5 oct. 2013

Mama / Andres Muschietti

Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique… 

Auteur d’un remarquable court-métrage horrifique tourné en 2008 (présent sur le disque blu-ray), Andres Muschietti s’est vu confier l’adaptation en long-métrage de ce film court Mamá par le réalisateur et producteur Guillermo Del Toro.

Andres Muschietti reprend la thématique de la maternité contrariée dans son long métrage pour lequel il a bénéficié d’un budget confortable (15M$) et la présence au casting de la très hype et talentueuse Jessica Chastain.

La première demi-heure placée sous le sceau de la tragédie familiale surprend agréablement en mélangeant des références à L’enfant sauvage et des films classiques de fantôme comme La dame en noir. On y retrouve aussi un décor récurrent dans ce genre de film, la fameuse cabane au fond des bois avec présence inquiétante tapie dans l’obscurité.
Puis l’action du reste du long métrage est circonscrite à une demeure familiale à l’apparence chaleureuse où le fantôme d’une mère possessive rôde autour de deux jeunes orphelines placée dans leur famille d’accueil, un couple bohème composé de leur oncle dessinateur et son amie musicienne. La bonne idée des scénaristes, le réalisateur et sa soeur Barbara Muschietti également productrice, est d’éliminer de l’équation le personnage masculin (Nikolaj Coster-Waldau) pour se concentrer sur la relation complexe faite de méfiance puis d’affection entre les deux jeunes filles longtemps privées d’amour maternel et leur mère d’adoption (Jessica Chastain) qui dès le début du film refuse l’idée de maternité pour vivre en toute insouciance une adolescence prolongée.

Le récit alterne alors des moments intimes où le trio féminin tente de s’apprivoiser et des moments de tension dramatique avec les apparitions angoissantes de la créature Mamá. De plus se déroule en parallèle l’enquête d’un docteur chargé du dossier des deux fillettes sur l’histoire de Mamá. En résulte quelques longueurs rattrapées par une mise en scène efficace à défaut d’être mémorable qui utilise le pouvoir suggestif de l’obscurité avec monstre tapi dans le placard et parvient à composer des images fortes comme ce plan où la paroi entre deux pièces créée un split screen où se déroulent deux actions en simultané dont la convergence pourrait être source de drame.

L’excellente interprétation du trio féminin, Jessica Chastain une fois de plus éblouissante aux côtés des deux fillettes Megan Charpentier et Isabelle Nélisse vraiment bluffantes dans des rôles difficiles, est vecteur d’une émotion qui fait généralement défaut au genre et permet de s’attacher au sort des protagonistes de ce drame fantastique.

Le dernier tiers, plus tendu, culmine dans une séquence de poésie macabre dont la réussite plastique et la force dramatique n’est pas sans rappeler celle du formidable Le labyrinthe de Pan d’un certain Guillermo Del Toro qui a trouvé en Andres Muschietti un disciple doué.

Le DVD et blu-ray sont édités chez Universal avec en bonus le très réussi court métrage original de Andrés Muschietti, avec introduction de Guillermo del Toro et commentaire de Andrés Muschietti, 6 scènes coupées commentées et deux making of.

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