9 nov. 2013

Blood ties / Guillaume Canet

New York, 1974. Chris, la cinquantaine, est libéré pour bonne conduite après plusieurs années de prison pour un règlement de compte meurtrier. Devant la prison, Frank, son jeune frère, un flic prometteur, est là, à contrecœur. Ce ne sont pas seulement des choix de « carrières » qui ont séparé Chris et Frank, mais bien des choix de vies et une rivalité depuis l’enfance. Leur père Léon, qui les a élevés seul, a toujours eu pour Chris une préférence affichée, malgré les casses, la prison… Pourtant, Frank espère que son frère a changé et veut lui donner sa chance : il le loge, lui trouve un travail, l’aide à renouer avec ses enfants et son ex-femme, Monica. Malgré ces tentatives, Chris est vite rattrapé par son passé et replonge. Pour Frank, c’est la dernière des trahisons, il ne fera plus rien pour Chris. Mais c'est déjà trop tard et le destin des deux frères restera lié à jamais.

Pour sa première aventure américaine en tant que réalisateur, Guillaume Canet a choisi d’adapter l’histoire de Les liens du sang, basée sur le  livre Deux frères flic et truand des frères Papet, dans laquelle il a joué aux côtés de François Cluzet en 2008.
Il a enrôlé  un beau cast composé de Clive Owen, Billy Cudrup, Mila Kunis, James Caan ou bien Marion Cotillard dans cette tragédie familiale transposée dans le New-York des années 70 avec l’aide de James Gray à l’écriture.

Si la re-création du New-York de ces années-là est réussi avec une patine bien 70′s, au niveau de l’image terne comme des costumes et voitures réalistes, en cela proche des films de Lumet ou de Schatzberg, Blood ties déçoit en développant trop d’intrigues secondaires comme les histoires d’amour des frères ou le personnage périphérique de prostituée jouée par Marion Cotillard au détriment de la relation entre frères qui manque du coup d’intensité dramatique. Des scènes de romance redondantes et l’utilisation pas toujours inspirée de la musique pour masquer des dialogues pas vraiment à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre des scénaristes ont tendance à figer le film dans un rythme languissant. James Caan en patriarche rongé par les remords et Owen en voyou incontrôlable ont beau faire ce qu’ils peuvent pour apporter un souffle tragique au récit, il manque à ce film d’élève téméraire le sens de la tragédie d’un James Gray avec qui Canet ne peut inévitablement pas échapper à la comparaison.

Challenge professionnel de taille pour Guillaume Canet, Blood ties se révèle, à défaut d’être un polar crépusculaire marquant comme la somme des talents au générique le laissait espérer, un travail assez bien exécuté qui devrait attirer l’attention d’Hollywood sur son jeune réalisateur français.

NDLR : la présente chronique porte sur le montage présenté au dernier festival de Cannes, depuis sa présentation cannoise la durée du film a été raccourcie de 17′ pour sa sortie en salles le 30 octobre

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