurs au sein d'un foyer tranquille (un véritable débarquement de français dans une famille recomposée new-yorkaise) et de fait du décalage culturel entre les deux groupes. Les quiproquos s'enchaînent alors avec générosité entre un Chris Rock, pour qui Delpy a écrit ce scénario, désolé par l'attitude de sa belle-famille et des français décomplexés et/ou névrosés .

Avec 2 days in New-York, la touche à tout Julie Delpy qui, en véritable auteur signe outre le texte, la mise en scène et la musique, confirme une écriture comique percutante (art du dialogue qui claque) avec un attachement pour les personnages border-line et n'oublie pas de glisser quelques notes tendres en abordant avec un mélange de poésie et d'humour décalé le sujet de la mort expliquée aux enfants grâce à un théâtre de marionnettes.

Test blu-ray
Bien définies et détaillées, les images de cette comédie aux décors en majorité intérieurs sont dans la norme d'une respectable édition hd d'un film récent. 
Pas d'ambiances riches pour ce film dont l'architecture sonore est essentiellement composé de dialogues bondissants restitués avec clarté.

Bonus
L'unique bonus de cette édition hd France télévisions est une masterclass, à l'ambiance décontractée, avec l'attachante Julie Delpy (44'). DVD et copie digitale du film sont inclus dans le boitier.

Sorti en DVD le 31 août 2012, édité par France Télévisions Distribution.
Chronique réalisée en partenariat avec Cinetrafic.fr