15 avr. 2013

End of Watch / David Ayer

Chaque jour, Brian Taylor et Mike Zavala, jeunes officiers de police, patrouillent dans les rues les plus dangereuses de Los Angeles. À travers les images filmées sur le vif, on découvre leur quotidien sous un angle jamais vu. Du danger partagé qui forge la fraternité à la peur et aux montées d’adrénaline, c’est une fascinante plongée au cœur de leur vie et d’un quartier, une histoire puissante sur l’amitié, la famille, l’honneur et le courage. 

Réalisateur de deux polars fiévreux, Bad times (2005) et Au bout de la nuit (2008) et scénariste entre autres du nerveux Training day (2001), David Ayer récidive dans le polar hard boiled avec End of watch, probablement son meilleur film derrière la caméra.

Afin de traduire la tension du quotidien de deux flics de la division la plus dangereuse de L.A et catapulter le spectateur dans le feu de l’action, David Ayer a opté, comme processus filmique, pour l’utilisation de multiples caméras numériques provenant de sources différentes : enregistrements en provenance de la voiture de patrouille, appareil numérique utilisé par les gangsters pour immortaliser leurs méfaits, petites caméras achetées par le personnage joué par Jake Gyllenhaal dans le cadre d’un projet personnel (le scénario ne dévoile rien de la nature de ce projet obscur, soit, admettons!). Entre outre dans cette recherche de réalisme, Ayer, ancien marine dont l’enfance s’est déroulée dans le quartier chaud de South central dépeint dans le film, a engagé un ancien officier de police en tant que conseiller technique, Jaime Fitzimons par ailleurs interprète du Capitaine Reese.

Si le film abandonne par moments, surtout dans le dernier tiers, les prises de vues subjectives pour une mise en scène classique, End of watch s’avère passionnant, tendu, avec une tension dramatique allant crescendo jusqu’au guet-apens violent qui clôt l’histoire et attachant, le duo de flics campé par Jake Gyllenhall et Michael Pena fonctionnant à merveille.

Le récit alterne scènes conjugales, causeries lors des patrouilles avec le traitement d’affaires sordides (traite d’être humains) puis morbides (cadavres démembrés dans une cave) qui vont conduire les deux policiers à figurer dans le collimateur d’un cartel mexicain. L’aspect noir et glauque des cas traités par le duo est contrebalancé par la tendresse des scènes de leur vie conjugale respective et  les manifestations d’amitié qui cimente cette équipe.

En ressort un hommage sincère au travail difficile de flic où la solidarité entre collègues permet d’atténuer la violence quotidienne de la rue (incroyable dernière séquence d’action où les rues d’un bloc de LA sont filmées comme un labyrinthe mortel) mais surtout un très bon film policier en immersion, appliquant avec inspiration les codes du found fountage au polar.

Percutant et fort, d’un réalisme viscéral, End of watch est un des meilleurs cop movie de ces dernières années.

End of watch est disponible en DVD & blu-ray chez Metropolitan depuis le 25 mars dernier.

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