18 nov. 2013

La vénus à la fourrure / Roman Polanski

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser...

Avec cette adaptation d’une pièce à succès de David Ives, Roman Polanski retrouve le huis-clos, genre où il excelle (Répulsions, Carnage).

Au fil de la lecture de la pièce La vénus à la fourrure, les échanges entre les deux protagonistes se font plus intenses, les rapports de force changent, la relation domination/soumission s’inverse subtilement entre le metteur en scène pédant, misogyne et la comédienne excentrique, vulgaire.

Encadré par des travellings avant puis arrière sur le décor du théâtre, le récit a la forme d’une fable amusante sur les jeux de séduction doublée d’un hommage satirique au théâtre, au monde du spectacle et ses faux semblants. Entre tension psychologique et grotesque assumé, La vénus à la fourrure est porté par les compositions détonantes de Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner.

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